Patrick Nardin

  • Altération des captures d'images, défaillances des appareils, hésitations, ratures, ruines, traces, remontages, techniques obsolètes : ces gestes qui enlèvent et qui détruisent participent à un second temps du regard. De ces dysfonctionnements apparents émerge un moyen de révéler, dans l'art, l'événement perceptif avant le discours. Il faut endurer l'absence de repères techniques ou stylistiques ; un état indécis des oeuvres-mêmes apparaît alors, indécision essentielle à la définition de l'expérience esthétique contemporaine.

  • Ce recueil rassemble des essais, des analyses et des propositions visuelles qui montrent l'actualité et l'hétéro-généité des débats qui se cristallisent autour des pratiques contemporaines de l'archive. Les pratiques d'archives relèvent aujourd'hui d'une inquiétude face à l'enregistrement historicisant des objets artistiques, et de la volonté des artistes de s'affirmer comme tels face à l'archivage de leurs oeuvres par les institutions académiques et muséographiques. Il s'agit pour eux d'anticiper sur l'archivage à venir de leurs travaux et de proposer d'autres manières d'écrire l'histoire non seulement de leurs oeuvres, mais plus généralement de l'art. Dans cette perspective, les artistes interposent entre l'enregistrement matériel des choses et l'institution symbolique des oeuvres des dispositifs d'inscription qui excluent que l'un vaille pour l'autre, qu'enregistrement vaille institution. Ils restituent à ce qu'ils font le statut d'archives au sens historien du terme : d'archives non encore validées.

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