Olivier Binst

  • Pauvres banquiers ! Ils nous ont expliqué que nous leur coûtions vraiment très cher, trop cher. Seize milliards de francs par an, rien que pour nos chèques. Ils voulaient donc nous les faire payer. Nos chèques leur coûtent cher, c'est vrai. Mais l'argent que nous déposons sur nos comptes leur rapporte infiniment plus. Nos pauvres banquiers étaient mal placés pour se plaindre. Face aux oppositions des consommateurs et du ministre des Finances, ils ont dû renoncer... pour le moment. Derrière l'affaire avortée du chèque payant, toute la réalité de la banque française se profile. Une réalité pas toujours brillante, faite de services insuffisants, de gestion hasardeuse, d'arbitraire. Nous possédons l'un des systèmes bancaires les plus sclérosés et les plus inertes qui soient. Un système condamné à dépérir... à moins qu'il ne se transforme. Les privatisations, la concurrence étrangère de plus en plus agressive, des consommateurs avertis et exigeants, vont entraîner de profonds bouleversements. Derrière les façades opulentes, l'édifice se lézarde et bascule. Que sera-t-il demain ?

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