Nicole Du Roy

  • Le village de Lougou, au Niger, est un haut lieu culturel et historique : centre de la culture azna et résidence de la Saraouniya, reine dont le pouvoir perdure depuis des siècles. Les Saraouniya de Lougou ont incarné le pouvoir politique et l'autorité religieuse jusqu'à l'arrivée de l'expédition coloniale française de Voulet et Chanoine en 1899. Le village fut détruit et aujourd'hui appauvri et dépeuplé, Saraouniya Aljimma vit dans l'isolement de sa case. Depuis 2001 des actions de solidarité et d'autodéveloppement se multiplient et l'espoir renaît. L'audience de Saraouniya s'étend avec le mouvement d'émancipation des femmes.

  • Le numéro d'été de L'Inconvénient propose Le fantasme de la survie un dossier fouillé sur cette propension au macabre, cette « fascination morbide pour l'apocalypse et la destruction, comme si nous avions besoin de maintenir coûte que coûte la menace, aussi fantasmatique soit-elle » dans un monde où tout est pourtant réuni pour nous permettre une vie sans souci. Nous incitant à nous considérer comme individus vivant en sursis, attendant l'écroulement, cet état d'esprit nous convie aussi à vivre dans la complaisance et sans souci de l'autre, à vivre « à côté de la vie ». Un dossier signé par Evan Osnos, Christian Guay-Poliquin, Dalie Giroux, Vincent Lambert et Alain Roy. Aussi dans ce numéro, un poème de Patrice Desbiens, une BD de Samuel Catin, un reportage sur la traduction au Québec et au Canada par Mauricio Segura, la peinture de Dil Hildebrand et les habituelles chroniques littérature, cinéma et séries télé.

  • Lire Ducharme sans Ducharme, c'est à cela que le mystérieux écrivain convia son lectorat. Depuis sa mort en 2017, c'est un état de fait d'autant plus vrai. « Lire Ducharme sans Ducharme » pour la revue L'Inconvénient, c'est l'occasion de consacrer un numéro estival à revisiter l'héritage et l'oeuvre de cet auteur à l'écriture « baroque et bigarrée, truffée de références savantes et populaires, de calembours, de virtuosités langagières aussitôt annulées par des maladresses délibérées. » En peinture, découvrez l'oeuvre de Trevor Kiernander. Lisez aussi un extrait du prochain roman de Ying Chen « où Irène Curie croise des Japonais décédés sous le rayonnement des bombes. » Ensuite, Georges Privet discute des échanges créatifs entre cinéma et nouvelles expériences immersives. Sylvain David, lui, offre un tour d'horizon de polars internationaux au petit écran, puis Stanley Péan livre la première partie d'un essai sur le jazz et la condition des Noirs aux États-Unis.

  • Pour clore l'année, la revue L'Inconvénient propose un dossier thématique sur le néoconformisme. Personne ne veut faire partie du « troupeau ». On se targue d'être libre, mais à ne pas vouloir entrer dans un moule, à « s'anticonformer », on finit parfois tout de même par se fondre dans une masse. Être anticonformiste, aujourd'hui, ne prend-il pas l'allure d'un autre conformisme ? Faudrait-il alors être anti-anticonformiste ? Collaboratrices et collaborateurs se penchent sur la question. Aux lectrices et lecteurs, ce numéro propose aussi Cioran en bande dessinée, la troisième partie de Jazz et condition noire aux États-Unis par Stanley Péan, un portrait de la peintre Judith Berry, un de l'oeuvre postréférendaire du cinéaste Denys Arcand, un regard sur les héroïnes des séries Sharp Objects et Killing Eve, un texte de fiction, de la poésie et les chroniques de Patrick Nicol, Geneviève Letarte, Olivier Maillart, pour la dernière fois, et Vincent Lambert, pour la première.

  • Après le début du mouvement #Moiaussi (#MeToo), assistons-nous à une deuxième révolution sexuelle ? Peut-être est-ce le cas. La revue L'Inconvénient plonge et pose cette question dans son numéro d'automne où un dossier est consacré à ce que cette prise de conscience et de parole change (ou pas). Précarité du mouvement, plaidoyer pour la nuance des stéréotypes de genre, malaise, les collaborateurs et collaboratrices multiplient les angles d'approche afin d'approfondir la réflexion sur ces enjeux nécessaires. Ensuite, dans la rubrique « Peinture », découvrez le travail de Manuel Mathieu. Puis, David Dorais aborde Entrez dans la danse dans la rubrique « Ces livres dont on dit du bien ». Georges Privet, lui, s'attarde à ce que la série de films The Purge dit de l'évolution de l'Amérique dans la dernière décennie. Enfin, lisez également la deuxième partie de l'essai de Stanley Péan sur le jazz et la condition noire.

  • La saison des vacances débute, les touristes affluent. Nombreux sont ceux qui visiteront des lieux patrimoniaux. C'est donc un numéro estival de circonstances que propose la revue Continuité en explorant la relation entre tourisme et patrimoine. Ils se nourrissent mutuellement, s'allient bien souvent, mais quels sont les avantages et les inconvénients découlant de l'alliage tourisme et patrimoine ? Quelle est la place des attractions de moindre envergure dans l'offre de l'industrie touristique ? Comment innover dans la mise en valeur des vestiges de notre passé ? Continuité vous offre quelques pistes de réflexion. Ce numéro vous propose également un coup d'oeil sur la conversion de la maison Merry à Magog en lieu de mémoire citoyen, vous narre l'histoire derrière les traces étranges que portent un rocher sur la grève de la Rivière-Ouelle et vous offre un éclairage sur l'évolution des sentiers anciens avec Nathalie Coz, autrice du livre Le Québec à 5 km/h.

  • Il y a cinquante ans, au printemps de 1944, un gouvernement rebelle et une assemblée de circonstance décidaient, à Alger, d'accorder le droit de vote aux femmes. Un an plus tard, dans une France pas encore totalement libérée, les femmes votaient pour la première fois. Cela faisait donc un siècle - depuis 1848 - que l'on parlait à tort de « suffrage universel » : la moitié des citoyens français en étaient exclus. Et, si l'on songe que tous les grands pays, des États-Unis à l'Union soviétique, de la Grande-Bretagne à l'Allemagne, de l'Australie à l'Espagne, avaient reconnu de longue date les droits de la femme, on comprend pourquoi le pays des droits de l'homme ne s'est jamais vanté de cette décision tardive. Pourquoi ce retard ? Une femme fut guillotinée sous la Révolution pour avoir revendiqué l'égalité. D'autres, tout au long du XIXe siècle, assumèrent la prison, l'exil, l'injure, le mépris pour la même cause. Tour à tour, l'Église par peur du libéralisme, les radicaux par crainte de l'influence des prêtres, les sénateurs par conservatisme, le Front populaire par lâcheté, s'opposèrent à toutes les tentatives. Histoire riche en péripéties, en drames, en scandales, en actes héroïques, en propos farfelus. Il fallut attendre le drame de 1940 pour que, successivement, Pétain, la Résistance et, enfin, de Gaulle, envisagent de sauter le pas. Avec, pour tous, la même lancinante question : le vote des femmes allait-il bouleverser le paysage politique français ?

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