Maurice Maschino

  • Maurice Maschino s'est fait connaître par la publication du Refus, récit dont la carrière en librairie fut brève mais qui connut un vaste retentissement. Relatant une expérience personnelle, il posait pour la première fois avec une sincérité passionnée le problème du refus politique à la guerre d'Algérie et à ceux qui la menaient. Un an plus tard, Maurice Maschino rouvre le dossier, pour dresser un tableau général de cette « résistance » dont il se réclame : qui sont les « déserteurs », quel est leur vrai courage, quels sont leurs espoirs et leurs buts ? Face aux velléités de la « gauche respectueuse », n'y a-t-il pas là une véritable expression politique qui prétend avoir son rôle à jouer dans la France de demain ?

  • La guerre d'Algérie a reposé, de façon plus aiguë que jamais, le problème de l'objection de conscience, sous toutes ses formes : désertion, refus d'obéissance, insoumission. Maurice Maschino ne se considère pas comme un « objecteur de conscience » au sens habituel du terme ; il n'eût pas refusé, en d'autres temps, de faire son service militaire. Mais il est l'un de ces jeunes français « réfractaires » qui n'ont pas accepté de combattre en Algérie. Il explique dans ce cahier pourquoi il n'a pas jugé possible de porter les armes contre ceux qu'il nomme ses frères. « Le Refus » est le récit sincère, scrupuleux même, d'une lente prise de conscience. Instituteur à vingt ans aux confins marocains, puis professeur dans des lycées berbères et arabes, Maurice Maschino a appris à connaître le peuple d'Afrique du Nord, puis à l'aimer et à le comprendre, à vivre enfin quotidiennement son drame. C'est cette expérience personnelle qu'il s'efforce de livrer, le plus simplement possible.

  • Toute la vérité, rien que la vérité, est-ce possible entre un homme et une femme ? Un couple doit-il vraiment être un confessionnal ? Sylvie, Jean-François, Maud, Vincent : comme tout le monde, ils ont parfois - ou souvent - menti à leur conjoint, dissimulé une tranche de leur vie, oublié de signaler un détail, un rendez-vous, une lettre... Maurice T. Maschino les a interrogés, eux et une centaine d'autres, anonymes ou célèbres, qui font dans leur couple des petites ou grandes économies de vérité. C'est à partir de leurs témoignages, souvent piquants ou émouvants, toujours passionnants, qu'il a écrit ce livre, sous forme d'enquête, sur la plus vieille pratique du monde : le mensonge conjugal.

  • L'auteur observe ici les conduites les plus concrètes des Français, les relations conflictuelles qu'ils entretiennent entre eux et à l'égard des étrangers. Sont-ils aussi pingres, suffisants, frileux, xénophobes, avares d'échanges et ont-ils la tête aussi pleine de mythes, telle cette croyance que la France est le pays des droits de l'homme ? A l'heure où certains affirment l'existence d'une prétendue "identité nationale", ce livre vient à point pour les rappeler à un peu plus de modestie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Chaque rentrée, on y « croit ». On se sent neuf, on est prêt à faire du « bon travail » - et on les imagine dans les mêmes dispositions : ouverts, piaffant d'impatience devant une discipline qu'ils ne connaissent pas encore - la philosophie - et capables, tel ce jeune esclave qui - près de Socrate - réinvente les mathématiques, de découvrir - à leur tour - quelques profondes vérités. Puissance de l'illusion ! Et, en même temps, impuissance : pas plus que la foi, elle ne soulève les montagnes, ni ne fait des génies avec des cancres... Un jour du printemps dernier, je me suis mis à écrire : rien de tel pour tirer au clair ce qu'on pense et ce qu'on sent. À ma demande, mes élèves s'y sont mis également - essayant de s'expliquer (de m'expliquer) pourquoi ce désintérêt, cette passivité. Et quelques collègues de bonne volonté ont accepté de me parler de leur (de notre) métier. Ainsi se sont rassemblés, peu à peu, les matériaux de cet ouvrage. On n'y trouvera guère de statistiques, d'analyses socio-économiques, de considérations pédagogiques d'ordre général : pas plus qu'un amour ne se réduit aux raisons qui l'expliquent, une déception professionnelle ne se comprend, dans sa singularité, au seul énoncé des facteurs objectifs qui la rendent possible (ou peut-être inévitable). C'est donc, ici, un livre subjectif, et heureux de l'être. Puisque, par-delà l'expérience personnelle qu'il décrit, il montre - sans fard - le gâchis auquel cette société condamne sa jeunesse dite pensante.

  • Dans ce livre, Maurice Maschino a voulu enquêter sur un sujet encore tabou. Loin des stéréotypes auxquels les associe une opinion souvent mal informée, ce voyage à travers la France des profs - dans leurs lycées mais aussi dans les rectorats ou à la clinique de La Verrière - nous montre à quel point ce métier, que la plupart exercent consciencieusement, est devenu, en quelques années, un métier à risques. Solitude, violence des élèves, réformes absurdes ou mal appliquées, incompréhension des parents, indifférence des autorités - tendance à la psychiatrisation des enseignants par l'administration - tout se conjugue pour que beaucoup craquent et que presque tous s'interrogent sur un métier de plus en plus mal défini. Serait-on plus fragile psychologiquement parce qu'on est prof ? Maurice Maschino, lui, met en cause le système scolaire tel qu'il fonctionne (si l'on peut dire !)... Ceux qui liront ce livre ne pourront plus dire, à propos des profs et, en général, de l'école : « Nous ne savions pas. »

  • La faillite de l'enseignement n'est un secret pour personne : ni pour les enseignants, qui constatent chaque jour l'état de délabrement intellectuel de leurs élèves, ni pour les parents, régulièrement stupéfaits de constater que leurs enfants, même en terminale, savent à peine lire et écrire, ni pour les élèves, qui s'ennuient à longueur de cours. L'émoi soulevé par le précédent ouvrage de Maurice Maschino, Vos enfants ne m'intéressent plus a pourtant été considérable. Si beaucoup de lecteurs ont éprouvé un vif soulagement d'entendre dire tout haut ce qu'ils pensaient tout bas, d'autres ont crié au scandale. Ici et là, on a agité les "grands problèmes" - sélection, finalité de l'institution scolaire, quelle réforme ? - mais dans une confusion telle que Maurice Maschino a éprouvé le besoin de compléter et d'approfondir ce qu'il avait écrit. De répondre, aussi, aux questions concernant les réactions des lycéens face à cette image d'eux-mêmes qu'il leur renvoyait, sur les raisons de leur faiblesse, sur les moyens, s'il y en a, d'y remédier. Ce nouveau livre veut donc, comme le précédent, briser la conspiration du silence et porter sur la place publique le scandale d'une école qui ne fabrique plus que des cancres.

  • Une centaine d'hommes, choisis parce qu'ils sont représentatifs de toutes les conditions sociales et de tous les milieux, ont accepté de dire, très librement, ce qu'est aujourd'hui leur vie sexuelle. Contrairement aux idées reçues, l'auteur montre que, en trente ans de vogue féministe, leur façon de faire n'a pas beaucoup changé.

  • À une femme qui lui demandait comment bien élever son enfant, Freud répondit : "Faites comme vous voulez, de toute façon ce sera mal." Que la plupart des mères aiment leurs enfants, c'est certain. Qu'elles les aiment d'un amour généreux et éclairé, c'est moins sûr. Car l'amour maternel, si l'on en juge par ce qu'il produit, est loin d'être toujours bénéfique. Lieu de toutes les contradictions, lourd de conflits potentiels, par ses excès comme par ses carences, c'est sans doute le composé le plus dangereux, le plus explosif que la chimie des affects ait jamais inventé. Comment alors être une bonne mère ? Au fil de cette enquête où alternent tranches de vie, témoignages, réflexions et analyses, Maurice T. Maschino a donné la parole à une centaine de mères et à de nombreux spécialistes. Il peint un tableau assez surprenant de la fonction maternelle, qui choquera sans doute tant il est convenu de la célébrer.

  • Maurice T. Maschino a vécu dix ans en Algérie. Il a milité pour son indépendance, acquis sa nationalité, épousé une Algérienne, puis finalement est revenu en France, toutes illusions perdues. Mais trente ans après, l´attachement aux lieux qu´il avait aimés, à sa famille d´adoption et à ses anciens élèves (devenus journalistes, médecins, avocats et même ministres) lui a donné envie d´y retourner. Besoin de comprendre, besoin de sentir un pays à la fois connu et inconnu, pour lui faire toute sa place dans sa mémoire, pour le donner en partage.

    Il y revient donc tout récemment, parcourt le pays de long en large, y multiplie rencontres et entretiens, recueille de nombreux témoignages, et, par leur biais, introduit le lecteur dans la vie quotidienne des Algériens, dont il aborde les principaux aspects : vie matérielle (très dure), santé publique (défaillante), enseignement (à deux vitesses), vie culturelle (inexistante), presse (au rabais), rapports hommes/femmes (de domination), dépolitisation (générale), du citoyen de base aux dirigeants, ces derniers n´ayant d´autre objectif que de rester au pouvoir... ou d´y revenir.

    Malgré cette situation alarmante, l´auteur ne repart pas en claquant la porte :
    Si l´Algérie se porte mal, des hommes et des femmes s´emploient à construire l´avenir de ce pays, là où ils peuvent, comme ils peuvent.

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