Loïc Bonneval

  • Alors que plus de la moitié des ménages français sont propriétaires de leur logement, on sait encore peu de choses sur la manière dont se construisent les choix des différents acteurs concernés. Quel est le rôle de l'agent immobilier dans le rapprochement des vendeurs et des acheteurs ? Quel est son degré d'implication dans l'attribution d'un prix à un logement ? Comment le marché immobilier participe-t-il au façonnement des villes et aux processus de peuplement ? L'auteur aborde ces questions sous un angle original et novateur. Car bien que jouant un rôle central, la profession d'agent immobilier n'avait encore jamais fait l'objet d'une étude sociologique jusqu'à ce jour. S'appuyant notamment sur le cas de l'agglomération lyonnaise entre 1990 et 2006, l'auteur nous propose un ouvrage au croisement de la sociologie urbaine et de la sociologie économique. Illustration de couverture : Fontana Franco, Urban Landscape, Los Angeles, 1991 © galerie Baudoin Lebon

  • Doyenne des sociétés immobilières du Second Empire (antérieure même aux sociétés parisiennes), la Société de la rue Impériale (SRI) offre la possibilité de restituer plus de 150 ans de gestion immobilière d'un bâti « haussmannien » dans la principale artère d'une grande ville, Lyon. De sa création (1854) à sa disparition (2004), la SRI n'a cessé de placer la gestion des immeubles au centre de ses activités. Cette longévité exceptionnelle tranche avec les durées éphémères des sociétés immobilières nées dans la foulée des politiques de grands travaux au XIXe siècle. Tout au long de son existence, la détention d'un patrimoine immobilier d'exception lui a assuré une rente sur laquelle elle a assis son expansion. Elle bascule progressivement dans une logique financière à la fin des années 1960 à la suite d'une prise de contrôle par le milieu bancaire des grosses sociétés immobilières. Le rachat de la SRI par le fonds souverain d'Abu Dhabi achève le processus de financiarisation d'une des pièces les plus prestigieuses de l'immobilier lyonnais. Nourrie par des archives exceptionnelles, l'histoire de cette société immobilière permet de retracer, dans le temps long, les transformations des espaces urbains et de mieux comprendre le rôle du capital financier dans la production de la ville. Elle constitue de ce fait une approche originale de l'imbrication de l'économique et de l'urbain.

  • L'immeuble de rapport est la forme urbaine dominante en France au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Il incarne, surtout à partir des années 1850, une organisation dans laquelle la propriété occupante est très minoritaire. La plupart des habitants sont locataires dans des immeubles détenus par des propriétaires rentiers. Les historiens ont déjà abordé ce thème, pourtant, nombre de ses facettes restent méconnues, comme les motivations de l'investissement dans la pierre, les rôles respectifs des logiques économiques et familiales, notamment à l'occasion des successions, ou encore les raisons du passage à la copropriété. Le présent ouvrage cherche à les explorer en s'appuyant sur une source rare, les archives de comptabilité d'immeubles d'un administrateur de biens. Elles permettent, après des traitements spécifiques, complétés par des sources publiques, d'éclairer les logiques économiques et les rapports sociaux qui se nouent autour des immeubles à loyers, en accordant une place centrale à la question de la rentabilité du placement dans la pierre et de ses effets. L'étude couvre une longue période, de « l'âge d'or » de l'immeuble de rapport dans le dernier quart du XIXe siècle à l'amorce de son déclin durant l'entre-deux-guerres. Les analyses que les auteurs proposent ici rencontrent les préoccupations actuelles des politiques du logement et s'inscrivent plus largement dans la recherche sur les phénomènes immobiliers.

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