Littérature générale

  • Ce livre s'ouvre en disant que «le poème illumine la question» et conclut par «j'écris toujours au présent». Entre les deux, il y a cette masse textuelle qui se profile comme un territoire habitable, un désir brulant comme l'actualité. Avec ces complaintes du continent, Gérald Leblanc nous trace un parcours qui va de l'enfance à l'écriture en passant par l'intimité des rêves et le malaise de la collectivité. Le nom des complices, des prophètes, des guides, des villes, des rues, des musiques, des livres fait ici écho au souffle d'un auteur indissociable de la poésie acadienne contemporaine.

  • Inscrit sous le signe de la sensualité, traversé de musique et de voyage, ce recueil signale le retour de Gérald Leblanc à la poésie suite à un détour côté roman. « ... j'entre en 1999 presque naïvement j'ouvre la fenêtre juste avant minuit pour que sortent les mauvais esprits et que rentrent les bons génies l'image d'Isis me revient je tire une carte du jeu de Tarot l'Amoureuse sixième arcane majeur une possibilité infinie de jeu ... »

  • Dans Le plus clair du temps, Gérald Leblanc avance tout en douceur, en mode mineur, comme un blues, avec le temps qui passe, sur une saison chaude, sur l'attraction entre les êtres, au coeur des éphémérythmes qui jalonnent l'existence humaine.

  • « L'extrême frontière », publié initialement en 1988, regroupe des textes de plusieurs époques, répartis en sept sections. Les textes les plus anciens datent de 1972, bien avant la publication du premier recueil de Gérald Leblanc, en 1981.

    Ce recueil est marqué par un travail poétique en mouvement, chacune des sections marquant un approfondissement de la matière première, la langue et ses rythmiques. Le recueil contient les textes des chansons bien connues que Leblanc a écrites au cours des années 1980 pour le groupe 1755.

    En parallèle au travail sur la matière poétique, « L'extrême frontière » rassemble les bribes de ce qui pourrait constituer une autobiographie ou un roman de formation. S'établit ici un rapprochement avec « Moncton mantra », seul roman du poète, qui raconte sa difficile venue à l'écriture dans le bouillonnement culturel du Moncton des années 1970 et 1980.

    La poésie, ici, se manifeste comme pratique vitale et politique.

  • Le présent ouvrage rassemble 161 lettres de Gérald Leblanc envoyées à Joseph Olivier Roy, un enseignant américain de descendance acadienne, entre 1967 et 2003. Centrée à ses débuts sur la passion commune des deux hommes pour la lecture, la correspondance s'élargit avec les années en une chronique politique, culturelle et sociale de l'Acadie; elle témoigne aussi de leurs quêtes personnelles, de leurs états d'âme et de leurs amours.

    Les lettres offrent avant tout un accès direct au fond de la pensée du grand autodidacte qu'était Leblanc. Écrites avec beaucoup de liberté, de manière parfois tranchante, on y découvre une volonté de faire éclater les frontières, de s'inscrire dans le monde. Elles permettent de porter un regard neuf sur la trajectoire de l'écrivain dans la sphère littéraire, mais aussi de comprendre l'évolution de ses idées sur le plan social et sa réflexion singulière sur la culture acadienne.

    En raison de son volume et de sa durée dans le temps, cette correspondance est la plus importante du fonds d'archives Gérald-Leblanc. Elle fournit d'intéressantes clés pour quiconque veut en apprendre davantage sur l'un des grands écrivains de la modernité acadienne.

  • « Il s'installe confortablement dans le salon avec les feuilles et prend un air sérieux pour me lire. Après quelques pages, il lance les feuilles sur le plancher et déclare sur un ton décisif et sans appel :
    - C'est de la bullshit ! T'es capable de faire mieux que ça. Je le sais. Pourquoi t'écris sur Moncton ? C'est pas un sujet, ton trip acadien. It's for the birds ! Ça te hold back ! »

    « Moncton mantra » raconte la venue au monde, en simultané, d'un auteur et d'une littérature, celle de « la renaissance acadienne » des années 1970. Parcours à la fois personnel et collectif, « Moncton mantra » suit Alain Gautreau, double de l'auteur, au fil de ses rencontres, discussions, aventures avec les drogues, alors qu'il s'acharne, avec d'autres, à dire et d'écrire son milieu. Carnet de voyage, « Moncton mantra » retrace le cheminement d'un groupe de créateurs déterminés à supplanter l'image folklorique associée à l'Acadie et à la faire entrer dans la modernité.

    « Relire Moncton mantra demeure [...] une incursion mémorable non seulement dans la vie d'un auteur important mais aussi dans l'air du temps d'une époque charnière de l'Acadie. » Herménégilde Chiasson, préface

    Gérald Leblanc (1945-2005) a publié onze recueils, dont « Complaintes du continent » (prix Estuaire des Terrasses Saint-Sulpice). Animateur littéraire hors pair, il a dirigé les Éditions Perce-Neige de Moncton et codirigé la première anthologie de poésie acadienne.

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