Jean-Philippe Jaworski

  • Au bout de dix heures de combat, quand j'ai vu la flotte du Chah flamber d'un bout à l'autre de l'horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t'as encore tiré tes os d'un rude merdier ».
    Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d'écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère.
    Gagner une guerre, c'est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d'orgueil et d'ambition, le coup de grâce infligé à l'ennemi n'est qu'un amuse-gueule. C'est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l'art militaire.
    Désormais, pour rafler le pactole, c'est au sein de la famille qu'on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c'est plutôt mon rayon...

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    Je m'appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père.Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s'agit de rois de tribus rivales... Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu'il n'est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.
    Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s'est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.
    Jean-Philippe Jaworski a suivi des études de lettres et enseigne le français en lycée, dans la région de Nancy. Il a collaboré au magazine Casus Belli, créé Tiers Âge, un jeu de rôle gratuit sur la Terre du Milieu, et Te Deum pour un massacre, un jeu de rôle historique sur les guerres de religion.
    Après Janua Vera, son premier recueil de fictions, et Gagner la guerre, son premier roman devenu best-seller, il nous plonge cette fois dans une trilogie celtique.

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    Voici neuf ans que le haut roi Ambigat m'a admis à la cour du Gué d'Avara. Voici neuf ans que j'ai trouvé ma place parmi les héros bituriges. Toutefois, quoiqu'il demeure redoutable, le souverain vieillit. Sa force vitale s'épuise et les royaumes de la Celtique déclinent. Nos troupeaux sont malades. Nos blés pourrissent sur pied. Les jeunes fils du souverain meurent...
    La disette et le mécontentement grondent au sein des tribus. Si les dieux se sont détournés du haut roi, que feront les chefs des nations clientes ?

    Certains ne rêvent-ils pas de renverser Ambigat, de s'emparer du pouvoir, de restaurer la prospérité ?

  • Chaque nuit, Leodegar le Resplendissant se réveille en hurlant dans son palais. Quelle est donc l'angoisse qui étreint le conquérant dans son sommeil ? S'agit-il d'un drame intime, ou bien de l'écho multiple des émotions qui animent le peuple du vieux royaume ?
    Désenchantement de Suzelle, la petite paysanne, devant la cruauté de la vie ? Panique de maître Calame, le copiste, face aux maléfices qui somnolent dans ses archives ? Scrupule d'Ædam, le chevalier, à manquer aux lois de l'honneur ? Hantise de Cecht, le housekarl, confronté aux fantômes de la forêt ? Appréhension de Benvenuto, le maître assassin, d'être un jour l'objet d'un contrat ? Ou peurs primales, peurs fondamentales, telles qu'on les chuchote au Confident, qui gît au plus noir des ténèbres...
    À travers dix destins se dessine une géographie du vieux royaume, de ses intrigues, de ses cultes, de ses guerres. Et de ses mystères, dont les clefs se nichent, pour beaucoup, dans les méandres du coeur humain.
    Jean-Philippe Jaworski, né en 1969, est aussi l'auteur de deux jeux de rôle : Tiers Âge et Te Deum pour un massacre. Conjuguant gouaille et esprit des contes de fée avec l'astuce et le sens de l'aventure d'un Alexandre Dumas, le romancier de Gagner la guerre propose de tumultueux Récits du vieux royaume, dans un sommaire complété de trois nouvelles supplémentaires (dont une inédite), de six annexes (dont une longue chronologie)... et, en ouverture, d'un « Avertissement au Lecteur » par Don Benvenuto Gesufal !

  • « J'ai quand même un ragot à vous servir, et du lourd ! Figurez-vous que ce n'est point avec moi que les elfes ont commencé à grenouiller dans les affaires de l'État. Bien loin de là ! Il y a deux bons siècles déjà, au moment de l'Émancipation de Cidualia, ils nous ont joué un tour à leur façon. Et les marles en tâtent tellement pour la barabille que l'un d'entre eux, sans même pointer son joli minois dans notre belle cité, nous a tous jetés dans une sacrée flanche ! Jugez-en par vous-même. »

    En cinq nouvelles comme autant d'étapes dans l'histoire cruelle et tumultueuse du Vieux Royaume, le monde créé par Jean-Philippe Jaworski dans Janua Vera et Gagner la guerre - déjà des classiques de la fantasy.

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    Dans la Celtique ravagée par la guerre, le mystère plane sur le sort du haut roi. Ambigat est-il mort ? Est-il encore en vie ? L'incertitude excite les convoitises et ajoute au désordre. Par loyauté et par ambition, Bellovèse se lance à la recherche du roi caché.
    À travers les contrées écumées par des bandes féroces, mais aussi à travers la géographie des rêves et des oracles, il remonte la piste du souverain. Toutefois nombreuses sont les meutes qui lui disputent son gibier.

    Au terme de la courre, après s'être déchirés à belles dents, combien de limiers auront-ils encore la force de faire curée ?

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    Après avoir défié toute l'armée rebelle pour couvrir la retraite du haut roi, j'ai fini par me rendre. Qu'est-ce qu'un captif, sinon un demi-mort ?
    Dans les deux camps, on le méprise pour sa faiblesse. Même si on ne le massacre pas de suite, on lui ôte l'essentiel de sa vie. Moi, on me retire mon mauvais cheval, on me soustrait mes dernières armes, on m'arrache mes bijoux, on m'entraîne vers la rivière avec rudesse. Je patauge bientôt sur la rive boueuse. On crie autour de moi, j'ai l'impression que personne ne sait vraiment ce qu'il faut faire. Je crains de plus en plus que n'arrive l'ordre de me noyer.

    La mort par l'eau, après tout, est une sentence que peuvent prononcer les rois comme les druides...

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    À peine évadé, Bellovèse se précipite vers le Gué d'Avara, espérant reprendre les armes. La situation qu'il découvre est dramatique.

    Tout le royaume biturige est bouleversé par la guerre : ses terres sont occupées par l'ennemi, sa famille a disparu, les campagnes sont ravagées par les bandes rebelles, une énorme armée assiège la forteresse royale. Impossible de savoir si le haut roi a succombé ; toute la Celtique est en train de sombrer dans le chaos.
    Qu'à cela ne tienne : Bellovèse a choisi son camp.
    Avec une poignée d'hommes et une enfant, il se jette dans la tourmente. Il est temps, pour lui, de faire parler la colère et de reconquérir l'honneur de sa lignée.

  • "Avec l'immobilité trompeuse des racines, deux serpents lézardaient sur les galets, juste au bord de l'eau. Deux serpents à tête triangulaire. Mon coeur a fait une embardée. J'ai su ce qui se cachait dans les fourrés, à quelques pas à peine. J'ai sauté en arrière et j'ai fui..."
    Depuis des années, un homme fuit une horreur sans nom au temps des dieux dans l'Antiquité. Voici sa terrible histoire...

  • Un recueil inédit en librairie réunissant des textes divers du maître de la fantasy francophone : quatre nouvelles rares, deux entretiens inédits, des articles, et même... une pièce de théâtre inédite !

    Jean-Philippe Jaworski a suivi des études de lettres et enseigne le français en lycée, dans la région de Nancy. Il a collaboré au magazine Casus Belli, créé Tiers Âge, un jeu de rôle gratuit sur la Terre du Milieu, et Te Deum pour un massacre, un jeu de rôle historique sur les guerres de religion. Janua Vera était son premier recueil de fictions, Gagner la guerre son premier roman.

  • Préquelle

    Jean-Philippe Jaworski

    Zanticos est le roi des roxolans et il veut une épée magique. Une épée qui lui permettra de se forger un empire. Mais tout objet de puissance a un prix considérable...
    Préquelle fait partie de ces nouvelles qui lancent les grandes sagas ; avec ce qu'il faut de forces, de sangs et de drames pour rester inoubliable dans la mémoire des lecteurs !
    Jean-Philippe Jaworski possède une fantasy grandiose, complexe et très personnelle ! Ses livres Janua Vera et Gagner la Guerre ont connu de grands succès !

  • Principalement à l'attention des agrégatifs 2012 et 2013, le 8e volume des « Actes de la recherche à l'ENS » est consacré au célèbre The Sun Also Rises d'Hemingway. Tandis que les grands romans modernistes des années 1920 renouvelaient les représentations de l'intériorité par la technique du courant de conscience ou du monologue intérieur, tandis que s'expérimentait un autre rapport à la temporalité, à travers des jeux sophistiqués sur les anachronies du récit, Hemingway mettait au point dans ce roman ce qui allait devenir le grain distinctif de son célèbre style : une écriture « blanche », comme on la qualifierait plus tard, au ras de l'expérience, journalistique, factuelle, objective. Cet effet de transparence obtenu, entre autres, par un effacement scrupuleux des marques d'une littérarité réflexive, allait, pour un temps, faire paradoxalement écran au raffinement du récit et à un art virtuose du dialogue. Les études de ce volume intitulé Ernest Hemingway, The Sun Also Rises. Entre sens et absence, réexaminent sur nouveaux frais le modernisme singulier de l'écrivain : plutôt que de faire parler à toute force ce texte laconique, elles interrogent les modalités formelles de sa réserve, à la fois comme retenue et comme promesse d'une nouvelle dispensation du sens.

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