Littérature générale

  • Depuis que Miles Davis a annoncé sa naissance à la fin des années 1950 dans son album Birth of the Cool, le cool flotte parmi nous, comme un horizon, une tentation, une respiration. On l'emploie à tort et à travers : " On se voit demain soir ? Cool. "" Elles sont cool, tes baskets ! " Chaque semaine, des " Mister Cool " émergent des circuits de la pop culture, héros fabriqués d'un monde attiré par le beau, le fun, le frais, le sexy, le calme, le détaché, le glamour...
    Le mot glisse dans nos mains comme il fond dans nos bouches. Mais à travers lui, nous disons ce à quoi nous tenons le plus : une vie lavée du tragique, libérée des conflits inutiles, attentive aux mouvements du siècle. Car plus que le mot fétiche d'une société marchande, le cool a la beauté secrète d'une allure de vie, d'une manière d'exister, décentré, au coeur du monde.
    Jean-Marie Durand signe la première histoire du cool, un panorama pop-culturel érudit et pourtant si cool.

  • Conakry, Guinée, dans les années soixante. Un guide de chasse attend à l'aéroport l'avion de UTA pour réceptionner un couple apparemment normal pour un safari apparemment sans histoire. Contrairement aux apparences, le guide n'est pas un guide normal et le couple cache un secret. Il faut savoir que l'Afrique remodèle souvent les destins, surtout ceux des étrangers. Sur ce continent, la sorcellerie est toujours présente et les choses peuvent ne pas se dérouler comme prévu. Il y a aussi l'amour imprévisible qui peut frapper comme la foudre... L'Afrique est une terre magique et fascinante pour ceux qui la connaissent... Cette fiction a été imaginée à partir d'un fait réel et certains des personnages mis en scène vivent encore.

  • Se plaçant du côté des femmes depuis ses premiers travaux universitaires à la fin des années 1990, Christine Bard déploie une oeuvre foisonnante renouvelant les modes de connaissance sur l'histoire des femmes, en écrivant par exemple le Dictionnaire des féministes, aujourd'hui reconnu, mais en s'attachant aussi à des objets inédits, comme les antiféminismes, les garçonnes, les travesties, l'histoire du vêtement, tels le pantalon ou la jupe. L'auteur s'attarde sur la corrélation entre la féminisation de l'histoire et l'histoire des femmes, sur les articulations entre savoir et engagement, sur l'utilité sociale de l'activité d'historienne.
    Elle revient aussi sur le moment contemporain du féminisme et sur les enjeux et les polémiques qui le traversent, depuis le mouvement de libération de la parole de #metoo, tout en rappelant tout ce qui l'a précédé : des décennies d'actions et de pensées féministes, trop souvent ignorées. Pour mieux éclairer la puissance de ses propres travaux de recherche, Christine Bard se livre enfin à un exercice de généalogie personnelle, en revisitant son passé intime et tout ce qui l'a poussée sur ces chemins du féminisme. Une manière d'inscrire une trajectoire personnelle dans un mouvement collectif.

  • Alors que nous manquons aujourd'hui de repères, Tristan Garcia tente de nous en livrer quelques-uns, essentiels, singuliers, iconoclastes, grâce auxquels la possibilité d'une utopie nouvelle se dessine. Attaché à l'idée métaphysique qu'il « faut laisser être et rendre puissant », l'auteur se refuse à la fois de décrire simplement le réel (dire ce qui est) et de suggérer une prescription (dire ce qu'il devrait y avoir). Son geste d'écriture, sous de multiples formes (essai, roman, écrits sur l'art...), tente plutôt d'opérer une transcription de ce réel, tout en essayant de reformuler les catégories de la pensée. L'ambition immense de son oeuvre tend, en creux, à nous aider à transformer nos conditions d'existence. Son attention égale à ce qui finit et à ce qui commence, aux crépuscules et aux aurores, nourrit une pensée extrêmement riche, qui dans sa singularité même, occupe le centre de la vie intellectuelle contemporaine.

  • Tout tremble Nouv.

    Jeune romancière et musicienne, engagée dans son époque à travers l'art de la scène et les livres, Blandine Rinkel revient ici sur le sens de l'écriture : se rapprocher des autres, rendre la vie plus désirable. Évoquant aussi son parcours, son enfance, ses lectures fétiche, oscillant entre le roman et les sciences humaines, elle déploie une curiosité infinie pour le monde. Elle tente d'y définir sa place. Sa maturité réflexive, associée à sa jeunesse, en fait un témoignage fort et sensible sur la manière dont une personne de 30 ans affronte de nos jours la vie. Pour elle, ce qui importe aujourd'hui, c'est d'oser se laisser déborder par ses affects, ses joies, ses inquiétudes. Elle ne partage pas la passion de l'époque pour le pire et le manque d'empathie général. Plus qu'une leçon de sagesse, elle livre ici une leçon de vie, roborative et stimulante. La voix d'une génération qui a connu la disparition des oiseaux, la raréfaction du silence et la pollution de l'air. Une promesse d'énergie.

  • Dans le cadre de la collection du centenaire des Puf, ouverte à des récits de vie et des savoirs de chercheurs, penseurs et écrivains voués à esquisser des horizons et ouvrir des voies d'espérance pour l'avenir, le romancier et essayiste Philippe Forest revient sur son oeuvre traversée par l'idée de deuil, l'expérience de la perte et la question de la survie.
    « J'écris pour recevoir du monde une réponse à la question que je lui pose et qui est identique à celle que, tous, écrivains ou pas, sous une forme ou sous une autre, nous lui adressons. », confie-t-il dans une conversation habitée par les souvenirs de jeunesse, par l'intérêt pour les avant-gardes, par une certaine conception de la littérature et de l'éthique politique. Au fil de l'entretien, l'écrivain met à nu tout ce qui l'anime et l'habite dans le fait d'écrire, de lire, de croire en la littérature, qui même si elle ne sauve de rien, porte sur les choses essentielles de la vie, de l'amour, de la mort. Pour lui, la littérature n'est pas là pour réparer la réalité mais pour porter témoignage de la part d'irréparable, d'irrémédiable que comporte l'existence.

  • Peut-on identifier les transformations pour les analyser, les interpréter, et surtout pour pouvoir intervenir sur elles, pour les infléchir ? Qui le peut et dans quelles conditions ? Et plus largement : Comment peut-on penser les rapports entre représentations et transformations au sein de l'activité humaine? Tel est le propos de l'Atelier de recherche « Représenter/Transformer » coordonné par Jean-Marie Barbier et Marc Durand et constitué avec le soutien du Laboratoire d'Excellence Histoire et Anthropologie des Savoirs, des Techniques et des Croyances, de l'Université de Genève (Equipe CRAFT) et du Conservatoire National des Arts et Métiers (Centre de Recherche sur la Formation, Chaire UNESCO Formation et Pratiques Professionnelles).

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