Jacques Cheyronnaud

  • Musique, politique, religion ont ici une entrée commune : l'hymne et cette manière de chanter ensemble qui fédère nations et églises, partis et syndicats. Ancrant son regard dans une anthropologie de nos équipements culturels, l'auteur scrute la façon dont la musique entre dans nos dispositifs politiques et religieux : hymnes activés dans leurs meeting par les candidats aux élections présidentielles de 1995 et 2002 , engagement du groupe Zebda dans les municipales de 2001. Puis vient la religion, les études portent sur La dernière Tentation du Christ, le " Baiser Benetton ", Larry Flint.

  • Ce volume délimite les périmètres qu'épousent les formes spectaculaires en explorant les frontières de ce qui fait spectacle. Il les décrit et détaille les régimes qui leur donnent vie en brossant l'histoire des communautés spectaculaires qui, dans la durée, « font et refont leurs états mentaux », pour parler comme Durkheim. Inscrites dans le continuum des pratiques sociales et dans l'histoire, ces formes ne se regroupent pas en idéaux-types aisément identifiables. La description s'attache ainsi aux situations et dispositifs borderline qui ne rentrent pas strictement dans les définitions ordinaires de cette forme. D'où une attention particulière portée aux expositions industrielles, aux interactions urbaines ordinaires ; à la messe télévisée ou à l'opéra hors les murs, ou encore aux opérations conduisant à renouveler ou à déplacer la forme spectacle - la prédation, les iconoclasties médiatiques. Est également interrogée la parenté des formes spectaculaires contemporaines avec les rituels républicains, avec les dispositifs anciens ou extra-européens auxquels nous accolons rétrospectivement l'étiquette « spectacle ». Articulé en trois parties, l'ouvrage explore, grâce à la contribution d'anthropologues, d'historiens et de sociologues, les régimes de spectacle en leurs diversités tout en questionnant leurs fondements. Il met ensuite en lumière leurs formes critiques pour proposer enfin une anthropologie des dispositifs spectaculaires numériques.

  • L'opposition épistémologique radicale de la théorie « savante » aux « savoirs ordinaires » doit-elle nous conduire à penser que les savoirs opératoires seraient dénués de toute capacité autodescriptive ou bien, au contraire, ignorer ce cadre d'analyse, en gommant les formes les plus rationalisées de la théorie scientifique, nous apporterait-il plus de clarté conceptuelle ? Pour sortir de ces impasses, l'ambition de cet ouvrage collectif est de prendre en compte la diversité conceptuelle des régimes théoriques et la diversité des acteurs qui s'en saisissent pour dresser une cartographie plus ouverte de l'activité théorique et des formulations réflexives. Les contributions de ce volume cherchent à décrire les formes élémentaires de la théorie qui ne s'assument pas comme telles en mettant en évidence des régimes théoriques, manifestes pour certains, furtifs pour d'autres, en s'intéressant aux théories et savoirs opératoires que produisent les praticiens, qu'il s'agisse des horlogers du XVIIIe siècle, des musiciens et chefs d'ensembles de la musique ancienne, du music-hall, des fictions télévisuelles contemporaines, ou des pratiques et outils éditoriaux du monde universitaire au XIXe ou XXe siècle.

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