Jacqueline Carroy

  • Pour être psychologue, il faut disposer de sujets que l'on soigne, sur lesquels on expérimente et on écrit. Les pionniers de la psychologie ont vu dans l'hypnose une réserve et un moyen de transmuer des humains en instruments scientifiques merveilleux. En inventant leurs sujets par l'hypnotisme, ils ont découvert l'énigme d'une injonction, d'un état et d'un lien suggestifs. Cette recherche sur les origines de la psychologie française au siècle dernier, se présente aussi comme une contribution à l'histoire de l'hypnose et de la psychanalyse. Certaines questions actuelles concernant la thérapeutique et l'expérimentation psychologiques, ainsi que la suggestion et le transfert, se trouveront peut-être éclairées et enrichies par ce retour au passé. Marche funèbre de Siegfried. Magdeleine, très inspirée par les suggestions musicales wagnériennes, danse sous hypnose. Le psychologue suisse Théodore Flournoy décrit ainsi cette artiste inconsciente : Les personnes de notre ville, qui ont eu récemment le privilège d'assister à quelques-unes de ces séances d'interprétations musicales dans l'hypnose, n'oublieront pas le spectacle étrange et fascinant de cette jeune femme, en simple peplum blanc, aux prunelles sombres et fixes, rivées sur les créations hallucinatoires de son imagination et incarnant, tour à tour, sans une bavure, sans l'ombre d'une hésitation ou d'un geste faux, bref avec la rapidité d'un réflexe jointe à l'idéale perfection d'une artiste incomparable, toutes les nuances de sentiment dont l'âme est capable de vibrer sous l'influence de la musique et de la poésie.

  • Ce numéro regroupe des contributions d'historiens qui analysent l'invention du mot de psychothérapie, les racines religieuses et rhétoriques d'une pratique très ancienne, la création du vocable de psychologie clinique, ou encore qui font revivre des thérapeutes qui furent ou sont importants, mais oubliés ou controversés, comme Baudouin et Jung.

  • Au cours de l'histoire occidentale, les clés des songes se sont proposées d'apprendre à interpréter certains rêves en leur donnant un sens prémonitoire. Ce livre porte sur l'histoire de longue durée, de l'Antiquité jusqu'à Freud, d'un genre d'écrit qui revendique l'héritage de l'art d'interpréter les songes (ou onirocritique). Résolument historique et faisant appel à des spécialistes reconnus de chaque période étudiée, il suit, selon un fil chronologique, le genre des clés des songes, très lu et très vendu, sur lequel il n'y a pas eu, jusqu'à présent, de travaux de cette ampleur. Les différents chapitres explorent le style et la forme, en même temps que les usages médicaux, pratiques, prophétiques, ésotériques, religieux, personnels, ludiques, qu'ont pu avoir les clés des songes. À travers ce parcours, se dessine l'histoire d'une tradition et d'une mémoire qui se sont transmises, sédimentées et transformées, mais aussi celle d'un infléchissement de longue durée, plus ancien que ce que l'on pourrait croire. L'idée que certains rêves puissent être signes et causes de l'avenir s'est en effet déplacée aux marges de la science légitime et les clés des songes ont été rejetées dans le domaine du populaire et du superstitieux. Mais l'onirocritique a été, au même moment, partiellement réhabilitée par Freud, qui a voulu développer une nouvelle pratique et un nouveau savoir redonnant sens à toutes les visions et voix nocturnes et non plus à quelques-unes, en fonction du passé et non de l'avenir du rêveur. Jacqueline Carroy et Juliette Lancel (Centre Alexandre Koyré : EHESS, CNRS et MNHN) travaillent ensemble et ont publié sur l'histoire des rêves au XIXe siècle et à l'époque classique. En même temps que leurs propres contributions, ce livre rassemble et met en dialogue des textes de spécialistes d'époques et d'aires géographiques variées : Vincent Barras, Julien du Bouchet, Nicole Edelman, Claire Gantet, Guillaume Garnier, Andreas Mayer, Jean-Claude Schmitt et Andrei Timotin.

  • L'état des malades est très satisfaisant et la situation générale est bonne. Les idées erronées disparaissent ou, du moins, on n'ose pas plus les exprimer, que les malades n'osent afficher leurs crises en public.

  • L'état des malades est très satisfaisant et la situation générale est bonne. Les idées erronées disparaissent ou, du moins, on n'ose pas plus les exprimer, que les malades n'osent afficher leurs crises en public.

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