Guy Sioui Durand

  • La façon de s'organiser des artistes détermine-t-elle leur façon de faire de l'art, l'impact et l'esthétique de l'oeuvre? Dans le dossier de ce numéro d'hiver, Inter se demande comment s'organisent et se rassemblent les artistes d'ici et d'ailleurs. Collectifs, troupes, réseaux, associations, communes, squats, famille circassiennes de forains, structures formelles : quelles sont leurs modalités de regroupement? Comment gèrent-ils leurs productions singulières au sein de ces organisations, dans des disciplines variées? Les organisations internationales sont particulièrement à l'honneur, avec divers exemples tirés de la France, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, le Pérou, le Brésil et le Cameroun.

  • Il s'agit, dans ce dossier, d'examiner les pratiques de dépouillement et de simplicité volontaire : comment peut-on assumer la pauvreté, comment la création est-elle perçue comme dénuement? Il s'agit de vivre et de créer avec peu, mais aussi de mettre en commun nos ressources, outils, technologies. L'artiste peut travailler par choix avec un matériel désuet, low-tech, recyclé, bon marché. Tout le monde peut réaliser son oeuvre, il est remplaçable, « disposable ». Il peut aussi travailler pour donner une voix aux exilés, aux réfugiés ; explorer la condition des personnes sans statut politique, sans droits civiques, sans représentation historique. Qu'est-ce que la « vie nue » (Agamben) dans une société des technologies et de la consommation?

  • L'art contemporain a souvent tenté de rétablir le dialogue brisé entre l'homme et l'animal. Dévoiler les ressemblances, mais surtout prendre conscience de l'animalité des hommes en tant que condition nécessaire à l'équilibre existentiel. Inter numéro 113 nous propose un dossier sur l'art actuel qui questionne ce lien entre l'humain et l'animal en mettant un accent particulier sur l'art performance qui, selon Arti Grabowski, est celui qui partage et révèle le mieux la nature animale. Des portraits d'artistes oeuvrant dans les domaines de la performance donc, mais aussi de la photographie, de la peinture, de la sculpture et du film, tels que Benoît Aquin, Ricardo Arcos-Palma, Pascale Barret, Maurizio Cattelan, Éric Clémens, Isabelle Demers, Charles Dreyfus et Jean-Robert Drouillard, pour ne nommer que ceux-ci.

  • Transférer l'expérience, dossier principal de ce numéro d'Inter, art actuel, se penche sur l'art et son enseignement, sous la supervision de Jocelyn Robert.

    L'art s'enseigne-t-il? Qu'en est-il de l'expérience esthétique dans les enjeux de la transmission? Comment penser une pédagogie de l'action, un enseignement de la performance? Comment articuler les rapports institutionnels en processus de résistance? Les arts visuels engendrent-ils une connaissance au-delà de l'expérience? Le cadre scolaire dénature-t-il l'action artistique? Des artistes, professeurs, théoriciens, performeurs, sociologues, directeurs de départements d'art d'ici et d'ailleurs prennent position dans un dossier étoffé. Quelques noms: Grégory Chatonsky, Marcel Jean, Michael La Chance, Antigone Mouchtouris, Valentin Torrens, Marilyn Arsem, James Elkins ...

    Dans la section topos, on explore la Biennale de Lyon et celle de Venise ; on scrute le grand Alastair Mac Lennan, en workshop au Lieu, et on dialogue avec Bartolomé Ferrando.

  • En plein dans le mille du 375e anniversaire de la cité, Ciel variable plonge dans les « Montréalités ». Si l'éditorial de Jacques Doyon nous parle de la vie des quartiers, c'est à l'un d'entre eux en particulier, Hochelaga-Maisonneuve, que s'intéresse le photographe Robert Walker. Un quartier chargé d'histoire et à la destinée compliquée, autrefois industriel et aujourd'hui aux prises avec les aléas de l'embourgeoisement. Ses images, ainsi que celles d'autres créateurs, sont témoin du tissu complexe de la ville : ses commerces, ses artères, ses publicités, sa mixité sociale, sa diversité, sa culture, son architecture, son militantisme aussi. La revue revient aussi sur quelques projets photographiques marquants sur le Montréal du passé avec les talents de Gabor Szilasi, Clara Gutsche ou encore David Miller. Également au sommaire, l'exposition présentée à la galerie Artexte examinant les relations entre la photographie et les magazines imprimés au Canada entre 1970 et 1990, et de nombreux autres événements dans la section actualités.

  • Bien des choses se sont produites dans le milieu des arts autochtones depuis la parution du numéro 104 d'Inter, intitulé INDIENS/INDIANS/INDIOS et piloté par Guy Sioui Durand, au début de 2010. Il y a eu une effervescence palpable depuis six ans, tant sur le plan de l'art que sur celui du discours médiatique et les actes d'affirmation et les manifestations artistiques des Premières Nations se sont multipliés. Avec le dossier AFFIRMATION AUTOCHTONE de ce présent numéro, le rédacteur invité Jonathan Lamy met l'accent sur la dimension positive de la création, de l'expression et de la résistance des Premières Nations. Après l'indifférence, le racisme et le mépris, qui n'ont pas disparu, loin de là, on voit poindre une réelle écoute, un désir croissant de comprendre et d'échanger. L'affirmation autochtone est de plus en plus entendue. Et l'art y contribue activement.

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