Guillaume Ledit

  • Avec WikiLeaks, organisation dont il est l'incarnation médiatique, Julian Assange a publié des centaines de milliers de documents dénonçant pêle-mêle la corruption des élites, la surveillance de masse, la fraude fiscale, l'absence de transparence des institutions gouvernementales ou les horreurs des guerres menées par les États-Unis. Il est aussi devenu un ennemi public. Son objectif ? La transparence totale pour les puissants, la vie privée absolue pour les citoyens. Le moyen ? Des masses de documents confidentiels, et une stratégie médiatique offensive, qui ont fait de lui la figure - parfois répulsive - du lanceur d'alerte contemporain. 

  • 24 mai 2011. Nicolas Sarkozy s'adresse au peuple d'Internet en ouverture de "l'eG8". Préambule à la réunion des grands de ce monde, l'événement veut acter le regain d'intérêt du Château pour le réseau. Et ses entrepreneurs champions. Google, Facebook : la Présidence l'a compris, Internet rapporte. Peu importe son histoire ou son architecture ; ce sont ses industriels que l'Élysée courtise dans la perspective de 2012. Parade électorale dont la réussite dépend aussi d'une opération séduction en direction des "geeks" les plus réfractaires au bilan numérique de la majorité.
    Un virage à 180° amorcé par une machine de guerre informationnelle, et dont les premiers effets se font sentir. Les patrons sont séduits ; les experts admettent la solidité du dispositif. Et s'accordent sur un point : "en face, il n'y a rien". Internet ne séduit pas le Parti socialiste. Désintérêt, désaffection ou simple paresse de se saisir d'un sujet maltraité par la droite, et de fait présumé acquis à la gauche ? Si "on ne gagne pas une campagne sur Internet", il est l'un des enjeux de l'élection présidentielle. Pas simplement en termes de communication... Enquête dans les coulisses des partis, et sur leur difficulté à se saisir du numérique.

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