Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l'incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d'accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l'histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l'antiquité romaine et qu'elle toucherait aujourd'hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l'Inde, Israël, le Japon et la Russie. L'homme serait-il toujours et partout en crise?
Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la «crise de la masculinité», dont il retrace l'histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d'hommes en cause, notamment les «hommes blancs en colère» ainsi que les Africains-Américains et les «jeunes Arabes». Il analyse l'émergence du «Mouvement des hommes» dans les années 1970 et du «Mouvement des droits des pères» dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l'égalité entre les sexes.
Plusieurs poussent des cris affolés à propos d'une Université soi-disant assiégée par les féministes et les antiracistes, qui menaceraient jusqu'à l'ensemble de la société au nom de la « rectitude politique ». Pour stimuler la panique collective, on agite des épouvantails -social justice warriors, islamo-gauchistes, wokes, gender studies - et on évoque les pires violences de l'histoire : chasse aux sorcières, lynchage, totalitarisme, extermination. Mêmes des chefs d'État montent au front. Or, cette agitation repose non seulement sur des exagérations et des mensonges, mais elle relève d'une manipulation qui enferme l'esprit et entrave la curiosité intellectuelle, la liberté universitaire et le développement des savoirs.
Pour y voir plus clair, cet essai s'intéresse à l'histoire ancienne et récente de l'Université. Il appelle à considérer la place réelle des études sur le genre et le racisme dans les réseaux universitaires - des salles de classe aux projets de recherche -, et met en lumière les forces qui mènent la charge aux États-Unis, en France et au Québec, depuis presque cinquante ans. Ultimement, il s'agit d'un exercice de déconstruction d'une propagande réactionnaire.
Qu'est-ce que l'anarchie et que veulent les anarchistes ? Un humaniste curieux et désireux de comprendre interroge son fils, un militant anarchiste qui s'est penché sur le sujet.
Au fil de leur dialogue, les deux hommes remontent aux racines des notions d'anarchie et de démocratie. Ils évoquent certaines figures de l'anarchisme et les différents courants de ce mouvement révolutionnaire, tout en illustrant leurs propos d'exemples tirés du monde d'aujourd'hui. Ensemble, ils analysent la critique anarchiste des grands systèmes de domination - l'État, la religion, le patriarcat, le capitalisme et le racisme - et offrent ainsi une initiation vivante et originale à l'anarchie.
Voter ou ne pas voter, telle est la question qu'on n'ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l'abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu'une simple apologie de l'abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral.
En plus de rappeler les raisons qu'évoquent des abstentionnistes issus de toutes les couches de la société, l'auteur décrit les stratégies souvent amusantes imaginées pour subvertir le jeu électoral : appel au boycott ou au vote nul, candidatures loufoques et satiriques de plantes, d'animaux, d'humoristes, de punks ou de gnomes anarchistes. Cette galerie des figures de la résistance au vote révèle également les nombreux et puissants mécanismes d'autodéfense du système électoral, qui réussit toujours à imposer ses propres règles, même aux plus contestataires. Aussi, l'abstention n'est féconde que si elle va de pair avec un engagement et des mobilisations autonomes, populaires et solidaires.
Zapatistes, Indignés, Occupy, Printemps érable et Gilets jaunes. Alors que certains érigent ces mouvements populaires en idéal de la démocratie directe, d'autres n'y voient que des mobilisations certes sympathiques mais insignifiantes, quand ils ne tentent pas de les discréditer en les associant à la violence.
S'appuyant sur une grande diversité d'expériences des pratiques démocratiques d'hier et d'aujourd'hui, y compris hors de l'Occident, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inspirée et critique. Ce récit de la lutte historique entre agoraphobie et agoraphilie, entre la haine et l'amour de la démocratie directe, offre une analyse approfondie des arguments et des manoeuvres des deux camps et du rapport délicat entre le peuple assemblé à l'agora pour délibérer (le dêmos) et celui qui descend dans la rue (la plèbe).
D'abord paru en 2016, cet ouvrage à la fois original et provocateur est d'autant plus stimulant qu'il se situe à la croisée des chemins de la philosophie politique, de l'anthropologie et de la sociologie.
Apparue à Berlin-Ouest vers 1980 et popularisée lors de la «bataille de Seattle» en 1999, la tactique du black bloc connaît un renouveau. Des black blocs ont manifesté lors du Sommet du G20 à Toronto, du Printemps arabe, du mouvement Occupy et des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec et contre la vie chère au Brésil, dans les «cortèges de tête» en France et contre les néonazis aux États-Unis.
Cagoulés, vêtus de noir et s'attaquant aux symboles du capitalisme et de l'État, les black blocs sont souvent présentés comme des «casseurs» apolitiques et irrationnels, voire de dangereux «terroristes».
Publié une première fois en 2003 et depuis mis à jour et traduit en anglais et en portugais, ce livre est reconnu comme la référence pour qui veut comprendre l'origine du phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens et réflexion éthique et politique, l'auteur inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l'action directe.
Toutes les forces politiques se réclament aujourd'hui du mot « démocratie ». Or l'étude des discours des « pères fondateurs » des prétendues « démocraties » modernes aux États-Unis et en France révèle que ces derniers s'opposaient à un régime où le peuple se gouverne seul, et associaient cette idée au chaos et à la tyrannie des pauvres. Comment expliquer que le régime électoral actuel soit perçu comme l'ultime modèle « démocratique », alors qu'il a été fondé par des antidémocrates déclarés ?
Après avoir puisé dans diverses sources du passé, l'auteur dévoile ici une étonnante aventure politique où s'affrontent des personnalités et des forces politiques qui cherchent à contrôler les institutions des régimes fondés à la fin du XVIIIe siècle. Deux siècles plus tard, alors que la planète entière semble penser que « démocratie » est synonyme de « régime électoral », toute expérience d'un véritable pouvoir populaire se heurte toujours au mépris des élites.
Des policiers « forcés » d'intervenir pour arrêter des « casseurs » qui s'infiltrent dans des manifestations « radicales ». Ce type de récit est largement véhiculé par les médias de masse, mais correspond-il à la réalité des faits? Ne sert-il pas davantage à justifier la répression policière qui s'abat depuis une quinzaine d'années sur les mouvements sociaux un peu partout en Occident? Au Québec seulement, il y a eu plus de 4 500 arrestations liées aux événements du Printemps érable, sans compter les nombreux cas de blessures graves .
À QUI LA RUE? offre les outils théoriques, politiques et historiques pour comprendre que ces arrestations de masse ne sont pas le résultat de contestations turbulentes, mais bien le fruit d'un profilage politique. Les policiers opèrent ainsi une distinction entre les « bons » et les « mauvais » manifestants : ceux qui, du point de vue des autorités, ont des revendications légitimes (les salariés, les « pères de familles »...) et ceux qui contestent l'ordre social (les jeunes, les anarchistes...). Or, ce profilage politique brime la liberté d'expression et la liberté d'association reconnues dans les chartes de droits.
Cet ouvrage examine la dynamique entre les mouvements sociaux et les forces policières en Europe et en Amérique du Nord depuis l'émergence du mouvement altermondialiste. Il analyse les cas du Sommet du G20 à Toronto (2010) et du Printemps de la matraque au Québec (2012-2013) et traite de l'infiltration policière et des mobilisations contre la brutalité de la police.
Et si la répression à caractère politique n'était pas l'apanage des régimes autoritaires?
Cet essai propose une critique du discours militariste pour qui « la guerre, c'est la paix ». Dans ce plaidoyer à la fois viscéral et documenté contre la guerre, l'auteur brosse un portrait des lignes de force qui se dessinent de la Guerre froide à la Guerre au terrorisme, des manifestations de Seattle à celles du mouvement pour la paix.
« Antimondialisation », « altermondialisation » ou « mouvement pour la justice mondiale » : le « mouvement des mouvements », à la fois enraciné dans les contextes politiques nationaux et nourri de ses multiples liens transnationaux, représente une puissante lame de fond, un ressac contre l'idéologie néolibérale et les politiques menées depuis des décennies que les contestataires jugent éminemment injustes et néfastes pour une grande partie de la population. Ce vaste mouvement social est complexe. On le voit dans ses actions, ses pratiques, ses organisations et ses discours. Il est une force critique porteuse d'une multitude d'idéaux, d'espoirs et de projets souvent contradictoires. Cette synthèse présente le mouvement altermondialiste pour en discuter les faiblesses et les forces, en portant une attention particulière à son activité au Québec et en Occident. Elle présente les éléments essentiels permettant de comprendre le mouvement et d'en débattre, en tant que force politique plurielle et contradictoire, et pourtant animée d'un même idéal de justice.
La récente crise financière mondiale a ranimé un ensemble de débats sur le capitalisme et ses ravages. Depuis le sauvetage éhonté des institutions bancaires par les pouvoirs publics, de nombreux citoyens se demandent quelles sont les véritables finalités de ce modèle économique. Continuer à enrichir les plus riches et laisser les inégalités sociales se creuser davantage? Un peu partout en Occident, des foules en colère ont plutôt opté pour l'indignation.
Par-dessus le marché! s'inscrit dans ce mouvement collectif de réflexion critique. Issus en partie des mobilisations ayant précédé le sommet du G20 à Toronto, en 2010, les textes de ce recueil décryptent les multiples facettes des rapports socioéconomiques de domination et d'exploitation. Ils traitent de sujets aussi variés que le mouvement Occupy et la question des classes sociales, le rôle économique de l'État d'un point de vue anarchiste ou la logique capitaliste voilée de la poésie slam.
Des questions d'hier et d'aujourd'hui pour mieux cerner la réalité sociale et, ultimement, la transformer. Comme l'écrit Francis Dupuis-Déri, « les systèmes de domination actuels ne peuvent pas être éternels ».
Le conservatisme est désormais un courant extrêmement influent, sinon dominant dans les milieux culturel et intellectuel québécois. Il est composé, entre autres, de personnalités médiatiques cumulant les tribunes et de sommités universitaires jouant officiellement ou officieusement le rôle de conseiller politique.
Depuis vingt ans, on a assisté aussi bien dans les universités que dans les médias au renforcement si ce n'est à la domination du courant conservateur qui a lancé une véritable guerre contre la gauche et plusieurs mouvements sociaux qui se réclament de ses valeurs.
Ce boy's club dénonce les progressistes coupables des terribles maux qui affecteraient notre société, en particulier l'affaiblissement de l'Etat, de la Nation et même, pour plusieurs, de la Famille.
L'antiféminisme n'est pas une tare du passé. En ont récemment témoigné le « Printemps des pères », la « Manif pour tous », l'opposition à la « théorie du genre » ou encore, de manière tragique, l'attentat, à Toronto, d'un homme se réclamant du mouvement des « célibataires involontaires ». Ces phénomènes, pour être compris et combattus, doivent aujourd'hui être situés dans une perspective historique. En analysant différentes expressions de l'antiféminisme depuis le XIXe siècle, dont celui porté par des femmes, les auteurs réunis autour de Christine Bard démontrent la vitalité historique du combat contre les droits des femmes et ses divers points de contact avec l'homophobie et le racisme. Une attention particulière est portée aux controverses provoquées par le masculinisme, volontiers victimaire, au sujet des « droits des pères » et des violences entre les sexes. L'ensemble constitue une réponse inédite et nécessaire à un phénomène en pleine expansion.
À chaque mouvement de libération, sa réplique contre-révolutionnaire: c'est ce que nous enseigne l'histoire. Les luttes féministes n'y font pas exception. Décrié à droite comme un réel péril pour la stabilité sociale et l'avenir de la nation, à gauche comme une lutte secondaire à inscrire dans un bien plus vaste programme, le féminisme a toujours dérangé ceux qui trouvent intérêt à préserver le régime patriarcal.
Tant sur le plan des idées que de l'action, l'antiféminisme se déploie suivant une logique réactionnaire, dont la visée, consciente ou pas, serait de revaloriser une condition masculine mise à mal. Pour arriver à leurs fins, les antiféministes usent de stratégies discursives comme la désinformation ou le recours à la nostalgie du «bon vieux temps» et à l'ordre naturel. Ce sont précisément ces discours revanchards, présents sur toutes les scènes, de celle de l'humour à celle du militantisme, que cet ouvrage entend décortiquer.
«L'antiféminisme a accompagné toute l'histoire du féminisme, en dénonçant ses excès ou en s'empressant d'en dresser le constat de décès. Il couvre un spectre très large, mais il comprend toujours une dénonciation de la liberté et de l'égalité que revendiquent les féministes pour toutes les femmes.» - Francis Dupuis-Déri et Diane Lamoureux, extrait de l'introduction
Des textes de Julie Abbou, Jérôme Cotte, Francine Descarries, Francis Dupuis-Déri, Sara Garbagnoli, Diane Lamoureux, France Théoret et Sidonie Verhaeghe.
Dès la fin du XIXe siècle, des anarchistes comme les géographes Pierre Kropotkine ou Élisée Reclus se sont intéressés aux peuples autochtones, qu'on a aussi qualifiés de « sociétés sans État ». Au début des années 2000, un peu partout sur le continent américain, des Autochtones ont modelé la notion d'« anarcho-indigénisme » pour attirer l'attention des anarchistes sur l'histoire et, surtout, sur l'actualité de leurs luttes.
Ce livre se veut une invitation à l'écoute, au dialogue et à l'engagement solidaire et complice. Dans leurs entretiens, Roxanne Dunbar-Ortiz, Véronique Hébert, Gord Hill, Freda Huson, J. Kehaulani Kauanui, Clifton Ariwakehte Nicholas et Toghestiy révèlent ce que pensée et traditions autochtones et anarchisme ont en commun, sans nier les séquelles que le colonialisme a laissées jusque dans ce mouvement pourtant anti-autoritaire. Une vision du monde qui allie anticolonialisme, féminisme, écologie, anticapitalisme et anti-étatisme.
Cet ouvrage présente les résultats de neuf enquêtes sur le profilage policier menées par des spécialistes qui se sont penchés sur les pratiques de corps policiers au Québec, en France et en Argentine. Il met en lumière les dynamiques de croisement entre différents types de profilages (racial, social, politique et de genre, entre autres) et se démarque en cela de l'habitude d'étudier ce phénomène en fonction d'une seule caractéristique. Tout en exposant les particularités de chaque profilage, il ouvre ainsi la voie aux études intersectionnelles sur le sujet.
D'une brûlante actualité, et très pertinent d'un point de vue des sciences sociales, ce recueil intéressera toutes les personnes préoccupées par les inégalités croissantes dans nos sociétés ainsi que par la violence subie par les populations discriminées, stigmatisées et marginalisées ciblées par la police.
Pour son numéro de juillet-août, la revue Relations vous invite à découvrir la culture sourde. Car les personnes sourdes sont porteuses d'une identité culturelle qui leur est propre et la condition sourde n'a pas à être vécue comme un handicap. Cette culture prend racine dans une histoire commune et dans la langue des signes, capable d'autant d'expressivité, de nuances et de poésie que toute autre langue parlée - comme en font foi les riches formes d'expression artistique sourdes. À des lieues d'une approche technomédicale les considérant comme des êtres « à réparer », les personnes sourdes assument leur condition et réclament des changements dans nos façons de faire société qui, trop souvent, sont inadaptées à leur réalité, les tenant à l'écart. Également au sommaire, un débat sur l'armement de la police, la question de la rémunération des mères porteuses et le second texte primé du concours « Jeunes voix engagées » par Pacifique Kambale Tsongo.
Depuis quelques années, l'idée que les hommes vont mal gagne des adeptes. Cette prétendue crise de la masculinité aurait une cause: les femmes, et surtout les féministes, qui domineraient la société québécoise. Des partisans de la «cause des hommes» grimpent sur les ponts pour y déployer des banderoles, intentent des poursuites judiciaires contre des militantes, prennent la parole en commissions parlementaires, font du lobbyisme auprès d'institutions politiques, publient des livres et multiplient les attaques sur le web. Certains vont même jusqu'à harceler des groupes de femmes.
La première édition de cet ouvrage pionnier paru en 2008 a reçu des échos très enthousiastes jusqu'en Europe. Actualisée et bonifiée, la réédition s'intéresse au nouveau souffle de ce courant résolument antiféministe, qui tend à se cristalliser autour des réseaux sociaux. En plus de documenter le mouvement masculiniste québécois et d'expliquer comment il nuit à l'égalité entre les hommes et les femmes, ce livre expose une facette peu connue du sexisme contemporain et recense plusieurs stratégies de résistance féministe.
Des textes de Janik Bastien Charlebois, Mélissa Blais, Louise Brossard, Francis Dupuis-Déri, Karine Foucault, Mathieu Jobin, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Ève-Marie Lampron, Josianne Lavoie, Émilie Saint-Pierre et Marie-Eve Surprenant.
Ce texte propose une analyse de certaines dimensions de la pensée de deux auteurs libéraux, Friedrich A. Hayek et Judith N. Shklar, qui ont été rarement analysés ensemble et, parfois même, ont été oubliés, notamment dans le cas de la seconde. Il s'agit de montrer, à partir de la notion de l'inquiétude, que ces deux libéraux illustrent un aspect de la diversité de la pensée libérale, et ce, à partir d'une même appréhension critique à l'égard des capacités de la raison. Or, si Hayek et Shklar s'entendaient sur les profondes limitations de la raison humaine à maîtriser les flux sociaux, nous montrons que ces deux auteurs divergent quant à l'orientation générale qu'ils donnent au libéralisme. Alors que le libéralisme de la peur de Shklar l'amenait à vouloir réconcilier le libéralisme avec un État palliant les injustices subies par les opprimés, celui d'Hayek l'entraînait plutôt à dénoncer les mirages de la justice sociale.
Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).
À l'heure où le profilage racial, social et politique exercé par les corps policiers à l'égard des personnes vulnérables et marginalisées - racisées et autochtones en particulier - est dénoncé, alors que leurs actes de brutalité envers des personnes en détresse sont aussi décriés, il y a lieu de se demander qui la police protège réellement - et qui nous protège de la police. Du mouvement Black Lives Matter jusqu'aux initiatives en faveur du définancement de la police, le pouvoir démesuré de cette dernière est de plus en plus remis en question, solutions communautaires à l'appui. Relations aborde ce sujet dans ce numéro qui met en valeur les photographies de Mario Jean et André Querry.
Au printemps 2012, le Québec a été le théâtre d'un conflit social d'une ampleur inédite. «La grève est étudiante, la lutte est populaire!» clamait alors la rue bondée de gens de tous les horizons. Comment rendre compte d'un tel événement? Quels ont été les ressorts et les effets de la mobilisation? Cet ouvrage collectif, dans lequel chaque texte est le fruit d'une collaboration entre des étudiant-e-s et des enseignant-e-s, analyse de façon rigoureuse divers aspects du Printemps érable.
Les auteur-e-s abordent de nombreux sujets: des origines du syndicalisme étudiant aux manifestations de casseroles et aux Assemblées populaires autonomes de quartier (APAQ), en passant par les modes de fonctionnement de la démocratie étudiante, les enjeux féministes, les réactions des partis politiques, le rôle des médias sociaux, de la littérature et de l'art ainsi que la répression judiciaire et policière.
Alliant analyse de discours, entretiens semi-dirigés et observation participante, ce livre offre de multiples clés pour comprendre la dynamique du Printemps érable. Sans prétendre pouvoir parler de victoire ou d'échec, il souligne l'incroyable éveil politique qu'aura représenté ce conflit social pour toute une génération.
Tel un rhizome, la lutte ne peut ressurgir que là où l'on ne l'attend pas. Comme nous le rappelle un vers publié dans Fermaille, revue de poésie créée par et pour la grève, «chaque saison [a] sa propre forme de résistance».
Avec des textes de Andrée Bourbeau, Geneviève Côté, Marc-André Cyr, Philippe de Grosbois, Martine Delvaux, Gabrielle Desrosiers, Marie-Lise Drapeau-Bisson, Véronique Fortin, Marie-Claude G. Olivier, Alain-G. Gagnon, Elsa Galerand, Émilie Joly, Benoît Lacoursière, Michel Lacroix, Ève Lamoureux, Vanessa L'écuyer, David L'Écuyer, Alexandre Leduc, Lucie Lemonde, Rachel Nadon, Olivier Parenteau, Jacinthe Poisson, Maxime Roy-Allard, David Sanschagrin, Alain Savard et Arnaud Theurillat-Cloutier.