Frédéric Boyer

  • Le lièvre

    Frédéric Boyer

    C'est l'histoire d'une année, peut-être deux, dans la vie d'un petit garçon. L'histoire d'une rencontre avec un personnage héroïque à ses yeux d'enfant de onze ou douze ans. Ce souvenir revient beaucoup plus tard, après qu'il a traversé plusieurs deuils, sous les mains d'un étrange thérapeute que le narrateur appelle le ' chaman '. Le souvenir de virées magiques, pour s'arracher de sa famille en compagnie de cet homme hâbleur, drôle et violent. Perdu jusque dans sa passion pour la vie.
    C'est une matinée de chasse. La mort d'un lièvre. Un lièvre dont il faudra bien faire et dire quelque chose.
    Un cadavre encombrant qui mettra des années à réapparaître.

  • Dans ce livre, il y a toutes les histoires qui nous rassemblent. Elles racontent le mystère du peuple, son drame au sein de l'histoire du monde. Et le chemin de l'espoir. De la Genèse au Livre de Daniel, voici trente-cinq récits bibliques extraits de l'Ancien Testament comme vous ne les avez jamais lus ni vus ! S'adressant à toutes les générations et à tout public, ces histoires marquées par la puissance des textes de Frédéric Boyer et la modernité des illustrations de Serge Bloch racontent le monde dans lequel nous vivons et tentent de répondre aux grandes questions que se pose l'homme aujourd'hui.

  • J'espère malgré tout que nous pourrons avoir de temps en temps des nouvelles l'un de l'autre. Mais ce n'est pas certain, tu t'en doutes, n'est-ce pas ?

  • "J'ai écrit ces lignes des années après. J'ai surmonté ma honte et parfois le déni ou la réprobation des autres. J'avais frôlé la fin de tout.
    Nous attendons trop sans savoir que nous sommes attendus nous-mêmes dans l'existence à ce point sombre d'où quelque chose peut recommencer. J'ai retraduit mon malheur en traduisant les textes de Job, de saint Paul ou de Shakespeare. Et je commençais à croire qu'il n'y a d'espérance qu'à ce point-là d'essoufflement.
    J'ai interrogé la dérision du désespoir et l'indignité de notre monde contemporain qui voudrait exclure l'espérance de nos coeurs et de nos communautés."
    Frédéric Boyer.

  • Le fait d'être humain ne procède pas uniquement de nous-mêmes, comme le fait d'être d'une culture, d'une histoire ne procède pas d'un seul autre, ou d'un seul semblable, mais de l'ensemble des autres, de tous les semblables, et plus loin encore de l'autre à venir, du dissemblable, de l'étranger, de l'autre culture, de l'autre histoire.

    Où et comment se pose la question de l'honneur à cet instant ? N'est-ce pas à cette pliure que fait courir à l'espèce le mépris, l'incompréhension, le refus de l'autre ?

    Aujourd'hui nous devons faire face. Et savoir d'instinct, savoir sans le comprendre que la seule force, la seule valeur, la seule dignité, c'est de ne pas comprendre si comprendre nous fait renoncer à l'amour de l'autre. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité non seulement d'une existence mais de toute communauté.

  • Kâmasûtra

    Frédéric Boyer

    Ceci est si intime et secret notre imagination si fantaisiste qui pourrait savoir qui devrait faire quoi quand pourquoi et comment ?

    Dans une nouvelle traduction originale du sanscrit, voici cet étonnant rendez-vous avec une grammaire du désir, conjuguée à l'idée pratique d'une existence sensuelle, théâtralisée, vécue à coups de formules, de ruses, de syllogismes, de recettes ou de techniques diverses, et de poèmes. L'étude des plaisirs et du sexe est ici un art du bref, de la rapidité et de la récitation. Texte de l'Antiquité de l'Inde, le Kâmasûtra nous plonge aujourd'hui dans la mélancolie d'un monde perdu ou impossible. Celle d'une idéalisation sophistiquée de la comédie de moeurs, d'une trop parfaite écriture des équations menant à l'équilibre illusoire du plaisir et du néant.

  • Rappeler Roland

    Frédéric Boyer

    Le thème de la bataille et de ses représentations dans notre culture est au coeur de la proposition de Frédéric Boyer.
    Il s'est intéressé à l'écriture de cette épopée, la Chanson de Roland, la première en langue française, le premier grand texte français qui s'éprend de la défaite pour chanter la gloire d'un empire fantasmé (celui de Charlemagne), 350 ans après les faits, et au moment où l'Europe médiévale se lance dans les croisades. Frédéric Boyer va jusqu'à interroger la lente déformation de la légende médiévale dans l'Europe de la Renaissance. Le fantôme de Roland est partout présent. Il semble gêner jusqu'au merveilleux Don Quichotte qui en fait un de ses modèles certes, mais avec difficulté devant la folie, la fureur qu'on lui prête alors.
    Quelles blessures, quel trauma cherche-t-on à exorciser avec une telle création ?
    Raconter la bataille (ou la représenter), au-delà de ses fonctions politiques, religieuses, idéologiques, a d'autres effets et sans doute d'autres origines.

    Rappeler Roland est un triptyque composé d'un texte original, « Rappeler Roland », monologue écrit pour la scène dont la création se fera en deux temps, à l'auditorium du musée du Louvre le 19 janvier 2012 et à la Comédie de Reims en mars 2013 ; d'une nouvelle traduction intégrale de la Chanson de Roland (version du manuscrit d'Oxford qui date du XIIe siècle) qui tente d'offrir en français contemporain une version en décasyllabes avec respect de la césure épique (4 + 6) ; et d'un essai, « Cahier Roland » (se battre est une fête), consacré au thème de la bataille et du combat dans notre culture, à partir de l'histoire mystérieuse de la Chanson de Roland.
    Aujourd'hui Frédéric Boyer veut rappeler Roland... Dans les mots et dans les défaites contemporaines. Dans les guerres que nous n'avons pas connues et les batailles que d'autres livrent pour nous aux confins d'un monde déchiré.

  • Yeux noirs

    Frédéric Boyer

    J'ai passé ma vie à la recherche d'une porte qui s'ouvrirait de nouveau sur des yeux noirs. Je ne le savais pas. Je l'ai appris en écrivant ce livre. Chacune de nos vies invente son secret.

  • Dans ma prairie

    Frédéric Boyer

    Rejoindre ma prairie je vous en prie laissez-moi.

  • Peur, j'ai si peur.
    Je n'ai pu l'oublier... Nuit noire. Pas de mémoire. Et pour ne plus l'aimer cent fois j'ai combattu chacune et chacun d'entre nous. J'ai cherché des sujets au-delà de la terre et dans des pays inconnus à leurs habitants, des déserts que le ciel refuse d'éclairer. Ouvre les yeux. Quelqu'un m'attend dans ces lieux, dans ces temps. C'est dans ma tête.
    Avec les gestes oubliés.

  • Vaches

    Frédéric Boyer

    «Les vaches aimaient la pluie.» Une phrase si simple, si commune dans sa structure, et cependant inimitable... On y reconnaîtrait Frédéric Boyer entre mille. Est-ce l'emploi de l'imparfait pour cette proposition qui d'un coup la déplace du côté du mythe ? Ou lui donne une infinie tristesse ? Des phrases comme celle-là, Vaches en est rempli.
    Ce livre bref, tout entier consacré à ce qu'il y a de permanent et d'éphémère dans l'idée même de cet animal, et dans cette réalité à la fois massive et énigmatique, ce livre profondément nostalgique est aussi un traité de philosophie poétique, ou de poésie philosophique. Y sont interrogées de la manière la plus tendrement triviale, incarnée, notre présence, notre fuite, nos angoisses.
    /> « L'animal de son corps dans la création. L'animal néant c'est elle. C'est la vache. »

  • Techniques de l'amour

    Frédéric Boyer

    «J'ai cru très tôt à toutes ces choses qu'on raconte sur l'amour - en bien comme en mal. Mais sans jamais voir comment ni pourquoi. J'ai longtemps fait comme celui qui apprend par coeur la chose par son nom mais ne connaît rien de ce qu'elle est. J'ai cru que de nos corps pouvaient sortir l'enfer et le paradis. Mais une fois en enfer je me suis cru au paradis.»

  • Une fée

    Frédéric Boyer

    'Comme dans un conte on vient de loin.
    On a tout quitté.
    On devient une fée contemporaine.

    Le nouveau monde est partout, dit-on.
    Monsieur, lui, n'y croit pas.
    Il répond les clients sont toujours les mêmes, vous et moi.'

  • 'Tu as déjà tué un rhinocéros toi? demande le petit garçon.
    Lui : Oui et non.
    Le petit garçon : Et ta maman qui est morte tu l'as tuée?
    Lui : Je ne sais pas. Ça m'est égal. Il ne faut pas avoir peur de tuer.
    Le petit garçon : Tout le monde a déjà tué quelqu'un.
    Lui : Oui. Tout le monde. A tué ou tuera.
    Le petit garçon : Moi je ne vais pas mourir par exemple dès que tu seras parti?
    Lui : Personne ne meurt jamais.'

  • Orphée

    Frédéric Boyer

    Orphée ou Docteur Love? La mort ou l'amour? Mais il y a tant d'amour dans la mort et tant de mort dans chaque amour. La tentation n'est bien sûr jamais d'en revenir ou de s'en sortir. Mais sûrement d'y aller. Les yeux ouverts. Aimer comme mourir.

  • «Hammurabi, sixième souverain d´une dynastie amorrite, était roi de Babylone, il y a 3 757 ans. Son pouvoir s´étendait sur l´ensemble de la Mésopotamie. En 1902, à Suse en Iran, des archéologues français dégagent une monumentale stèle de basalte noir, brisée en trois. C´est le code de Hammurabi. Un des tout premiers codes de justice. Le long texte de la stèle, en écriture cunéiforme, est rédigé en akkadien. Plus de 280 articles, la plupart introduits par la conjonction si, exposent des cas concrets de la vie quotidienne et leurs sentences destinées à rétablir la justice.
    J´ai lu une première version de ce texte au musée du Louvre, devant la stèle du code, en 2007 et en 2008, sur invitation de Jean-Marc Terrasse et Gérard Cherqui.» Fédéric Boyer.

  • « Est-ce que vous connaissez la prison ? Cette usure de la force et du courage qu'elle accomplit au fond de vous ? Jusqu'à perdre confiance en votre propre corps, en votre propre esprit et qu'en sortir un jour ne soit plus qu'un réveil intolérable. En garder à jamais la voix félée, le sexe apeuré. » Des choses idiotes et douces est le second volet d'un diptyque dont En prison est le premier. Dans En prison Frédéric Boyer racontait le lent évanouissement d'un homme que la culpabilité mais aussi la compréhension, et la compassion, amènent à se fondre parmi les prisonniers.

    Cette fois, il nous décrit l'impossible réadaptation de Cody, qui est resté près de 20 ans derrière les barreaux. Son refus de sortir et, une fois qu'il est sorti, qu'on l'a obligé à sortir, cette manière qu'il a de refuser l'air libre, la vie, de s'enfermer à nouveau. Et d'entraîner avec lui, Tom, celui qui devait au contraire l'aider.

    On retrouvera dans Des choses idiotes et douces comme dans En prison, le même lyrisme désespéré, la même humanité désolée mais aussi, constamment présente, une semblable colère contre le sort fait aux hommes qui ont trébuché. Cela n'est pas juste qu'un homme ait à souffrir des choses idiotes et douces de l'existence quotidienne.

  • La Bible, notre exil

    Frédéric Boyer

    Ce livre est né après la parution en septembre 2001, chez Bayard, de la Bible, nouvelle traduction, écrite par une vingtaine d´auteurs contemporains au côté de spécialistes des textes et des langues bibliques. À l´écoute, à la réception des critiques, des lectures de ce travail. Ce n´est ni un essai sur la Bible et sa traduction ni un règlement de comptes. Il s´agit plutôt d´une sorte de petit journal des réflexions, des pensées suscitées par la réception de cette traduction. Il s´agit surtout de s´interroger sur les peurs entendues. Peur de perdre une langue sacrée. Peur de l´oubli. Peur de la tentative, du travail collectif, de l´ouverture. Peur de l´exil des langues et des oeuvres. Peur de l´écriture elle-même, de ce que l´on pourrait lire et découvrir, et aussi peur du travail d´écriture engagé. Ce petit livre voudrait aussi proposer autre chose que la pensée patrimoniale qui se déchaîne aujourd´hui. On veut préserver, restaurer, transmettre coûte que coûte. Mais pour quels héritiers? Dans quelle langue? Pour faire quoi? Pour quel monde? On voudrait ne rien perdre de ce qui est déjà perdu. On voudrait surtout pathétiquement croire que nous possédons une langue sacrée à laquelle nous ne pourrions toucher, sans doute parce que précisément nous nous tenons aujourd´hui dans l´exil de toute langue, dans l´exil du travail de la langue. On voudrait transmettre sans travail, sans contestation, sans déplacement.

  • Patraque

    Frédéric Boyer

    Patraque est un livre de littérature et de philosophie. Non pas un livre hybride qui hésiterait entre deux genres, entre deux registres mais un livre rare qui tresse la pensée à la littérature, une pensée déliée, libre, circulante, à la littérature dans ce qu'elle peut avoir d'intuitif, d'irrationnel. Cela donne un mixte très étonnant, extrêmement original dans sa facture comme dans sa tonalité. Familier, proche, et exigeant à la fois. Un livre qui se lit comme un roman, comme on dit, et qui cependant fouille, retourne et questionne notre présence au monde.
    On croise dans ce livre Wittgenstein, Bouvard et Pécuchet, Arendt, et beaucoup d'autres avec lesquels le narrateur engage un dialogue sans contraintes («Qui pourrait comptabiliser les voix qui nous parlent depuis que nous existons, depuis qu'existe la voix humaine? [...] J'entends des voix. Je suis hanté par d'innombrables voix. On peut dire ça comme ça.» Ces conversations viennent rythmer ce récit qui est celui d'une détresse contemporaine et le relancent en même temps qu'ils lui donnent un écho universel.

  • La nuit du 13 au 14 décembre 2003 un homme tente de se donner la mort. Quand il revient à lui, et dans les semaines qui suivent, il s'adresse à ses amis dans un long poème.

  • C'est la voix d'une femme d'aujourd'hui et parce que nous sommes tous faits des voix des autres, amies ou ennemies, anonymes ou célèbres, ce sont aussi les voix qui peuplent son existence. L'existence humaine n'est-elle pas cette conversation infinie qui mêle ce que nous pensons être des vérités et des hypothèses?
    Elle s'appelle Louise. Elle découvre qu'il n'y a pas d'amour sans langage ni sans esprit. Qu'il n'y a rien de vraisemblable qui ne soit pas, d'une certaine façon, absurde.

  • Dans ces sept textes, Frédéric Boyer étudie et interroge l'oeuvre de Dostoïevski (romans, carnets, personnages emblématiques) ainsi que certains textes évangéliques, des essais de Patocka, La Recherche. L'oeuvre de Dostoïevski est éclairée par ce regard qui y voit la mise en scène d'un monde qui s'accomplit aujourd'hui, un monde qui n'a jamais autant souffert de la responsabilité. Son actualité est à chercher dans la traversée de la violence et du mal comme dernier chemin vers l'énigme de l'autre.

    « L'amour de la littérature est devenu aujourd'hui une forme de scandale - au sens religieux du mot, un obstacle ou un piège contre lequel pourrait bien achopper notre monde. On voudrait oublier le scandale de la littérature. On cherche à s'en débarrasser. Peut-être parce que la littérature est l'ultime modalité inquiète de notre conscience d'autrui. Dostoïevski l'avait compris. L'actualité secrète de son oeuvre est à chercher dans la traversée de la violence et du mal comme dernier chemin vers l'énigme de l'autre. Dans le désir, écrivait-il, de mettre fin à l'isolement des esprits et qui deviendra également la tâche de la révélation littéraire pour le narrateur proustien. Manière révoltante d'opposer à la lâcheté et à l'égoïsme de nos vies le temps de la littérature vécu comme temps de crise pour discerner notre propre responsabilité à l'égard du monde, pour comprendre et compatir. »

  • Le dieu qui était mort si jeune est un emportement, un texte de foi.

    Dans un mouvement excessif, c'est-à-dire à l'opposé de la sagesse et de la raison, haletant, éperdu, il chante la gloire de Jésus en tant qu'homme parmi les hommes, homme parmi ses frères.

    Il éclaire la démarche littéraire et philosophique de Frédéric Boyer en même temps qu'il la prolonge.

    Frédéric Boyer est un écrivain chrétien. Son attitude singulière, y compris pour ceux qui se réclament de la même foi, n'est pas dans l'acceptation, elle est dans la colère, dans la violence, la recherche et le risque.

  • Mauvais vivants

    Frédéric Boyer

    «Les treize histoires de ce livre appartiennent à la douceur des existences modernes, hors de toute loi ancienne, échappées de la page écrite des lois où nous avions appris à lire le mot péché.
    Aujourd´hui, tout le monde aime les histoires de meurtre familial, d´assassinat, de crime d´amour, et les voisines blondes. Notre erreur est de tendre l´oreille aux histoires des autres, aux nouvelles abominables que racontent les gens, de nous émouvoir collectivement à propos de crimes contre lesquels nous ne pouvons rien.
    Nous sommes naïvement persuadés d´avoir échappé au pire. Pourtant le capitalisme bâtisseur de nos origines a fait de nous de petits tueurs de faits divers, les héros anonymes de crimes passionnels, des tueurs en série, tout en produisant des quantités inouïes d´automobiles, de yaourts, de crèmes glacées, de produits de consommation.»

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