Emmanuel Gonzales

  • Le 15 septembre de l'an de grâce 1523, vers cinq heures du matin, une troupe de trois cents paysans, tous armés de bâtons longs et noueux, se trouvaient rassemblés sur le chemin qui conduit d'Aurillac à Maurs.A voir les habits rapiécés, les cheveux incultes et les visages brûlés par le soleil dont cette bande offrait une collection trop complète, le plus intrépide voyageur eût rebroussé chemin ; néanmoins, en y regardant de plus près, il eût fini par distinguer au milieu d'eux, allant et venant au pas de leurs chevaux, quelques piqueurs dont les galons d'argent étincelaient aux premiers rayons du soleil levant.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • PAR EMMANUEL GONZALÈS Le 25 octobre 1463, à sept heures du soir, la place de l'Alcazar, de Tolède, était encombrée d'une foule de curieux qui semblaient attendre le retour de la reine Jeanne de Portugal, femme du roi Henri IV de Castille, et de l'infante dona Juana, sa fille, pour les saluer au passage.Cependant tous ces oisifs, tous ces bons bourgeois inoffensifs en apparence, se croisaient en échangeant des signes d'intelligence ou quelques mystérieuses paroles à voix basse.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Dans la matinée du 15 septembre 1539, quoique-qu'il bruinât fort, un jeune homme arpentait, du pas mesuré d'une sentinelle, l'espace qui sépare le Louvre de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.En le voyant passer, les femmes disaient : - C'est un amoureux qui attend sa colombe, et par un temps à enrhumer des tire-laine ! Pauvre garçon ! rien que pour son courage je crois que je l'aimerais volontiers. - C'est quelque raffiné d'honneur qui attend ses seconds, disaient les hommes.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Tous les habitués du café Procope ont connu pendant quelques années un pauvre diable de peintre nommé Paul Saveuse, qui jeta tout à coup un assez vif éclat au salon de 183., où il avait exposé un admirable portrait de la chanteuse Flora. On parla beaucoup de ce génie naissant pendant trois semaines. Quelques grandes dames désertèrent même le pinceau soyeux et lustré de M. Dubuffe pour celui de Paul Saveuse. Enfin, quelques journalistes s'engouaient déjà de ce Rubens improvisé, amant heureux de la couleur, qui allait leur servir de prétexte pour foudroyer l'école abstraite et métaphysique des Ingres et des Ary Scheffer, lorsque Saveuse vint tout à coup à disparaître.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Depuis le jour où Soult avait été fait prisonnier en voulant débusquer les Autrichiens qui s'étaient fortifiés sur le mont Delle-Fascie, des hauteurs duquel ils pouvaient ruiner les défenses voisines de la place, Masséna n'était plus sorti de Gênes, où les impériaux le tenaient bloqué.Retranché derrière une double muraille flanquée de bastions et de courtines, il pouvait résister longtemps encore aux attaques combinées de l'Angleterre et de l'Allemagne, mais un adversaire plus redoutable avait lentement pénétré dans la ville.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Depuis la mort du comte de Montchenu, le château où se sont passées les premières scènes de notre récit est devenu de plus en plus triste. On dirait du manoir d'un gentilhomme huguenot ; ses larges tours noircies et dégradées par le temps semblent campées sur la colline comme de sinistres chevaliers, veillant immobiles sous leur froide et impénétrable armure. De leur manteau de sombre verdure s'envolent le matin ou viennent s'engouffrer le soir des nuées de corbeaux dont les cris discordants et confus pénètrent l'âme d'une secrète terreur.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'atmosphère était lourde et brûlante. Pas un souffle de vent ne faisait frissonner les herbes à moitié grillées et ne caressait la tige mourante des fleurs. Les oiseaux eux-mêmes dormaient nonchalamment sur les branches des orangers et des lauriers roses, quand un jeune homme, dont le haut-de-chausse de toile rouge, les bas bleus et le méchant manteau gris menaçaient ruine, sortit de Girgenti, l'antique Agrigente, et, pour gagner la route de Palma, traversa, avec une rapidité singulière, les champs de la Rupe-Athenea.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • A l'époque où se passèrent les événements singuliers qui forment le fond de ce drame, le monde maritime offrait un spectacle peut-être unique dans ses annales. Le célèbre Balai de Hollande n'avait pas encore nettoyé les mers de tout rival ; la marine anglaise s'ébauchait sur le chantier ; la noblesse de France ne voyait dans ses colonies que de vils comptoirs où les cadets de Gascogne pouvaient seuls aller compromettre leur blason. C'est alors que les Espagnols, maîtres des Indes, purent lester leurs galions de lingots d'or et d'argent.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le dernier jour d'avril 1770, cinq heures de l'après-midi venaient de sonner, lorsqu'un jeune homme d'une vingtaine d'années, à l'oeil noir, franc et hardi, au teint légèrement hâlé, et dont les grossiers vêtements semblaient encore rehausser la mâle beauté, descendit lestement la rapide échelle d'un des moulins construits sur les hauteurs de Bildechingen.Derrière lui glissait en riant un enfant de dix à douze ans, vraie tête de lutin aux cheveux blonds et frisés, aux joues roses et rebondies.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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