Edmond De Goncourt

  • Histoire d'une prostituée criminelle, La Fille Élisa (1877) jette une lumière crue sur deux mondes en marge : les maisons closes et les prisons. En retraçant la décomposition psychique d'une fille de rien, condamnée dès sa naissance à l'effacement et à la déréliction, Edmond de Goncourt, hanté par le souvenir de son frère Jules, mort aphasique sept ans plus tôt, fait ici un grand roman sur le silence. Saisissante étude où le « style artiste » se mêle à la nudité violente de l'intrigue, La Fille Élisa remporta à sa parution un succès qu'aucun des romans antérieurs des deux frères n'avait connu.

  • Katsushika Hokusai is without a doubt the most famous Japanese artist known in the Western world since the middle of the nineteenth century.
    Reflecting the artistic expression of an isolated civilisation, the works of Hokusai, one of the first Japanese artists to emerge in Europe, greatly influenced Impressionist and Post-Impressionist painters, such as Vincent van Gogh.
    Considered a Ukiyo-e master even during his lifetime, Hokusai fascinates us with the variety and the significance of his work which spanned almost ninety years and is presented here in all its breadth and diversity.

  • BnF collection ebooks - "Le château de la Marquise se réveilla, plongé dans un de ces brouillards opaques qui ont l'apparence d'un lait gazeux. C'est par ces temps singuliers que les grandes villes s'illuminent, en plein jour, de torches ardentes qu'on aperçoit à peine à quelques pas de distance. Un jour assombri filtrait péniblement dans les vapeurs épaisses, qui n'étaient pas tout à fait de saison."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • BnF collection ebooks - "Par quelle divination avait-on appris la bonne nouvelle ? Par quel miracle avait-on su si vite, à la ville et à la campagne, que l'idée bizarre de raconter des histoires dans un siècle où on ne sait que les écrire avait tenté des esprits capricieux ? Il se pouvait que le télégraphe eût collaboré au prodige."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • BnF collection ebooks - "Un peu plus loin, grimpait un interne de la Pitié, en casquette, avec un livre et un cahier de notes sous le bras. Et presque à côté de lui, sur la même ligne, un ouvrier en redingote, revenant d'enterrer un camarade au Montparnasse, avait encore, de l'enterrement, trois fleurs d'immortelle à la boutonnière."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • - Mon cher, Lulli et Campra nous ont donné de l'excellente musique... - Charissimi, Scarlati, Corelli, en ont fait d'admirable ! - Je suis de votre avis, et comme dit Chevrier :Sans être Italien,On ne pourra jamais être musicien. - Et les ariettes d'Hendelle ? - Hendelle, un Allemand !Ils se trouvaient là, autour d'une table du café de la Régence, cinq habits : l'un bleu, l'autre pistache, l'autre violet, l'autre lavande, l'autre marron.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • En pleine campagne, au pied d'un poteau d'octroi dressé dans un carrefour, se croisaient quatre routes. La première, qui passait devant un château Louis XIII moderne où sonnait le premier coup du dîner, s'élevait par de longs circuits au haut d'une montagne abrupte. La seconde bordée de noyers, et qui devenait au bout de vingt pas un mauvais chemin vicinal, se perdait entre des collines aux flancs plantés de vignes, aux sommets en friche. La quatrième côtoyait des carrières de balast encombrées de claies de fer à trier le sablon et de tombereaux aux roues cassées.

  • SAUVÉE ! vous voilà donc sauvée, mademoiselle ! - fit avec un cri de joie la bonne qui venait de fermer la porte sur le médecin, et, se précipitant vers le lit où était couchée sa maîtresse, elle se mit, avec une frénésie de bonheur et une furie de caresses, à embrasser, par-dessus les couvertures, le pauvre corps maigre de la vieille femme, tout petit dans le lit trop grand comme un corps d'enfant.La vieille femme lui prit silencieusement la tête dans ses deux mains, la serra contre son coeur, poussa un soupir, et laissa échapper : - Allons !

  • Gabrielle ! Tout le monde l'a vue. Classiques et romantiques, hommes de ménage, hommes de célibat, vous et moi, tout le monde a battu des mains à ce charmant plaidoyer. L'apologiste du mariage a trouvé sa récompense sur la terre ; et les auteurs des Contes d'Hoffmann, qui m'ont l'air de n'avoir guère dormi depuis l'institution des primes de vertu dramatique, viennent de mettre à la comédie d'Émile Augier un gros masque tragique, et cela dans un cadre humoristique.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Quand au dix-huitième siècle la femme naît, elle n'est pas reçue dans la vie par la joie d'une famille. Le foyer n'est pas en fête à sa venue ; sa naissance ne donne point au coeur des parents l'ivresse d'un triomphe : elle est une bénédiction qu'ils acceptent comme une déception. Ce n'est point l'enfant désiré par l'orgueil, appelé par les espérances des pères et des mères dans cette société gouvernée par des lois saliques ; ce n'est point l'héritier prédestiné à toutes les continuations et à toutes les survivances du nom, des charges, de la fortune d'une maison : le nouveau-né n'est rien qu'une fille, et devant ce berceau où il n'y a que l'avenir d'une femme, le père reste froid, la mère souffre comme une Reine qui attendait un Dauphin.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La salle est haute et vaste. Elle est longue, et se prolonge dans une ombre où elle s'enfonce sans finir.Il fait nuit. Deux poêles jettent par leur porte ouverte une lueur rouge. De distance en distance des veilleuses, dont la petite flamme décroît à l'oeil, laissent tomber une traînée de feu sur le carreau luisant. Sous leurs lueurs douteuses et vacillantes, les rideaux blanchissent confusément à droite et à gauche contre les murs, des lits s'éclairent vaguement, des files de lits apparaissent à demi que la nuit laisse deviner.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Fille Élisa

    Edmond de Goncourt

    La femme, la prostituée condamnée a mort, était la fille d'une sage-femme de la Chapelle. Son enfance avait grandi dans l'exhibition intime et les entrailles secrètes du métier. Pendant de longues maladies, couchée dans un cabinet noir attenant à la chambre aux spéculum, - le cabinet de visite de sa mère, - elle entendit les confessions de l'endroit. Tout ce qui se murmure dans des larmes, tout ce qui parle haut dans un aveu cynique, arriva à ses jeunes oreilles.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • A mon grand regret et pour mon malheur, je n'ai connu Théophile Gautier que fort tard, atteint déjà du mal qui allait l'emporter, à demi abattu par les souffrances endurées pendant le siége de Paris, par la perte de sa fortune politique et pis encore, par des angoisses patriotiques dont le lecteur suivra les traces dans sa Correspondance. La première fois que je fus admis en sa présence, c'était en août 1871, je fus frappé de l'altération de cette face, célèbre par sa placidité sereine, et pour moi si auguste dans l'intime panthéon de mes cultes artistiques.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La bourgeoisie donnant au Roi pour la première fois une maîtresse déclarée. - Intérieur de la Reine Marie Leczinska. - Mademoiselle Poisson. - Son éducation de virtuose. - Ses talents et ses grâces. - Son mariage avec M. Lenormant d'Étiolés. - La bonne aventure de madame Lebon. - Rencontres de madame d'Étioles avec le Roi dans la forêt de Sénart. - Le bal masqué de l'Hôtel de Ville en février 1745. - L'évêque de Mirepoix menaçant de faire chasser Binet.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « La Bourgeoisie n'est plus au dix-huitième siècle le monde d'affranchis et d'enrichis, sans droits et sans nom, à la bourse duquel le Roi et la guerre sont obligés de recourir. De règne en règne, elle a grandi. Peuple sous Philippe le Bel, elle est le troisième corps ou ordre de l'État sous Philippe de Valois. Et de Philippe de Valois à Louis XV, elle gagne tout, elle mérite tout, elle achète tout, elle monte à tout ; vérité méconnue, et pourtant attestée par tous les faits. Henri IV, Richelieu, Louis XIV l'élèvent contre la noblesse ; et chaque jour du siècle qui commence à la mort de Louis XIV, pour finir à la Révolution, élargit sa place dans l'État et lui apporte une domination nouvelle. Elle remplit les douze parlements, les cours des aides, les chambres des comptes. Les emplois de judicature et de plume, les sénéchaussées et les bailliages lui sont dévolus. Elle a dans l'armée le quart des officiers ; elle a dans l'Église un nombre prodigieux de cures, de canonicats, de chapelles, de prébendes, d'abbayes séculières.
    L'administration est son patrimoine. Elle fournit les commissaires des guerres, les chefs des divers bureaux, les employés des vivres, des ponts et chaussées, les commis de tout genre.
    De l'avocat jusqu'au chancelier, la magistrature lui appartient absolument.
    Toutes les secrétaireries d'État semblent son apanage. Le ministère et les conseils d'administration, depuis le subdélégué jusqu'à l'intendant, depuis les maîtres des requêtes jusqu'aux sous-ministres, sont sa propriété et son héritage.
    Mais au-dessus de cette autorité directe, au-dessus de l'accaparement des emplois, de l'envahissement des charges, de l'exercice et de la possession de presque tous les pouvoirs de l'État, le Tiers Ordre du Royaume trouvait dans son génie et dans ses aptitudes la source d'une influence moins immédiate, mais plus haute encore et plus considérable. Toutes les gloires bien-aimées de la France, le plus grand éclat de ce siècle, les arts, les lettres, lui apportaient leur popularité, et lui donnaient le gouvernement moral de l'opinion publique. Et ce n'était point encore assez pour cette domination du Tiers État, dont 1789 ne devait être que la reconnaissance et la consécration légale. Cet Ordre de l'argent, né de l'argent, grandi et parvenu par l'argent, monté aux charges par la vénalité des charges, régnait par cette carrière d'argent, le commerce : un commerce dont la balance de quarante-cinq millions était en faveur de la France. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L´Ukiyo-e (« images du monde flottant ») est un courant artistique japonais qui naquit pendant la période prospère de l´Edo (1615-1868). Caractéristiques de cette période, les estampes sont l´oeuvre collective d´un artiste, d´un graveur et d´un imprimeur. Développées en raison de leur faible coût grâce à l´évolution de la technique, elles représentent la vie quotidienne, les femmes, les acteurs du théâtre kabuki ou encore les lutteurs de sumo. Le paysage s´imposera ensuite comme l´un des sujets favoris. Moronobu, le fondateur, Shunsho, Utamaro, Hokusai ou encore Hiroshige sont les artistes les plus réputés de ce mouvement. En 1868, le Japon s´ouvre à l´Occident. La maîtrise de la technique, la finesse des oeuvres et la précision graphique séduisent immédiatement l´Occident et influencent les plus grands tels les impressionnistes, Van Gogh ou Klimt. C´est la période dite du « Japonisme ». A travers une analyse thématique, Woldemar von Seidlitz et Dora Amsden soulignent en filigrane l´influence immense qu´eut ce mouvement sur toute la scène artistique occidentale. Ces magnifiques estampes représentant l´évolution de l´idéal féminin, la place des dieux, ou l´importance accordée au paysage, sont aussi le précieux témoignage d´une société aujourd´hui révolue.

  • Ce volume contient les oeuvres des frères Goncourt.
    Edmond Huot de Goncourt , né à Nancy le 26 mai 1822 et mort à Champrosay ( Essonne ) le 16 juillet 1896 dans la maison d' Alphonse Daudet , est un écrivain français , fondateur de l' Académie Goncourt qui décerne chaque année le prix du même nom . Une partie de son oeuvre fut écrite en collaboration avec son frère, Jules de Goncourt . Les ouvrages des frères Goncourt appartiennent au courant du naturalisme. (Wikip.)
    Contenu de ce volume :
    IMAGINATION
    QUELQUES CRÉATURES DE CE TEMPS 1855
    GERMINIE LACERTEUX 1865
    MADAME GERVAISAIS 1869
    LA FILLE ÉLISA 1877
    LES FRÈRES ZEMGANNO 1879
    HISTOIRE
    HISTOIRE DE MARIE-ANTOINETTE 1858
    LA DUCHESSE DE CHÂTEAUROUX ET SES SOEURS 1860
    LA FEMME AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE 1862
    JOURNAL
    JOURNAL I 1887
    JOURNAL II 1888
    JOURNAL III 1888
    JOURNAL IV 1890
    JOURNAL V 1891
    JOURNAL VI 1892
    JOURNAL VII 1894
    JOURNAL VIII 1895
    JOURNAL IX 1896
    ÉTUDES ET ART
    LA MAISON D'UN ARTISTE I 1881
    LA MAISON D'UN ARTISTE 2 1881
    PRÉFACES ET MANIFESTES LITTÉRAIRES 1888
    HOKOUSAÏ 1896
    VOIR AUSSI
    GRANDS NÉVROPATHES 1884

    Les livrels de lci-eBooks sont des compilations d'oeuvres appartenant au domaine public : les textes d'un même auteur sont regroupés dans un eBook à la mise en page soignée, pour la plus grande commodité du lecteur. On trouvera le catalogue sur le site de l'éditeur.

  • Katsushika Hokusai (1760-1849) ist mit seinen eleganten Gemälden und meisterhaften Holzschnitten der international renommierteste Künstler Japans. Als ein Meister der Ukiyo-e-Kunst transferierte er alleine diese Kunstform von einem einfachen, auf Abbildungen von Kurtisanen und berühmten Schauspielern fokussierten Stil zu einem gehobeneren Stil, der die Schnheit der Natur durch Landschaften und Tierwelten darstellt. Der Stil und die Gegenstände in seiner Kunst entwickelten sich so oft weiter, wie er seinen Namen änderte. Aber Hokusais künstlerisches Talent blieb beständig, und er hatte eine einflussreiche Rolle auf spätere Kunstrichtungen wie den Jugendstil und den Impressionismus.

  • Katsushika Hokusai is without a doubt the most famous Japanese artist known in the Western world since the middle of the nineteenth century.
    Reflecting the artistic expression of an isolated civilisation, the works of Hokusai, one of the first Japanese artists to emerge in Europe, greatly influenced Impressionist and Post-Impressionist painters, such as Vincent van Gogh.
    Considered a Ukiyo-e master even during his lifetime, Hokusai fascinates us with the variety and the significance of his work which spanned almost ninety years and is presented here in all its breadth and diversity.

  • Katsushika Hokusai is without a doubt the most famous Japanese artist known in the Western world since the middle of the nineteenth century.
    Reflecting the artistic expression of an isolated civilisation, the works of Hokusai, one of the first Japanese artists to emerge in Europe, greatly influenced Impressionist and Post-Impressionist painters, such as Vincent van Gogh.
    Considered a Ukiyo-e master even during his lifetime, Hokusai fascinates us with the variety and the significance of his work which spanned almost ninety years and is presented here in all its breadth and diversity.

  • Hokuszai (17601849) a japán festészet kimagasló alakja, a tájképes fametszetek legnagyobb mestere. 35 ezer festmény, rajz és metszet maradt fenn tle. Tanítványaival készített rajzainak gyjteménye Manga c. tbbktetes munkája.

  • Wenn die Sinnlichkeit einen Namen hätte, so würde dieser ohne Zweifel Utamaro lauten denn Utamaro beschwrt in seiner Darstellung des Gartens der Freuden, der Edo (Tokio) einstmals war, mit der Pracht seiner Gewänder, den Schwanenhälsen seiner Frauen und den geheimnisvollen Blicken mit einigen wenigen Linien die sinnlichen Freuden des Orients herauf. Auch wenn einige seiner Bilder auf diskrete Weise die Spiele von Liebenden verraten, so ruft eine große Anzahl seiner Shungas uns in Erinnerung, dass die Liebe in Japan in erster Linie erotisch ist.

  • Admirés par Zola mais boudés de leur vivant, Edmond et Jules  de Goncourt sont aujourd'hui reconnus pour leurs talents de  romanciers, et la célèbre Académie créée par Edmond. Mais  ce que l'on ignore, c'est que les deux frères étaient aussi des  passionnés d'histoire. Dans la continuité de leurs oeuvres naturalistes,
    qui mettent souvent en scène la gent féminine, les  deux hommes se sont penchés sur la condition des femmes  qui les ont précédés.
    Dans La Femme au XVIIIe siècle, les  Goncourt décortiquent le quotidien des jeunes filles et les  conséquences d'une éducation souvent oppressante.
    Dans les plus hautes sphères sociales, ils dépeignent une  éducation qui empêche toute spontanéité : grâce factice, éducation  religieuse et stricte du couvent, mariage sans consultation... 
    Sont dépeintes aussi les femmes philosophes, celles  qui tiennent salon, comme Mme de Tencin, Mme de Lambert  ou Mme du Deffand, et les intrigantes prêtes à défaire des  ministères...
    Au sein de la bourgeoisie, la famille limite le passage au couvent  et préfère laisser aux jeunes femmes le libre choix de  leur époux. Enfin, pour reprendre la formule des Goncourt, la  femme du peuple « n'est femme que par le sexe, est peuple
    avant d'être femme ». Pourtant, les archives retrouvées par les  deux écrivains montrent que les actrices et les courtisanes  étaient traitées en égal dans la haute société. 
    Sous la plume vive et précise des frère Goncourt, les femmes  du siècle des Lumières prennent vie sous nos yeux. 

  • Servante auprès de la très pieuse et respectable Mlle de Varandeuil, Germinie tombe amoureuse de Jupillon, un dépravé notoire, et lui consacre toutes ses économies. Criblée de dettes, rejetée avec violence par son amant, elle sombre dans une vie de débauche et d'ivrognerie.
    À la mort de leur domestique, Rose Malingre, les frères Goncourt découvrent avec effroi qu'elle partageait sa vie entre alcool, orgies et culpabilité dévorante. Ébranlés par cette révélation, ils décident d'écrire un drame misérable, d'une banalité tragique : celui du peuple, jusqu'alors tenu à l'écart de la littérature. « Ce livre vient de la rue », revendiquent-ils en 1864 dans la préface de Germinie Lacerteux, dont le ton cru, clinique, déclencha une vague de dégoût sans précédent chez ses lecteurs. À travers ce roman scandaleux, le naturalisme fait une entrée fracassante en littérature, et y insuffle déjà le frisson moderne.

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