Claude Pujade-Renaud

  • Pourquoi le philosophe Søren Kierkegaard a-t-il brutalement rompu ses fiançailles avec la jeune fille qu'il adulait ? De quelle incapacité au bonheur, de quelle malédiction se croyait-il frappé ? Dans les mois, les années, et même les décennies qui suivent, bien que mariée et heureuse, la fiancée répudiée, Régine Olsen, s'acharne à comprendre...

  • Il existe, dans la vie de saint Augustin, une immense part d'ombre : celle où se tient Elissa, qui partagea sa foi manichéenne, fut sa concubine, donna naissance à son fils, fut écartée de sa vie. Vingt-cinq ans après leur première rencontre, depuis Carthage, elle observe l'ascension (et déchiffre les revirements) de cet irremplaçable "disparu".

  • Amours, déchirements et suicides de Sylvia Plath et Assia Wevil, deux femmes au destin en miroir, deux épouses du même "braconnier" : le grand poète anglais Ted Hugues. Un roman qui déchiffre la part mimétique de leurs vies.
    C'est en 1955 à Cambridge, que Sylvia Plath fait la connaissance du jeune et talentueux Ted Hughes. Il est un poète déjà renommé, et au physique un homme d'une force et d'une séduction puissantes. Très vite ils s'embarquent dans une vie à deux, qui va entremêler création, passion, voyages, traversées. Après la naissance de Frieda, le couple Plath/Hugues veut quitter Londres, laissant son appartement à David et Assia Wevil (poètes eux aussi) pour s'installer à Court Green, dans un village du Devon (où va naître Nicholas, leur deuxième enfant).
    Dans cette période multiplement féconde, tous deux écrivent et publient avec un certain succès. Mais autant le "braconnier" Ted dévore la vie et apprivoise le monde sauvage qu'il affectionne et porte en lui, autant Sylvia Plath semble peu à peu rattrapée par sa part nocturne (et notamment l'amour-haine pour son père Otto, qu'elle a perdu à huit ans, dont "l'abandon" l'a marquée, et dont elle exècre, dans ses poèmes, l'origine allemande). Evoquant le suicide manqué de 1953, le frère de Sylvia Plath note ici qu'elle s'était ratée "de peu, de très peu. Et ma soeur n'a jamais pu supporter l'échec". Prémonition exacte. La liaison de Ted Hugues avec la très belle Assia Wevil semble sonner le glas des années de bonheur trop vite consumé. Ted Hugues s'éloigne. Sylvia reste un temps à Court Green puis décide de se réinstaller à Londres où en février 1963 elle se donnera la mort.
    Nul hasard si, dans ce livre polyphonique - où prennent la parole mère, frères et soeurs, amis, médecins, voisins, ou encore le critique littéraire Al Alvarez - Sylvia Plath intervient elle aussi dans la narration, longtemps après sa mort, comme si elle s'exprimait depuis les limbes. En effet Sylvia Plath demeure bien (trop) présente dans la vie de ceux qu'elle a quittés, certes par ses oeuvres, mais aussi par les lieux qu'elle a habités et par la force mimétique de son destin. Désormais Assia Wevil semble marcher dans ses traces. Dormant dans le lit de Sylvia, se servant de son linge et de sa vaisselle, aimant l'homme qu'elle a aimé, lui donnant à son tour un enfant (Schura), Assia ne peut échapper à une attraction dangereuse. Un long séjour des vieux parents de Ted Hugues à Court Green oblige la jeune femme à se replier (à son tour) sur Londres où (à son tour aussi) elle se donnera la mort, exactement de la façon que Sylvia Plath avait choisie : suicide au gaz. Ted Hugues se remarie l'année suivante.
    Dans sa vie privée (avec son compagnon, le romancier Daniel Zimmermann) comme dans son travail littéraire (Chers disparus, Actes Sud 2004), Claude Pujade-Renaud a quelque peu pratiqué les femmes d'écrivains. Elle interroge cette fois l'existence et la conjugaison de deux très forts tempéraments de poètes. Rythmé par les voix multiples des personnages (selon le mode narratif de la Nuit la neige ou du Désert de la grâce), ce roman met en résonance les oeuvres littéraires et les éléments biographiques, les dates symboliques et les thèmes récurrents. Apparaît alors tout un réseau de correspondances qui peu à peu disent les obsessions, les fixations imaginaires et en quelque sorte le mythe personnel des principaux protagonistes tel qu'il se cristallise, parfois même à leur insu, à un niveau subconscient ou inconscient - qui est aussi gisement pour la création. Il y a donc là une manière particulière de lire Sylvia Plath et Ted Hugues, et une manière chatoyante de les incarner - sans que jamais l'analyse et l'érudition n'altèrent le plaisir romanesque.

  • Deux femmes qui ne se sont jamais vues se croisent un soir de décembre 1714, dans un château en Castille.

  • Janvier 1712. Alors qu'il chasse avec un ami dans les environs de Chevreuse, le médecin Claude Dodart est témoin d'un macabre spectacle. Sous escorte armée, des hommes de peine éventrent le cimetière de l'abbaye de Port-Royal-des Champs, entassent débris, charognes et ossements sur des charrettes qui prennent le chemin de la fosse commune de Saint-Lambert. Le roi Louis XIV (et l'opiniâtre ennemie de Port-Royal, Mme de Maintenon), ont donc permis que soit pourchassé jusque dans la mort un ordre injustement accusé de jansénisme. Claude Dodart relate ce sinistre épisode à Françoise de Joncoux. Surnommée "l'invisible", elle est au centre de ces quelques amis de Port-Royal qui tentent de maintenir un lien épistolaire et spirituel entre les moniales dispersées ou exilées, de porter secours aux prisonniers et embastillés - prêtres ou laïcs qui, comme les plus célèbres Solitaires de Port-Royal (Blaise Pascal, Isaac Le Maistre de Sacy) ont adopté un mode de vie à l'écart du Siècle, opposant l'inviolabilité des consciences au pouvoir ecclésiastique et au dogme de l'infaillibilité papale, et se vouant à l'éducation, la traduction, l'écriture. Cette oeuvre-là, Françoise de Joncoux s'emploie à la déchiffrer, recopier, préserver. Par delà cent ans de persécutions, elle ravive la flamme tenace de la transmission. Parmi ses proches : Claude Dodart dont le père lui-même fut médecin de l'abbaye. Et Marie-Catherine Racine, ancienne postulante, que son père força à quitter Port-Royal. Mais pourquoi Jean Racine, élevé par les Solitaires, devenu dramaturge puis homme de Cour et historiographe du roi, se fit-il inhumer à Port Royal ? Et que contient le fameux manuscrit qu'il aurait consacré, dit-on, à l'histoire de l'abbaye ? Toutes ces contradictions la hantent. Oeuvre de restauration de la mémoire et de l'esprit du lieu, le Désert de la grâce s'apparente en cela au roman historique, car sa documentation est d'une rigueur parfaite. L'auteur se garde bien d'en déduire une hasardeuse romance, ou d'en dramatiser les épisodes. Claude Pujade-Renaud met en effet en jeu une attentive probité de la fiction. Elle suit sur près de dix ans la quête de ses personnages, accompagne particulièrement Claude Dodart, Françoise de Joncoux, et surtout le cheminement de Marie-Catherine Racine qui, par delà l'introuvable Abrégé de l'histoire de Port-Royal de son père, tente de clarifier sa relation avec le disparu. Port-Royal, c'est aussi un étonnant entrelacs d'histoires familiales, l'aventure de tout un clan dont les femmes sont les principales figures. Pour en rendre compte et ainsi embrasser tout un siècle, Claude Pujade Renaud reprend le dispositif de son précédent roman historique, La Nuit la neige : l'axe principal du récit est étoffé par de nombreux chapitres où celles qui ont "fait" Port-Royal, (ou qui l'ont fréquenté de quelque façon, directement ou indirectement) prennent de façon diachronique la parole et apportent leur contribution à la réédification symbolique de l'abbaye dont la beauté les habite. Evoquer Port-Royal, c'est croiser et parfois mettre en opposition des thèmes essentiels : religion, conscience, carrière, pouvoir temporel ou spirituel, chasteté, clôture, maternité, communauté, famille, solitude, philosophie, foi, écriture, oubli, transmission. De ce lieu de grâce, les persécutions ont voulu faire un désert. Mais elles en ont scellé par la destruction l'intangible magie. Le roman de Claude Pujade-Renaud en témoigne. Il offre à Port-Royal un mémorial aux dimensions de son mythe. Et devance peut-être sa reviviscence.

  • Cinq veuves d'écrivains (Athénaïs Michelet, Marguerite Schwob, Fanny Stevenson, Marinette Renard, Charmian London) ouvrent sous nos yeux la boîte de Pandore, dévoilant les coulisses de l'oeuvre et découvrant les archives privées.

  • La relation de la vie de Doris Humphrey est l'occasion de retracer l'épopée des pionniers de la danse moderne de 1920 à 1975.

  • Comment Eudoxie, devenue veuve à la suite de son remariage, se retrouve flanquée d'un encombrant beau-fils avec lequel elle va, des années 30 aux années 80, se réinventer une "vie de famille".

  • En 400 avant Jésus-Christ, les trois filles du tyran Denys de Syracuse s'épanouissent dans un jardin bordé de remparts qui, à leur adolescence, vont dissimuler une réclusion incestueuse.

  • Malade le jour où Socrate a bu la ciguë - malade de cette absence, et en deuil de son maître -, Platon interroge les témoins et les disciples de celui dont il va un jour par l'écriture - mais au début de ce roman, il l'ignore - immortaliser la parole.

  • Ces onze nouvelles parlent de la vie, de l'enfance à la mort, pour évoquer une seule et unique obsession, le douloureux sentiment de l'inachevé.

  • Le couple et tous les états de sa dramaturgie à travers la solitude de quelques femmes qu'un regard féroce et tendre arrache à la banalité de leur destin.

  • Avec un sens aigu de l'observation, Claude Pujade-Renaud visite quelques âges de la vie dans des situations où le libre jeu de la pensée et du langage - exprimant l'inconscient, la mémoire, le fantasme, voire la régression - vient troubler le miroir des apparences.

  • Malentendus et rendez-vous manqués plombent la vie des héros de Claude Pujade-Renaud. De ses nouvelles sourd une mélodie douce-amère, celle du temps qui passe en présentant rarement une seconde chance.

  • Entre poème narratif, chant mythologique et monologue théâtral, cinq personnages de l'Antiquité grecque (Cassandre, Jocaste, Ismène, OEnoné et Okyrrhoé) prennent la parole pour dévoiler leur connaissance ou leur prescience d'une histoire qu'ils sont censés ignorer.

  • Dotée d'un grand appétit pour les saveurs de la Méditerranée, Claude Pujade-Renaud nous fait goûter, dans une langue d'une grande sensualité, les métamorphoses et métissages des mets et des mots.0300 Exquis d´écrivains souhaite rendre hommage à la richesse de la langue française pour dire les plaisirs de la nourriture et constituer la mémoire littéraire de la gastronomie.
    Fictions, rêves et souvenirs, chaque auteur y livre ses voyages personnels dans les plaisirs de la nourriture, sous différentes formes narratives (récits, nouvelles, dialogues, contes, poèmes...), qui donnent envie de passer à table ou de se mettre aux fourneaux.
    Exquis d´écrivains, première collection demandant à des auteurs contemporains de livrer leurs plaisirs de table et de bouche, s´adresse à tous les lecteurs gourmands et gourmets auxquels elle propose des textes intimistes et variés, émouvants ou drôles, résolument appétissants et agréables à lire.

  • Quelques grands noms de créateurs (Joyce, Stendhal, Schiele, Mozart...) et de créatures (Orphée, Rossinante, OEdipe...) sont au coeur de ces nouvelles de Claude Pujade-Renaud explorant le désespoir de vivre et la douce ou violente folie qui gouverne ceux

  • Raconté par leur fille, le long déclin de deux êtres unis par un amour qui aura tenté de donner le change à la mort.

  • Un hommage a la grande danseuse et chorégraphe américaine Martha Graham.

  • Comment les corps sont-ils perçus, décodés, interprétés, d'un côté comme de l'autre de la "barrière" pédagogique ? Question fort peu étudiée, et sur laquelle le travail novateur de Claude Pujade-Renaud, publié en 1983, avait fait date. Ce deuxième volume questionne le corps en classe à partir du point de vue des élèves, un élève assigné à une place qui l'amène à se vivre comme passif et le dépersonnalise. L'élève spectateur scrute et questionne le corps de l'enseignant. Un jeu où le corps révèle toutes les ambivalences de la relation pédagogique.

  • A travers quelques regards d'enfants sur le monde des adultes, une suite de portraits de femmes avec les fantasmes, les interdits et les contraintes auxquels elles sont confrontées.

  • Comment les écrivains mettent-ils en scène la vie scolaire ? Qu'ils soient fondés sur des souvenirs personnels ou sur des oeuvres d'imagination, nombreux sont les romans et les pièces de théâtre qui explorent des registres quelque peu négligés par la recherche pédagogique. La fiction fournit une vérité qui va bien au-delà de la simple étude de la réalité scolaire et les romanciers s'avèrent être souvent les précurseurs audacieux des chercheurs en éducation.

  • Comment les corps sont-ils perçus, décodés, interprétés, d'un côté comme de l'autre de la "barrière" pédagogique ? Question fort peu étudiée, et sur laquelle le travail novateur de Claude Pujade-Renaud, publié en 1983, avait fait date. Ce premier volume questionne le corps du point de vue des enseignants. Voix, geste, regard, vêtements, position dans l'espace, corps dominateur ou maltraité face à un ensemble perçu comme une masse hostile, mouvante ou amorphe, une "fosse" ou un paradis, le corps de l'enseignant voudrait se faire oublier alors qu'il reste son principal instrument de travail.

  • Ils se rencontrent à la quarantaine. L'un a déjà écrit, l'autre non, elle a dansé. Peu à peu, s'épaulant, s'encourageant mutuellement, ils vont tout à la fois mêler et séparer leurs écritures, que celles-ci soient universitaires ou littéraires. Vingt ans après, ils racontent cet itinéraire d'un couple d'écrivains.

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