Claire Castillon

  • "Avant, la seule chose qui comptait, en âge, c'était celui du fond des verres. Et plus on était vieux, plus on était joyeux. Avant, je n'avais pas remarqué que mes parents étaient deux vieillards. Avant, mes copines m'enviaient parce que chez moi on avait le droit de jouer des maracas, de se déguiser avec les affaires de ma mère ou d'étaler de la pâte à modeler sur le bureau de mon père. Du coup, je ramenais plein de monde à la maison mais maintenant, ce n'est plus comme avant. Je n'ai plus tellement envie de montrer mes parents. Tout a changé depuis que je suis en sixième."

  • Ma grande

    Claire Castillon

    'La vérité, c'est : je t'ai tuée et c'est tout. J'ai sans doute pas raison. Je regrette rien, et c'est mal.'

    Ils se sont rencontrés à la piscine. Ils se sont aimés pas longtemps. Ils se sont acheté une maison. Il n'a jamais cessé de subir et malgré tout un enfant est né. Il n'était pas vraiment un homme battu : pas de bleus, rien de visible. Et pourtant des coups il y en a eu.
    Alors on se demande pourquoi il est resté.

  • Marche blanche

    Claire Castillon

    Hortense, une fillette de quatre ans, a disparu. Ses parents survivent au drame, entre enquête, espoir et résignation. Dix ans après, de nouveaux voisins emménagent dans la maison d'en face. Leur fille a quatorze ans, exactement l'âge qu'aurait Hortense, et une petite cicatrice sur la lèvre, comme celle de la fillette disparue... Il n'en faut pas plus à la mère pour reconnaître sa fille.
    Un roman haletant, d'une grande justesse psychologique. Le style implacable de Claire Castillon impose de bout en bout la logique glaciale d'une mère délirante
    d'amour.

  • River

    Claire Castillon

    River, c'est ma soeur. Ma soeur en moche, ma soeur en noir, ma soeur qui n'a rien à voir avec moi. On partage la même chambre, on respire le même air, mais je la plains et je m'en veux. Elle m'adore et je la comprends. Je suis la fille idéale de nos parents. Elle, comment dire... Vous connaissez le vilain petit canard? C'est comme un boulet. Ma mère lutte. On en est à six thérapeutes par semaine. On voudrait tous qu'un jour elle se sente à l'aise en société. Dans la famille, ça va. Mais au collège ? Qu'est-ce qui se passe dans la cour avec les camarades? Camarades, ceux qui se fichent d'elle et la torturent parce qu'elle n'est pas comme eux, rit trop fort? Je veille. Je suis la lumière au fond d'elle. Un jour, je l'éclairerai si fort qu'on prendra feu ensemble afin de former un seul et même être. Idéal.

  • L'amour est-il un microbe? Comment subir des parents bornés? Fumer des pétards rend-il mou? À quel âge doit-on coucher? Faut-il réagir quand on reçoit un message de son père adressé à sa maîtresse? Combien de mois vit une dreadlock? Peut-on fuguer légalement? En 29 nouvelles, Claire Castillon photographie l'adolescence, cet âge où l'entre-deux fait rire et mal à la fois. Qu'ils soient angoissés ou lourds de leurs secrets, les adolescents habitent un monde à décrypter. Autant de mini-comédies qui tournent parfois au drame quand la solitude ou la mélancolie sont les plus forts, et composent un livre tendre, drôle et parfois déchirant.

  • Souvent, Suzine se chut. Les cheveux plaqués sur les oreilles, elle se coupe du monde pour ne pas affronter les autres et pour cacher sa différence. Un jour, ses meilleures amies se disputent et lui demandent de choisir un camp. Suzine se chut, ses amies l'abandonnent. Elle va alors devoir faire preuve de courage pour retrouver confiance en elle.
    Pendant ce temps, le concours de Miss France du club de foot se prépare...

  • « Corse en pendentif, santiags bleues et Mazda à toit ouvrant, à midi, Jean-Lou, lunettes noires, classe absolue, m'attendra devant le collège. » Lycéennes effrontées ou fiancées romantiques, les jeunes filles de Claire Castillon ont un trait commun : les hommes dont elles tombent amoureuses sont plus âgés, voire bien plus âgés qu'elles. Sont-elles intrigantes ou ingénues ? Naïves ou rouées ? Les deux, sans doute. Mais ne nous y trompons pas : la cible que visent ces 21 nouvelles, ce sont avant tout ces « messieurs ». Leur légèreté est pathétique. Leur veulerie, inébranlable. À quelques exceptions près. Suite de variations sur un thème classique, Les Messieurs sont autant de contes cruels, de brèves comédies. S'y dessinent les intermittences du désir masculin et les espoirs déçus des filles. Des histoires d'abandon, d'innocence et d'effroi comme seule en connaît l'adolescence, ce moment de fragilité extrême que Claire Castillon décrit admirablement.

  • On n'empêche pas un petit coeur d'aimer. Surtout un petit coeur sec. Jaloux. Tordu. Malheureux. Il faut l'admettre, l'amour n'est pas l'apanage des gens aimants. D'ailleurs l'auteur avait pensé intituler son recueil de nouvelles : Infect. Mais d'Insecte à Infect la rime était trop facile. Pourtant, infects, nous le sommes tous plus ou moins quand nous aimons ?

  • Ma fille est ma meilleure amie ; mon père n'est pas méchant maman ; arrange-toi, tu es déguisée ; ma mère est bête ; ma fille est idiote ; j'aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille ; ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou ; ma mère a un cancer, elle m'énerve ; ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte. Quand les tête-à-tête entre mères et filles deviennent autant de raisons de vivre ou de mourir. Vous parler d'elle, le dernier roman de Claire Castillon, est paru chez Fayard en 2004.

  • « C'est elle qui veut me tenir, me garder, me posséder.La famille. Mais prononcer le mot est déjà me salir. La généalogie, la grande feuille de papier, l'arbre entier dessiné, avec les noms des gens. Ils me parlent d'en haut. Alors je les entends, puisque je suis descendante et que j'attends un enfant. »Elle est enceinte, elle passe la plupart de son temps seule chez elle. Et elle entend - ou croit entendre - des voix. Ce sont les héréditaires. Ils veulent prendre le pouvoir, s'emparer du bébé. Sa mère lui prodigue des conseils inutiles, tandis que son père tente en vain de la rassurer. Son « gars », lui, ne se doute de rien. À moins qu'il ne fasse partie du même complot.Cauchemar ? Règlement de comptes ? Allégorie de la maternité ? Cinglantes comme des fouettés, les phrases de Claire Castillon dessinent un paysage mental d'une noirceur extrême, zébré par les éclairs d'un humour ravageur.

  • Tamara est prisonnire. De son mari, Claude, qui veut faire d'elle une pouse modle. D'Esther, la fille de Claude, qui la surveille. Et de son amour perdu, qui elle ne peut s'empcher de rver. La libert lui fait peur, la captivit lui pse. Elle ne peut ni rester ni partir.Aime, la mre d'Esther, semble parfaitement adapte au monde tel qu'il va. Mais cette material girl cache une vraie fragilit. Et puis il y a Esther... Adolescente, pote, espionne, innocente. Amoureuse. Son regard radiographie les adultes, ces gens tranges, incapables de voir la violence qui est en eux.Si c'tait elle, la vritable hrone de cette histoire ?Elle ferait, alors, sans le moindre doute, une excellente victime expiatoire.Rageuse, bouleversante, drle, ncessaire, la plume de Claire Castillon fait mouche dans ce nouvel pisode de la guerre des sexes qu'elle ne cesse de provoquer, de livre en livre.

  • « Je l'appelle Apothéose parce qu'il n'y a aucun prénom logique à lui mettre sur le visage. Je la klaxonnerai avec ma tête jusqu'à ce qu'elle se retourne. Un jour elle me dira son vrai prénom, à l'oreille, elle le prononcera avec le souffle. Son souffle réveillerait un mort.
    En attendant, de là où je me trouve, je kiffe à fond dès que je pense à elle. »
    Tous les matins, Wilkco regarde Apothéose passer sous sa fenêtre. Jusqu'à ce qu'un jour, il se penche tellement qu'il tombe.

  • Je l'ai repérée tout de suite, avec sa couronne dans les cheveux. J'ai compris que je pourrais lui faire confiance. À quoi bon avoir une meilleure amie et une amoureuse ? Abeille allait remplir les deux fonctions. Lou, mon ancienne amoureuse de CP, était bien trop gamine. En ce qui me concerne, je suis très mûr, assez marrant et plutôt intelligent, il me faut donc une fiancée qui dépote. D'emblée, j'ai senti qu'Abeille avait du tempérament. Avec Abeille, tout est possible.

  • Les merveilles

    Claire Castillon

    • Grasset
    • 4 Janvier 2012

    " Le plaisir, ça m'avait bien secouée, mais le plaisir à faire du mal, ça devient mille fois meilleur et ce serait ma façon d'aimer."Ainsi parle Evelyne, petite fille dérangée, puis jeune femme détraquée. A son compagnon Luiggi, le pizzaïolo, elle dit qu'elle fait des ménages dans une usine. Mais du lundi au vendredi, elle est escort-girl en secret.
    C'est une histoire qui finit mal.Une langue unique, juste et puissante.

  • Les couplets

    Claire Castillon

    • Grasset
    • 3 Avril 2013

    « Je suis lucide, un gilet rose pâle quand on est moche est beaucoup moins sensuel qu'une robe moulante quand on est belle », « Avant, les hommes étaient bien », « Quand ma femme apparaît, mes érections retombent », « J'ai envie d'aimer les gens, mais je ne sais plus comment ».
    Les personnages de Claire Castillon parlent d'eux-mêmes. On connaît la chanson ? En voici les couplets. Le refrain de la vie conjugale a déjà scandé nos vies, n'avons-nous pas voulu l'entendre ? Entre étouffement, solitudes à plusieurs, ruptures, sexe virtuel, amours frigides, familles nombreuses, travers exemplaires, Claire Castillon nous écrit un chant de vérités.

  • «Ma mère lui tient froid. Elle transpire, la pauvre, à force de lui tendre de l'amour, qu'elle dit, qu'elle croit, et qu'il ne prend plus. C'est qu'ils vivent un amour qui ressemble à l'ennui, une étape imbécile, à deux, à se chamailler. Je crois qu'elle l'aime parce qu'il le faut. Lui reste pour l'enfant. L'enfant bientôt jeune homme qu'ils ont eu finalement.» Il a dix ans, il redoute le drame entre ses parents - qu'ils s'entretuent, par exemple. Jusqu'au jour où, las de leurs gesticulations, il accomplit en toute innocence un premier acte barbare et libérateur. Voilà comment on devient un méchant garçon, bien dans sa peau, de loin supérieur aux siens dans l'art de faire mal. Claire Castillon est douée pour ces histoires horribles murmurées à l'oreille du lecteur. Elle décrit la perversité comme un mal ordinaire. Elle a du style et du mordant. Claire Castillon a vingt-sept ans, elle a signé trois romans - Le Grenier, Je prends racine et La reine Claude - ; ainsi qu'une pièce de théâtre, La Poupée qui tousse, qui s'est jouée à Paris.

  • Les bulles

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 18 Août 2010

    La femme indécise: "Je ne sais pas lequel choisir. Lawrence me fait jouir, Sven me fait rire et Jean-Pierre me fait braire." L'épouse confiante: "Il ne me touche pas depuis des années, alors je ne vois pas pourquoi il me tromperait." La mère absolue: "Nous nous sommes beaucoup ennuyés en attendant la naissance du premier. Si nous avions osé, nous l´aurions conçu avant de nous rencontrer afin de ne jamais nous retrouver en tête à tête." L'autocentrée: "J'ai proposé un voyage en Sicile, mais Etna lui fait penser à ethnie, et ça la gêne." L'exploratrice: "Ca ne vous fait pas peur ce continent noir, vous qui êtes si rousse?" Leurs habitudes en bouclier, leurs certitudes en lunettes noires, leur mauvaise foi en parachute et leur folie douce en étendard, les personnages des nouvelles de Claire Castillon semblent avoir pris un sacré coup sur la cafetière. Et pourtant, à y regarder de plus près, ils nous font penser à quelqu´un. Nous, bien sûr ! Rire de leur folie, n´est-ce pas rire par avance de celle qui nous guette si nous n´y prenons pas garde ?

  • Les cris

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 6 Janvier 2010

    Il s´agit d´une rupture. En d´autres termes, d´une formalité. Un beau jour, Adam montre les premiers signes de faiblesse: " J´aime être avec toi, j´aime rire, vivre, dormir avec toi, j´aime faire l´amour avec toi. Mais je ne sais pas si je t´aime. " Il est à abattre, pense-t-elle, puisque, la fuyant, il ne tient pas les promesses de l´amour.
    Aussitôt, sa perception se trouble mais elle refuse que la douleur organise l´émotion; l´utiliser à autre chose, oui, employer la destruction du sentiment à la construction du livre. Elle ne revient pas sur l´idée qu´elle aime les ruptures et fabrique le drame de toutes pièces. À vivre, l´échec est contraignant. À écrire, le voilà utile. Spirituel. Excitant. Le lecteur entre alors dans la tête d´un écrivain. Il passe à la lessiveuse. Avec ce couple qui se sépare, il découvre l´écriture comme méthadone du sentiment.

    Claire Castillon est l´auteur de huit livres traduits dans dix-sept pays.

  • ROMAN« Experte en contes cruels » selon Le Monde des livres, Claire Castillon ouvre la « boîte noire » des relations humaines selon Le Figaro littéraire. Très remarquée dès son premier roman - Le grenier, paru chez Anne Carrière en 2000 -, elle n´a cessé depuis d´élargir son public en France comme à l´étranger. Sa bibliographie compte désormais sept fictions traduites en douze langues.Dans Dessous, c´est l´enfer, c´est de folie qu´il s´agit. Non pas la folie diagnostiquée, mais celle qui semble s´accommoder discrètement de la vie normale, tout en vous brûlant à petit feu.Une femme écrivain observe son fiancé en silence. Elle tâche de le respecter. Sa soeur, sa mère et sa grand-mère le lui ont dit : l´amour qu´une femme doit à un homme commence avec le respect et finit avec la soumission. Mais le regard de l´écrivain est implacable. A ses yeux qui scrutent et épient, le fiancé n´a bientôt plus de corps, mais seulement des parties, des humeurs, des couleurs, des odeurs. Et comme elle dissèque mentalement sa carcasse, elle morcelle également son langage. Elle s´arrête sur ses balbutiements, s´attarde sur sa grammaire ou sa prononciation, son ridicule. Son esprit focalisé malgré lui sur tel détail rédhibitoire, elle ne voit plus l´homme. Alors elle le quitte. Pour un autre aperçu dans un café. Mais bien sûr elle emporte avec elle ce regard chirurgical qui la constitue, et auquel ce nouvel amant ne résistera guère mieux.Ici chaque scène du présent renvoie à des souvenirs familiaux lourds, les mollesses du père se mêlent au grotesque du fiancé, les voix de femmes de trois générations se confondent, dans la transmission maladive de l´incapacité d´aimer. Dessous, c´est l´enfer est également une mise en abyme du style de Claire Castillon, de son obsession glaciale à tout noter, tout retenir, tout ausculter, quitte à tout détruire. « C'est le roman de la maturité. Claire Castillon est passée du stade d'observatrice impartiale, lucide et corrosive des vicissitudes de la vie conjugale, du conflit des générations, du désir de maternité, du rapport parent-enfant, de la vieillesse... à celui d'entomologiste de notre modernité. C'est un détonnant mélange de candeur, d'intelligence et d'émotion. On a l'impression de lire un roman écrit à quatre mains par Miss Marple et Hannibal Lecter... » Jean-Marc Levent

  • « Écoute-moi bien, et n'oublie jamais une chose Gaëtan : il n'a pas l'air comme ça, mais ton père est un héros. » J'ai pouffé, mais maman a posé un doigt devant ses lèvres. Elle a approché son visage près du mien et a articulé une nouvelle fois : « Crois-moi et ne le répète à personne, ton papa est un héros. »

  • Ce pourrait être une histoire d'amour presque banale : une jeune femme aime un homme plus âgé... Il y a bien sa célébrité qui complique un peu les choses, les regards des curieux à éviter, mais ce ne serait rien sans cette reine Claude arrogante qui régente sa vie et ses pensées. Il y a bien ces séjours romantiques à l'étranger et en province qui étourdissent, mais ce serait sans compter sur la présence de l'intruse. Partout, à tout instant. Alors, on rêve de l'assommer sous les lambris d'un palais florentin et lui faire endosser le titre de reine de Florence. De lui fracasser la tête contre un mur, rien que pour voir... On la rêve déchue, piétinée. Et, une fois à terre, on ferait un enfant qui aurait une maman et un papa. Décidément, il faudrait la réduire en bouillie, cette reine Claude, cette méchante tumeur au cerveau qui menace à chaque instant leur amour.
    Claire Castillon a 26 ans. L a reine Claude est son troisième roman, après Le Grenier (Anne Carrière, 2000) et Je prends racine (Anne Carrière, 2001).

  • Vous parler d'elle

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 18 Août 2004

    Qu'entend-elle en bas, qui la terrifie ? D'où viennent ces visions qui la hantent, et d'où cette peur enfantine et diabolique à la fois ? Depuis combien de temps est-elle cachée là, suspendue sous les poutres du toit, dans sa maison d'enfance ? Et si c'était elle, l'oiseau de malheur ? Au bout de ses doigts, les os poussent et s'aiguisent, sa langue devient crochet, ses dents sont aussi acérées que des couteaux. Qui est l'ennemi ? Elle revoit sa vie, mais que valent ses souvenirs ? Elle est la fille chérie d'un père chéri, fille trop aimante qui veut partager sa couche. Adolescente, elle va de motel en motel pour s'offrir aux soudards. Elle est cernée par des chasseurs à l'odeur de viande fraîche. Plus tard, elle est la proie consentante d'un amant cruel et inflexible. Elle piétine leur amour autant qu'elle le protège. Elle enfante mais aucun nourrisson ne survit à sa haine des hommes. Dans sa détresse, elle n'a plus d'âge, plus d'identité. A-t-elle jamais existé? Désordre de la mémoire, mensonges et vérités, enfance en loques et amours saccagées, Claire Castillon nous mène où elle veut, dans un souffle.

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