Toute action publique et privée envers le bien commun devrait être guidée par des principes moraux transparents. Dans notre société, où les marchés financiers jouent un rôle central en s'arrogeant le droit de vie ou de mort sur des pans entiers de l'activité économique, sur la survie des États endettés, les experts de la finance se posent rarement la question de la moralité de ces comportements, de leur compatibilité avec l'intérêt général. Face aux défis majeurs et potentiellement catastrophiques du changement climatique et de la hausse des inégalités, il est indispensable d'orienter le capital global vers des projets créateurs de valeur sociétale. Christian Gollier développe une méthode puissante permettant de traduire nos aspirations morales pour un monde meilleur en outils de gestion financière pour les particuliers et les entreprises. Il propose différentes pistes afin de permettre aux acteurs financiers de mieux contribuer à la construction d'une société meilleure, et répondre aux exigences grandissantes de responsabilité sociétale des entreprises. Publication originale : Columbia University Press, 2018. Traduit de l'anglais par Laurent Bury
Pratiquement inconnu jusqu'au milieu des années 90, le « principe de précaution » est devenu, avec l'affaire de la vache folle, une expression populaire. On le brandit désormais comme le talisman dont la seule invocation devrait protéger les citoyens contre tous les risques qui les menacent, et l'on invoque son application dans les domaines les plus hétérogènes (climat, couche d'ozone, OGM, santé, jusqu'aux conditions d'utilisation des armes sur les champs de bataille), au point que ce principe, apparu dans les années 70, devient synonyme de politique de sécurité. Il n'y aura bientôt plus personne qui ne se croira obligé d'agir par précaution. Cet ouvrage se propose de clarifier ce principe en réunissant trois expertises, économique, juridique et philosophique.