Dans «(12) abécédaires», Herménégilde Chiasson développe une pensée riche et originale, une lettre à la fois. Sur un mode fragmenté, il revisite des thèmes comme l'Acadie, la langue, la culture, l'identité, l'art, la psychanalyse, la spiritualité, le rapport à l'autre et au territoire - et bien d'autres encore. Au fil de ses exporations, Chiasson pose autant de questions qu'il apporte de réponses : il est un défricheur qui ne recule devant aucun territoire et il se tient à distance des vérités toutes faites. S'il aspire à l'universalité, le penseur se fait aussi polémiste et provoque le débat sur des sujets qui dérangent, comme l'acculturation ou le repli identitaire.
Les douze abécédaires qui composent ce livre ont été lus en public au fil de diverses rencontres; ils sont ici rassemblés et publiés pour la première fois.
À compter de janvier 2014, et ce jusqu'à la fin de l'année, les Éditions Prise de parole publieront, au rythme d'un par mois, les douze ouvrages de la série «Autoportrait» de l'auteur acadien bien connu, Herménégilde Chiasson. Les titres, par ordre de parution, sont : «HistoireS»; «EspaceS», «RefrainS»; «MotS»; «ÉnigmeS»; «NostalgieS»; «ÉmotionS»; «GesteS»; «IdentitéS»; «LectureS»; «DécoupageS» ; «ExcuseS».
Chaque ouvrage compte 48 pages exactement, et répond à une contrainte particulière.
De ce projet inusité, l'auteur dit « [...] l'armature du texte était de prendre mon nom, qui a douze lettres, de le décomposer sur douze mois. Douze, c'est un chiffre mystique aussi [...]. » À l'image de l'oeuvre que bâtit ce grand créateur depuis 40 ans, «Autoportrait» nous convie à une aventure profondément originale, protéiforme, qui s'inscrit dans sa manière sans cesse renouvelée de faire l'inventaire des choses autour de lui, même les plus banales, en vue d'en faire rejaillir la grâce, l'émouvante beauté.
Voici enfin réunies dans un même volume trois pièces de théâtre d'Herménégilde Chiasson qui, chacune à sa façon, réfléchit à l'avenir du peuple acadien. La trilogie met en scène des individus face à un dilemme : obéir à la tradition, à ses codes, à ses attentes, ou s'émanciper, quitte à rompre avec ce qu'on a construit ? Les relations amoureuses et familiales, la langue et le langage, l'urbanité et l'imaginaire sont autant de facettes de ces histoires qui tentaient, à l'époque de leur création, de redéfinir une modernité jusque-là lestée de son passé et de ses mythes.
Présentées au théâtre l'Escaouette entre 1993 et 1997, ces pièces lyriques et iconoclastes réitèrent l'importance, pour un peuple et pour un milieu artistique, de garder ses luttes en mémoire. Elles intéresseront ceux et celles qui étudient la littérature, le théâtre et l'histoire de l'Acadie moderne.
supposition
si un homme voyage à cheval sur une grande distance, dans un effort lucide et conscient d'annuler le temps et de revenir à cette époque où l'humanité ne pouvait faire autrement ;
si, tout à coup, par un effet de la lumière, du temps ou de la distance, il en arrive à un certain état de sérénité, tout en étant tout à fait conscient que cet état dépend de la vitesse ;
maintenant, si nous compliquons les choses et accordons à cet homme le moyen de s'élever au-dessus de la petitesse et du commun de sa condition pour voir le monde en surface ou dans son étendue ;
si, en poussant le raisonnement jusqu'à l'absurde, nous supposons que cet homme ait aussi le pouvoir de se téléporter jusqu'aux étoiles ou simplement dans le temps,
dans ces conditions optimales et dégagées de toutes contraintes, est-il possible de prévoir si le bleu du ciel en sera modifié, ou le vert des arbres dans ces forêts mystérieuses où il anticipait malgré lui tous ces déplacements ; et
en présumant que son voyage se passe bien, se souviendra-t-il des sensations partagées avec les animaux, des fleurs et du chant des oiseaux ou, sur sa peau, des mystères du vent qui efface toute chose ou de l'eau qui donne sa raison d'être à la soif ?
Nous sommes d´éternels indécis devant un immense comptoir de traite. Où sont les refuges, les feux, les campements, les postes, les raccourcis? D'objet en objet, notre regard se déporte, il erre, il s'épuise, et puis nous sortons dans la neige, dans la nuit, dans la mer, dans l'espace à la rencontre de notre étrangeté. Notre vie est une énigme dont nous ne comprenons plus le dilemme. Notre mémoire se serait-elle imbibée à ce point dans la terre de nos malentendus?
MOTS est le quatrième de la série de douze ouvrages, Autoportrait, publiés au rythme d´un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l'auteur.
De ce projet inusité, l'auteur dit «[...] l'armature du texte était de prendre mon nom, qui a douze lettres, de le décomposer sur douze mois. Douze, c'est un chiffre mystique aussi [...].»
À l'image de l'oeuvre que bâtit ce grand créateur depuis 40 ans, Autoportrait nous convie à une aventure profondément originale, protéiforme, qui s'inscrit dans sa manière sans cesse renouvelée de faire l'inventaire des choses autour de lui, même les plus banales, en vue d'en faire rejaillir la grâce, l'émouvante beauté.
Bien installé sur sa galerie, Laurie, un gars « fatigué de naissance », fait l'éloge de la bière et de la paresse tout en regardant son gazon pousser. Il ne souhaite qu'une chose : se garantir une vie d'inactivité, de sainte paix, grâce au « bundle », le gros lot qu'il soutirera de la compagnie d'assurance. Son gendre, Euclide, lui tient compagnie. Depuis sa création, cette comédie qui frôle le burlesque a fait rire plus de 10 000 spectateurs.
La femme lisant dans le vent, peut-être attend-elle quelqu'un qui ne viendra pas, quelqu'un qu'elle cherche dans ce livre qu'elle serre entre ses mains. Tremblante et tragique, sans doute accomplit-elle une prophétie inéluctable, une fuite dont les courbes s'inscrivent dans les lignes du métal, dans la blancheur aveuglante du béton faisant contraste au foulard noir qu'elle a noué sur ses lunettes et qui lui fouette le visage. Le reste de ses vêtements fait corps étroit avec elle, le temps s'écoule sublime, la lumière se perd en elle et le livre qu'elle tient l'excuse du monde des vivants.
«IdentitéS» est le neuvième d'une série de douze ouvrages intitulée «Autoportrait», publiés au rythme d'un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l'auteur.
De ce projet inusité, l'auteur dit «[...] l'armature du texte était de prendre mon nom, qui a douze lettres, de le décomposer sur douze mois. Douze, c'est un chiffre mystique aussi [...].»
Le recueil de poésie primé de Herménégilde Chiasson, « Conversations », est réédité dans la collection Bibliothèque canadienne-française (BCF). Cette édition est bonifiée d'une préface de Pierre Nepveu, d'un choix de jugements et d'une biobibliographie de l'auteur.
Dans ce recueil, l'auteur répertorie, accumule, déploie 999 fragments de conversations, racontées tantôt par un « Lui », tantôt par un « Elle ». Pas de dialogue ici, pas plus que de répliques. Rien, non plus, qui permette de retracer l'existence d'un ou de plusieurs personnages qui se répondent, pas de suite qui permette de conclure à la construction d'une histoire. Plutôt, une sorte de texte théâtral d'où s'élève la vaste rumeur de l'oralité. Document d'où émerge le plus intime et le plus sincère de toute communication et de toute collectivité.
« D'une poésie puissante, tellurique, incantatoire, Conversations s'enracine dans les ressources sonores et rythmiques d'une langue à la limite de l'ultrason. Une version acadienne de dire l'humanité. »
- Jury, Prix du Gouverneur Général
1 Une simplicité admirable. C'est le titre d'un livre que je n'ai jamais lu, car les choses simples ne se disent pas. On les considère comme telles, les dire serait en trahir le secret ou en banaliser la présence, car nous savons tous que l'eau est eau, que le bleu est bleu, que le temps est temps et que l'amour est cette énigme obsédante qui n'a jamais fini de chercher sa solution. L'échec de nos vies viendrait-il du fait que nous n'ayons pas su traduire l'évidence, que nous continuons de tout déformer par le langage et la mémoire ? Mais qu'y a-t-il d'autre pour passer le temps et nous donner l'illusion que nous avons conjuré le sort ?
«LectureS» est le dixième d'une série de douze ouvrages intitulée «Autoportrait», publiés au rythme d'un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l'auteur.
De ce projet inusité, l'auteur dit «[...] l'armature du texte était de prendre mon nom, qui a douze lettres, de le décomposer sur douze mois. Douze, c'est un chiffre mystique aussi [...].»
d'autres bourreaux . exterminer
ce qui sort du rang
pas un grand lecteur . désole
l'effet d'une sorte de complot
le droit de parole de ceux qui n'oseraient jamais
pente . glissante . leur seule
parole . seuls mots . vécu
prétention . pâlir de colère
nouveaux grands prêtres de la culture . toujours
prêts à déchirer leurs vêtements
«DécoupageS» est le onzième d'une série de douze ouvrages intitulée «Autoportrait», publiés au rythme d'un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l'auteur.
Excusez-la !
«ExcuseS» est le douzième d'une série de douze ouvrages intitulée «Autoportrait», publiés au rythme d'un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l'auteur.
«ExcuseS» complète, sur le mode de la confession de ses manquements, les douze travaux d'Herménégilde.
Ces deux « classiques » du répertoire acadien illustrent avec justesse les rapports des adolescents entre eux et ceux qu'ils entretiennent avec la société. Des thématiques importantes y sont abordées, dont le déracinement, le contact des cultures et le suicide.
Dans Pierre, Hélène et Michael, Hélène est déchirée entre l'amour sûr mais sédentaire que lui offre Pierre et son désir ardent de sortir de son milieu, de mordre dans la vie, maintenant. Elle rencontre Michael, un anglophone de Toronto, qui lui offre une porte de sortie.
Dans Cap Enragé, des circonstances mystérieuses entourent la mort du jeune Martin. S'agit-il d'un meurtre ou d'un suicide ? L'enquête dévoile une histoire pleine de rebondissements.