Cahiers De L'Atelier

  • En ce temps où le durcissement identitaire et la peur de l'autre sont propagés et médiatisés, ce numéro des Cahiers de l'Atelier montre que la rencontre entre citoyens de confession musulmane et citoyens de confession chrétienne est non seulement possible mais hautement bénéfique au renforcement du lien social et à la transformation de la société.
    Réalisé dans le prolongement d'une journée de formation de la Mission ouvrière sur la rencontre entre chrétiens et musulmans dans les quartiers populaires, ce Cahier révèle en bien des lieux des trésors d'initiatives qui mettent en lumière l'aspiration à vivre des relations fraternelles.
    Les récits et les réflexions qui constituent ce numéro ne gomment ni les appréhensions ni les refus de rencontres ni les aspérités du dialogue, mais ils sont portés par un élan et une conviction : la rencontre de l'autre, l'écoute de sa foi peuvent dilater l'existence de chacun et donner le goût de construire la solidarité pour qu'elle fasse avancer ensemble la justice et la paix.

    Avec les contributions de Marc Stenger, Omero Marongiu-Perria, Benoît Noblet...

  • La politique de la France et celle de la majeure partie des pays d'Europe visent de plus en plus à dissuader les exilés, réfugiés, demandeurs d'asile ou pas, de séjourner sur le Vieux Continent. Ce numéro analyse le sens des mesures prises récemment par le gouvernement français et le projet de loi qu'il annonce. En réponse à cette attitude de fermeture après les États généraux des migrations organisés en mai par 470 associations et collectifs citoyens, ce numéro des Cahiers de l'Atelier met également en lumière les pratiques d'accueil des étrangers qui, en France et ailleurs, bien loin de déchirer le tissu social, le renforce.
    En réponse aux demandes des associations et des citoyens devant le sort fait aux étrangers arrivant en France, les pouvoirs publics ont développé un discours alliant « humanité et fermeté ». Dans la pratique, les politiques menées ne répondent pas, voire aggravent, la situation des étrangers. La chasse aux migrants continue dans les Alpes, près de Calais et partout en France, tandis que les procès de citoyens solidaires se succèdent. Le tri entre « bons » et « mauvais migrants » semble devenir la ligne de conduite gouvernementale. Pendant que les reconduites à la frontière s'amplifient, le processus d'externalisation du contrôle migratoire en Lybie, au Tchad, au Niger se renforce. À quelle logique obéit cette politique de courte vue ? Quelle vision du monde, de ses atouts et de ses périls, révèle-t-elle ?
    Loin de se résigner à la critique de cette politique motivée par la peur, ce numéro montre que l'accueil des étrangers, pour peu qu'il soit organisé et fasse appel aux citoyens, peut devenir un révélateur et un moteur de solidarité pour toute la société. L'intelligence collective développée dans ces pratiques dessine les traits d'un monde où les ponts des dynamiques coopératives sont plus riches que les murs du repli sur soi.


  • Dans un contexte de montée des tensions xénophobes, ce numéro des Cahiers de l'Atelier revisite la question de l'hospitalité. Il la relie à celle des identités fragilisées à travers des récits et les éclairages qui font appel à l'histoire, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie, le droit, l'exégèse biblique et la théologie.


    L'hospitalité s'inscrit aussi bien dans la tradition biblique que dans celles de la plupart des peuples. Elle se heurte aujourd'hui à des peurs et des refus de l'étranger ; elle semble une menace pour des personnes dont la propre situation est marquée par la fragilité même si on observe que les familles pauvres sont souvent un lieu d'accueil.
    L'hospitalité produit donc des tensions et des déstabilisations mais génère aussi des dépassements. Si elle parait « normale » comme attitude pour se conduire dans la vie, d'où viennent les réticences ? Accueillir quand on ne sait plus qui on est ou quand on a peur de se perdre dans la vie devient parfois difficile. Pourquoi estime-t-on son identité blessée ou humiliée ? Comment faire de la place à l'autre quand on pense sa place incertaine ?
    La dimension individuelle de l'hospitalité est à articuler avec une dimension collective. Les traditions religieuses parlent toutes de l'hospitalité interpersonnelle mais qu'en est-il de l'hospitalité pratiquée par un Etat ? Faut-il distinguer l'hospitalité de courte durée et celle à long terme ? Comment le droit gère-t-il les questions juridiques entre l'hospitalité et l'identité ? Et la politique ?
    Il paraît nécessaire de rechercher les raisons qui conduisent à la peur de l'accueil de l'autre afin de s'opposer sans naïveté aux tendances xénophobes actuelles et de suggérer des processus d'accueil. Les identités ébranlées sont appelées à se recomposer.
    En partant de pratiques concrètes d'hospitalité ou de refus d'hospitalité, de paroles de personnes en fragilité et/ou migrantes, ce numéro propose d'abord une approche socio-culturelle pour faire un état des lieux. Une approche biblique pointe ensuite la tension entre le devoir d'hospitalité et celui de la préservation de la pureté légale ainsi que l'enseignement de Jésus et les pratiques des premières communautés chrétiennes. Un travail d'anthropologie et de théologie chrétienne permet de réfléchir les discernements à effectuer entre hospitalité et identité, à la lumière de la révélation chrétienne. Cette réflexion sera accompagnée d'une réflexion philosophique, historique et juridique.

  • Ce numéro des Cahiers de l'Atelier fait le constat et l'analyse d'une transformation des modes d'engagement dans la société. À rebours de l'idée reçue selon laquelle l'engagement au service des autres est en recul, il met en lumière les nouvelles mobilisations et les modalités actuelles d'engagement. Celles-ci remettent en question les structures traditionnelles et donne naissance à des initiatives diverses, permises par de nouveaux outils et révélatrices d'un nouveau rapport à l'engagement. Afin d'en saisir toutes les réalités, ce numéro mêle observations sociologiques et récits de pratiques.


  • Loin de l'image caricaturale que se fait des jeunes l'opinion publique, la génération des 18-30 ans n'est pas en retrait de l'engagement. Ces engagements leur apportent des compétences, tant pratiques que relationnelles, très riches pour leur vie personnelle et professionnelle.
    C'est ce constat que partage la Fondation Jean Rodhain et qu'elle a voulu étudier plus en profondeur lors de son colloque de recherche 2019 intitulé « Jeunes : nouveaux engagements, nouvelle charité ». Les textes de ce numéro des Cahiers de l'Atelier émanent des travaux de ce colloque et permettent de prolonger la réflexion en donnant à ces travaux une portée plus large.
    La spécificité de ce colloque a été de partir d'enquêtes quantitatives et qualitatives, de témoignages, et de donner la parole à toutes les générations, à tous les types d'engagement (individuel, associatif, professionnel) et à de multiples domaines de recherche (théologie, philosophie, histoire, sociologie). Trois jours d'échanges pour interroger l'engagement des jeunes d'aujourd'hui et leur rapport à la charité.
    Les jeunes générations sont immergées dans un monde de crises : crise de la démocratie, crise écologique, crise migratoire, crise de sens, risques pour l'avenir de la planète, manque de reconnaissance de la place des jeunes dans la société... Face à tout cela, elles ne sont pas passives ni défaitistes, mais elles prennent à bras-le-corps leur avenir en se saisissant du présent, en multipliant les expériences et les liens avec leurs pairs, jeunes ou moins jeunes.
    Face à l'angoisse et à l'urgence d'un futur incertain, voire compromis, cette jeunesse nous indique très probablement les comportements charitables à adopter, pour relever ensemble les défis à venir.

  • Le rapport du Giec rendu le 8 octobre 2018 pointe, pour respecter l'objectif d'un réchauffement à 1,5 °C, l'indispensable implication du secteur financier et la nécessité de « réorienter les flux d'investissement » vers une économie qui réduit drastiquement sa consommation d'énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre et se tourne résolument vers l'utilisation des énergies renouvelables et l'économie de matières premières. Le groupe indique que, faute de décisions prises très rapidement dans ce sens, le réchauffement climatique au-delà de 2 °C produira des dégâts irréversibles en rendant la planète de plus en plus inhospitalière pour ses habitants.
    Ce numéro des Cahiers de l'Atelier aide à prendre la mesure de l'urgence en livrant un état des lieux des dommages causés à la terre et en interpellant les acteurs politiques, financiers et économiques : sauront-ils répondre - suffisamment tôt - à l'appel de la science et de la société civile, pour permettre à toute la société de prendre le tournant de la transition ? Comme l'indique Gaël Giraud, le marché laissé à lui-même est incapable de le faire. C'est aux instances politiques nationales et internationales qu'il appartient de fixer des règles contraignantes permettant aux entreprises et aux banques d'orienter leur activité vers la réussite de la transition écologique. Bref, remettre l'économie et la finance au service de la planète et de la société et non l'inverse.
    Ce numéro croise les analyses et les propositions d'universitaires et les pratiques innovantes des experts de terrain. Les articles donnent ainsi le goût de construire un monde commun pour réussir le seul défi qui vaille : rendre la planète habitable par tous.

    Avec les contributions de Gilles Boeuf, Jean Gadrey, Gaël Giraud, Alain Grandjean, Hélène Le Teno...

  • Comme lieu de sociabilité et de réalisation de soi, le travail ne serait-il pas aussi, naturellement, le lieu d'expression d'une culture propre ? Tout comme il serait celui de la confrontation à d'autres, de l'enrichissement mutuel ?
    Les contributions de ce numéro des Cahiers de l'Atelier le montrent : tout, au travail, est culture !
    A rebours d'une vision étroitement productiviste de l'activité professionnelle, tous ici s'accordent sur le fait que c'est en donnant toute leur place à la culture, à la rencontre et aux échanges que nous ferons du travail le lieu de création et d'émancipation qu'il peut devenir...

  • La faim augmente dans le monde depuis quatre ans, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique latine. En 2018, plus de 821 millions de personnes étaient sous-alimentées et près d'un être humain sur quatre a souffert d'insécurité alimentaire.
    Cette situation, liée en grande partie à notre modèle agroalimentaire internationalisé, touche le Nord comme le Sud : 8 % de la population européenne souffre d'insécurité alimentaire et la prévalence de la malnutrition progresse partout dans le monde.
    Dans un contexte de croissance démographique forte, de dérèglement climatique et d'épuisement des ressources naturelles, résoudre le problème de la faim suppose des changements radicaux. Cela suppose de sortir d'un modèle agro-industriel qui détruit la planète et appauvrit les paysans pour promouvoir un modèle agroécologique qui assure à tous une alimentation saine, diversifiée, durable et équitable.
    Les articles rassemblés dans ce Cahier, réalisé en partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire, mêlent étroitement cas concrets et analyses globales, afin d'esquisser le chemin à suivre pour être en mesure de (bien) nourrir 10 milliards d'humains en 2050.

  • A-t-on encore besoin de se référer à l'histoire au moment où la révolution numérique et la mondialisation pourraient laisser croire à l'avènement d'un nouveau monde débarrassé du passé ? Peut-on sortir d'une référence nostalgique à l'histoire conçue comme un roman national qui exclut l'autre de son récit ?
    À l'opposé de ces deux approches réductrices, ce numéro des Cahiers de l'Atelier met en lumière des formes d'appropriation de l'histoire par des publics divers. Dans l'enseignement comme dans d'autres lieux de culture et d'éducation populaire s'inventent des relations entre passé et présent qui sont sources d'émancipation. Ce numéro rend compte de pratiques novatrices et de réflexions qui donnent le goût de l'histoire à une diversité de publics. Il donne des repères pour combiner rigueur scientifique et approche sensible afin que les événements du passé aient une résonance qui suscite engagement dans le présent et désir de construire l'avenir.

  • La crise sanitaire et ses corollaires (télétravail massif, recours au chômage partiel, brouillage des frontières entre vie personnelle et vie professionnelle) ont remis en lumière les enjeux liés à l'articulation entre temps de travail et temps libre. Des enjeux au centre de l'attention des acteurs du monde du travail et du syndicalisme depuis longtemps, et qu'avaient déjà remis sur la table les projets de réforme des retraites ou la remise en cause permanente, chez certains, des 35 heures.
    Dans ce contexte, ce numéro des Cahiers de l'Atelier articule deux questions majeures, à savoir, d'une part en interrogeant l'impact de la crise du Covid-19 dans l'organisation du travail, et d'autre part en donnant la parole à celles et ceux qui oeuvrent à redéfinir le cadre et le temps du travail dans notre quotidien.
    À la lecture des riches contributions présentes dans ce volume, de nouveaux constats sont posés et de nouvelles perspectives s'ouvrent pour que l'articulation temps de travail/temps libéré ne soit pas uniquement perçue comme un garde-fou mais pour qu'elle permette une réappropriation émancipatrice par toutes et tous du temps au travail comme du temps hors travail.

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