Benjamin Stora

  • En juillet 2020, Emmanuel Macron commandait à Benjamin Stora un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, ainsi que sur les moyens de favoriser une réconciliation entre la France et l'Algérie. L'historien s'est attelé à la tâche non seulement à partir de l'immense historiographie existante, à laquelle il a lui-même grandement contribué, mais aussi en rencontrant des dizaines d'interlocuteurs de tous bords. Pour tenter de rendre compte de cet archipel de mémoires aujourd'hui communautarisées, il ne fallait en effet écarter aucune catégorie d'acteurs : des combattants indépendantistes aux « pieds-noirs », des soldats français aux « harkis », des juifs aux Européens « libéraux », communistes ou partisans de l'Algérie française...
    Cette enquête mémorielle est suivie d'un certain nombre de propositions audacieuses, qui touchent aussi bien à la symbolique qu'à l'accès aux archives historiques, afin de reconnaitre afin de mieux connaitre et reconnaitre ces « passions douloureuses ».
    Benjamin Stora a publié de très nombreux ouvrages sur la colonisation, la guerre d'Algérie, l'immigration maghrébine, dont plusieurs ont été rassemblés récemment dans la collection Bouquins (Une mémoire algérienne, 2020). Chez Albin Michel, il a co-dirigé avec Abdelwahab Meddeb en 2013 l'encyclopédie Histoire des relations entre juifs et musulmans, et publié avec Alexis Jenni en 2016 Les mémoires dangereuses.

  • La guerre d'Algérie fut le grand épisode traumatique de l'histoire de la France des Trente Glorieuses. Et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu'elle continue de soulever.Né à Constantine en Algérie, l'historien Benjamin Stora raconte ici cette guerre longtemps restée « sans nom », ses épisodes majeurs (des massacres du Constantinois à la politique de la « terre brûlée » de l'OAS, en passant par le putsch des généraux et la répression des immigrés en métropole) et ses acteurs principaux, français comme algériens. Il restitue cette histoire dans toute sa complexité et rend compte des acquis et des débats de la recherche historique la plus récente, en racontant par exemple comment la guerre fut vécue du côté algérien. Enfin, il revient sur les séquelles politiques et mémorielles de cette guerre de huit ans des deux côtés de la Méditerranée.Benjamin Stora, professeur des universités, est l'auteur de nombreux ouvrages sur la guerre d'Algérie.

  • De 1954 à 1962, quelque deux millions de Français ont fait la guerre aux Algériens. Soixante ans après, cette " guerre sans nom " reste une page blanche de l'histoire nationale. Et le refoulement de sa mémoire continue à ronger comme une gangrène les fondements mêmes de la société française. De l'autre côté de la Méditerranée, un refoulement symétrique mine la société algérienne : la négation par l'histoire officielle de pans entiers de la guerre de libération n'est pas pour rien dans la guerre civile qui a déchiré le pays à partir de 1992. Pour comprendre les causes de cette double occultation, Benjamin Stora tente dans cet essai d'éclairer ses mécanismes, en France comme en Algérie. Il démontre comment ceux-ci se sont mis en place dès la guerre elle-même : du côté français, c'est la négation de l'existence même de la guerre, le refus obstiné de reconnaître la réalité de la torture et des exécutions sommaires ; du côté algérien, c'est la violence de la guerre civile secrète qui opposa le FLN et le MNA, ou le massacre en masse des harkis à l'été 1962, perpétré par les ralliés de la vingt-cinquième heure. L'auteur montre également comment les mensonges de la période 1954-1962 seront à leur tour, dans les décennies suivantes, enfouis dans les mémoires par les amnisties ou les non-dits d'une histoire éclatée.

  • Le talent de Benjamin Stora nous fait vivre ces dernières cruciales en un récit âcre et mélancolique, mélange d'immaturité et d'inaccompli pour les européens d'Algérie, de rage et d'espoir pour les colonisés.Le maire d'Alger - Jacques Chevallier porté au pouvoir par les partisans de l'Algérie française - finira, dans la guerre, par reconnaître l'existence d'une Algérie algérienne. Le leader Krim Belkacem tient le maquis en Kabylie depuis plusieurs années et ne sait pas encore que la guerre sera si longue et si cruelle. Des Européens d'Oran vivent leurs derniers moments d'insouciance et des paysans algériens, qui semblent oubliés de tous, n'imaginent pas leur rôle si important dans le conflit qui s'ouvre.

  • Ce livre lève le voile sur une page décisive de l'Histoire.0300 Quand de Gaulle assume une fois de plus les pouvoirs de la République, en mai 1958, et forme un nouveau gouvernement, l´Algérie est à feu et à sang depuis cinq ans. Et il semble bien être le seul à pouvoir tirer la France de ce bourbier. Mais choisira-t-il l´indépendance ou la fermeté ? Après avoir prononcé le slogan   « Vive l´Algérie française » à Mostaganem, puis le fameux « Je vous ai compris » à Alger, il suscite de grands espoirs parmi les Algériens français. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé créé la stupeur : il lève l´ambiguïté grandissante de son attitude face au conflit et lâche le mot tabou d´« Autodétermination »... Un basculement décisif, le rejet de « l´intégration » : le chef de l´État offre aux Algériens le choix entre l´association et la sécession. Et c´est donc la volonté de la population musulmane, très largement majoritaire, qui l´emportera. Les partisans de l´Algérie française crient aussitôt à la trahison... et c´est le début de l´affrontement.
    Ce choix pour l´autodétermination a-t-il relevé d´une mûre réflexion, après bien des hésitations, ou d´une décision secrète prise de longue date ? En analysant de très nombreux témoignages, souvent contradictoires, en mettant en perspective les événements politiques, sociaux et culturels précédant le discours du  16 septembre 1959, Benjamin Stora tente de cerner les raisons profondes qui ont présidé à cette décision finale.0300La politique algérienne du général de Gaulle a été l´un des enjeux majeurs de sa présidence, et a cristallisé bien des passions et des haines. Porté au pouvoir par les partisans de l´intégration, en mai 1958, alors que l´Algérie est à feu et à sang depuis quatre ans, le Général adopte face au conflit une attitude de plus en plus ambiguë. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé crée la stupeur et marque un basculement décisif : il lâche soudain le mot tabou d´«autodétermination»... et offre aux Algériens le choix entre l´intégration et la sécession. Les partisans de l´Algérie française crient aussitôt à la trahison... et c´est le début de l´affrontement. Avec un grand talent d´historien, Benjamin Stora tente de cerner les motivations de cette mystérieuse décision.0400TABLE DES MATIÈRES      Chapitre I : 16 septembre 1959. Le jour où de Gaulle a parlé Le conseil des ministres L'enregistrement Le discours : de Gaulle à la télévision Comment le FLN a entendu de Gaulle Premiers signes de nervosité Fin de journée   Chapitre II : 1959, l'année « nouvelle » Sur les écrans et dans les livres Une nouvelle République La nouvelle société française : jeunesse et consommation Les anciennes confidences du nouveau président Une guerre nouvelle en Algérie L'émergence d'un monde nouveau   Chapitre III : Les raisons stratégiques de la décision L'impossible intégration ?
    Une question de civilisation...
    La difficile victoire par les seules armes Une immigration algérienne active, menaçante La guerre trop chère Sortir la France de l'isolement international L'attitude américaine Les risques pris par le général de Gaulle   Chapitre IV : Les semaines avant le discours L'ère du soupçon Douce France La guerre et l'offensive militaire durant l'été 1959 Une décision dans la solitude Le conseil des ministres du 26 août 1959 Fin août 1959 : la « tournée des popotes » La rencontre avec Eisenhower Les jours avant le discours     Chapitre V : Les réactions françaises au discours du 16 septembre La gauche partagée La droite ébranlée Les Européens désillusionnés, les parlementaires algériens alarmés Les activistes mobilisés L'armée désarçonnée De Gaulle libéré   Chapitre VI : Les réactions algériennes, troubles et certitudes Rapports de force Les luttes de pouvoir Les déclarations des nationalistes algériens « Un seul héros, lepeuple ! » La peur d'un piège Chapitre VII : Après le 16 septembre La guerre n'est pas finie Le temps des négociations Ruptures d'équilibre

  • Avec le passage des générations, les enfants d'immigrés s'intègrent pleinement à la société française. Et pourtant, des pans entiers de cette dernière continuent à rejeter les étrangers et les Français d'origine étrangère, comme en témoigne notamment l'audience durable du discours xénophobe des partis de MM. Le Pen et Mégret. Les explications ne manquent pas : chômage, « fracture sociale », discrédit de la classe politique, crainte d'une Europe « supranationale »... Mais dans les autres pays européens, où ces facteurs sont également présents, on n'a pas assisté à la consolidation de ce que certains ont pu appeler un « apartheid à la française », en particulier dans le Sud de la France. Pour Benjamin Stora, cette spécificité s'explique d'abord par la prégnance, depuis la fin de la guerre d'Algérie, des représentations du racisme colonial, anti-arabe et antimusulman, reprises à leur compte par les dirigeants du FN. En analysant dans ce livre un étonnant florilège de leurs déclarations sur le sujet, il montre comment celles-ci s'inscrivent dans une mémoire mythifiée de la colonisation de l'Algérie et de la guerre qui y a mis fin. Du discours des colons « ultras » à celui de l'OAS puis du Front national et du Mouvement national aujourd'hui, c'est un étrange « sudisme » à la française que révèle Benjamin Stora : une idéologie qui fait directement référence à celle des colons américains - esprit pionnier et conquête des grands espaces, mais aussi esclavagisme et relégation des « indigènes ». Une idéologie d'exclusion qui trouve une audience d'autant plus large qu'elle se nourrit des diverses « mémoires communautaires » constituées autour du souvenir de la colonisation et de la guerre d'Algérie, dans le déni et l'occultation de leurs pages les plus noires.

  • Comment se construit l'imaginaire de la guerre, à travers, notamment, sa rerésentation au cinéma.
    La guerre française en Algérie (1954 et 1962) et la guerre américaine au Viêt-nam (1964 et 1975) ont laissé des séquelles profondes dans l'histoire contemporaine. Elles ont causé la mort de 30 000 soldats français, 59 000 soldats américains, de près de 400 000 Algériens, et de 1,7 million de Vietnamiens. Elles ont provoqué la chute de la IVe République en France, la démission de Richard Nixon aux États-Unis, et l'accession à l'indépendance de deux grands pays du tiers-monde. Et entraîné des déplacements massifs de populations. Au-delà de leurs dissemblances, ces deux guerres présentent un étrange point commun : elles n'ont jamais été déclarées officiellement. Dans les deux cas, la mémoire de ces conflits dans les deux sociétés, française et américaine, en a été profondément affectée. Benjamin Stora propose dans ce livre une ambitieuse comparaison de la façon dont l'imaginaire de la guerre s'est construit en France et aux États-Unis, pendant les conflits eux-mêmes, et après. Il s'appuie pour ce faire sur l'étude des dizaines de films et des milliers d'ouvrages consacrés à ces guerres de part et d'autre de l'Atlantique, mais aussi sur celle de documents inédits retrouvés dans les archives vietnamiennes. Il montre comment se sont construites des images distordues des deux guerres pendant qu'elles se déroulaient et explique comment ces distorsions ont ensuite conduit à l'oubli des conséquences de la guerre. Un livre d'histoire original, qui est aussi une réflexion profonde sur le rôle des images et des écrits dans les sociétés modernes.

  • Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie?
    L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes.
    Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects de la guerre prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des
    bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.

  • Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes.

    Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce qu'on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d'indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu'il s'agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l'utilisation de la violence, des visions de l'avenir ou, bien sûr, des "héros", tous les aspects du conflit, et notamment les plus tragiques, prennent un tour totalement différent, et très instructif, dès que l'on considère les faits à partir de ce point de vue.

    Ce qui éclaire aussi d'un jour nouveau le destin contemporain de l'Algérie.

  • Depuis les premiers liens entre les tribus juives d'Arabie et le Prophète Muhammad jusqu'aux récents conflits du Proche-Orient, en passant par les civilisations de Bagdad et de Cordoue, sans oublier l'Empire ottoman, le monde perse et même l'espace européen, les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans sont ici exposées et analysées en toute impartialité.Quelque cent vingt auteurs de tous les pays ont participé à cette encyclopédie unique en son genre, dans un esprit d'interdisciplinarité qui permet de rendre compte des multiples facettes du sujet. Les difficultés du temps présent se trouvent ainsi réinterprétées à la lumière d'une histoire resituée dans la longue durée.Un ouvrage de référence richement illustré, à la fois clair et accessible, qui constitue un outil précieux pour une meilleure compréhension entre les cultures.

  • La France n'en a pas fini avec son passé colonial. Il a imprégné les imaginaires et a constitué un socle idéologique sur lequel le Front national s'est construit. C'est ce Transfert d'une mémoire, de l'Algérie coloniale vers la métropole, qu'avait décrit Benjamin Stora en 1999. Cet ouvrage analysait déjà les raisons historiques pour lesquelles les questions difficiles de l'immigration ou de l'Islam en France seraient au coeur du débat public.C'était également le sujet du roman d'Alexis Jenni, L'Art français de la guerre. Un dialogue inédit entre l'historien et l'écrivain permet ici d'éclairer la nature de cet imaginaire colonial et son actualité, dans une France secouée par les grands défis qui surgissent après le « Choc de janvier 2015 ».Face aux crispations identitaires, cet échange passionnant invite à mener une bataille culturelle décisive pour sortir de la violence des mémoires et à affronter enfin, par une prise en compte sereine de l'Histoire, les enjeux du présent.

  • Harkis, pieds-noirs, descendants d'esclaves ou petits-enfants de colonisés... la guerre des mémoires enfle. Dans un dialogue avec le journaliste Thierry Leclère, l'historien Benjamin Stora décode cette formidable foire d'empoigne, riche de passions, de douleurs enfouies et d'arrière-pensées politiques. Qu'est-ce qu'être Français, aujourd'hui ? Un débat du présent, qui concerne chacun d'entre nous car il interroge le nouveau visage de la France.

  • Que faire face aux maladies et au corps malade ? Jusqu'à nos jours, la médecine allopathique ou des médecines complémentaires pouvaient répondre à cette question, mais en partie seulement. Soigner le corps en ignorant l'existence des défenses de l'esprit ainsi que l'environnement de vie des patientes et des patients ne peut conduire qu'à des soins incomplets. On ne comprend pas bien souvent les raisons des récidives et des rechutes ! Les défenses de l'esprit ou système psychique au côté des défenses du système immunitaire permettent à un être humain de mieux faire face à la maladie et de mieux se soigner. Nous devons exclure l'idée que l'esprit peut causer des maladies, il peut y participer sûrement, mais pas en être la cause. On doit toujours s'interroger sur la vie des êtres humains actuelle et passée pour comprendre de façon globale l'être humain, qui est, selon le nouveau paradigme que je propose, « une unité psychosomatique ». Je propose aussi que le rôle maternel du thérapeute aide à développer le système psychique qui, pour des raisons traumatiques ou carentielles, n'a pas réussi à se former ou très incomplètement. Cet ouvrage propose une nouvelle approche pour soigner les patientes et les patients : la psychosomatique intégrative interreliant le modèle alpha de la psyché, la médecine et les neurosciences.

  • Plus que tout autre sujet, " l'Algérie française " déchaîne les passions. Entre 1954 et 1962, les péripéties politiques et militaires vont se multiplier, pour déboucher, dans la douleur, sur l'indépendance. Aujourd'hui, cinquante années nous séparent de la fin de la guerre, laissant trois générations concernées : ceux qui y ont participé, de près ou de loin, leurs enfants, qui ont vécu avec la mémoire et les non-dits de la guerre, et leurs petits-enfants, qui veulent comprendre la complexité du conflit. Ce volume aide à mieux comprendre cette " guerre sans nom ".

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