Albert Rouet

  • De tous les moments de la vie de Jésus rapportés par les évangiles, sa Passion est, croit-on, le plus connu. Les tableaux, récits et films les plus divers foisonnent, au point que tout paraît limpide dans cet épisode : accusé, jugé, mort sur la croix, mis au tombeau, Jésus est apparu à ses disciples qui ont proclamé sa résurrection...
    Mais que disent au juste les récits évangéliques de tout cela ?
    S'interrogeant sur les raisons de l'affirmation de saint Paul « le fils de Dieu m'a aimé et s'est livré pour moi », Albert Rouet effectue une passionnante enquête à partir des récits évangéliques en laissant résonner de multiples questions : Jésus était-il menacé de mort dès le début de sa vie publique ? Quels sont les différents groupes qui voulaient l'assassiner et quels étaient leurs mobiles ? Le péché dont Jésus libérerait l'humanité est-il de nature morale ou d'un autre ordre ? La foule qui l'acclame lors de son arrivée à Jérusalem est-elle réellement la même que celle qui, quelques jours plus tard, réclame sa mort ? Pourquoi est-il crucifié et non pas lapidé ? Quelle est la nature des événements relatés dans les évangiles à propos de sa résurrection ?
    Dans cette fresque extraordinaire de précision et appuyée sur les sources évangéliques, l'événement de la Passion de Jésus prend une ampleur humaine et spirituelle inattendue.

  • Que signifie croire dans un monde qui n'est plus séparé en deux, d'un côté le profane et ses contingences matérielles et de l'autre le sacré et ses préoccupations spirituelles ? De quoi peut témoigner la foi chrétienne dans une société où « la Bourse est devenue un temple et le foot une grande messe » ? C'est à cette question essentielle que se confronte Albert Rouet, celle de la sécularisation.
    En se démarquant de la volonté de constituer des citadelles chrétiennes pour faire face à l'indifférence, l'ancien archevêque de Poitiers trace une voie autre : faire du dialogue avec Dieu, le lieu où l'existence se creuse, une expérience où l'insatisfaction du désir n'est pas comblée par la possession et la consommation toujours plus grandes d'objets. Car, « quand les hommes disent ne plus croire à rien, il leur reste encore à mieux devenir des humains ».
    Dans un climat où l'indifférence massive à l'égard de la religion suscite l'exaltation identitaire, Albert Rouet propose une voie singulière : vivre la foi chrétienne dans des gestes quotidiens, désirables, c'est-à-dire bons pour vivre.




  • « Ceux qui s'étonnent de croire comprennent ceux qui se montrent indifférents à la foi.


    Car
    l'indifférence
    pose à la foi la plus redoutable question : non pas l'opposition qui reconnaît toujours son adversaire et, par là, l'honore, mais celle du désintérêt. Le Christ s'est intéressé à l'homme, s'exposant à la mort publique et déshonorante. Et il ne force personne. Il est là, silencieux, sans reproche ni amertume. Disponible. Ce don total et muet attire ceux dont la totalité de la vie plonge dans un silence auquel nul autre ne fait attention. La percevoir, c'est prendre la route et faire son chemin. Non pas un système religieux, mais une conduite. Et une conduite accompagnée. »


    Albert Rouet


    Après avoir confié ses raisons de croire dans son livre J'aimerais vous dire (Bayard Éditions, 2009) vendu à plus de 30 000 exemplaires, Albert Rouet, archevêque émérite de Poitiers, met en évidence un fait souvent oublié, l'indifférence massive d'un nombre croissant de contemporains à l'égard de la foi chrétienne. Un tel constat remet en cause la posture du croyant bardé de certitudes. Si, en revanche, croire est un étonnement, un chemin peut s'ouvrir.

  • Trop souvent, constate Pierre Vilain, les chrétiens oublient la terre, par indifférence aux réalités économiques, sociales ou écologiques. Pourtant, le divorce est radical entre le projet biblique de vivre ensemble, offert à l'humanité, et le credo libéral contemporain. D'un côté, voici l'homme gérant de la planète que son Créateur lui confie pour qu'il la développe, sans la détruire et en accordant aux plus pauvres la priorité. De l'autre, voici l'argent tout-puissant qui s'approprie l'économie, voire la société tout entière. Au profit d'une minorité de privilégiés et au prix de l'exclusion des petits et des faibles...En cette année 2007 où l'on célèbre le quarantième anniversaire de l'encyclique de Paul VI, Populorum progressio, consacrée au développement, ce livre est à la fois une invitation à la réflexion et un cri d'indignation, pour faire prendre conscience aux chrétiens de l'importance des enjeux liés à la justice.

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