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Les Tragiques

de

NumiLog | | Fiche technique
2,00 €
Format EPUB | Adobe DRM (En savoir plus sur les formats)
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Résumé

Qu’elle
esparpille en l’air de son sang deux poignees

Quand
espuisant ses flancs de redoublez sanglots

De sa
voix enroüee elle bruira ces mots :

« Ô France desolee ! ô terre
sanguinaire,

Non pas
terre, mais cendre ! ô mere, si c’est mere

Que
trahir ses enfans aux douceurs de son sein

Et quand
on les meurtrit les serrer de sa main !

Tu leur
donnes la vie, et dessous ta mammelle

S’esmeut
des obstinez la sanglante querelle ;

Sur ton
pis blanchissant ta race se debat,

Là le
fruict de ton flanc faict le champ du combat. »

Je veux peindre la France une mere affligee,

Qui est
entre ses bras de deux enfans chargee.

Le plus
fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts

Des
tetins nourriciers ; puis, à force de coups

D’ongles,
de poings, de pieds, il brise le partage

Dont
nature donnoit à son besson l’usage ;

Ce
volleur acharné, cet Esau malheureux

Faict
degast du doux laict qui doit nourrir les deux,

Si que,
pour arracher à son frere la vie,

Il
mesprise la sienne et n’en a plus d’envie.

Mais son
Jacob, presé d’avoir jeusné meshui,

Ayant
dompté longtemps en son coeur son ennui,

À la
fin se defend, et sa juste colere

Rend à
l’autre un combat dont le champ est la mere.

Ni les
souspirs ardents, les pitoyables cris,

Ni les
pleurs rechauffez ne calment leurs esprits ;

Mais
leur rage les guide et leur poison les trouble,

Si bien
que leur courroux par leurs coups se redouble.

Leur
conflict se rallume et fait si furieux

Que d’un
gauche malheur ils se crevent les yeux.

Cette
femme esploree, en sa douleur plus forte,

Succombe
à la douleur, mi-vivante, mi-morte ;

Elle
void les mutins tous deschirez, sanglans,

Qui,
ainsi que du coeur, des mains se vont cerchans.

Quand,
pressant à son sein d’un amour maternelle

Celui
qui a le droit et la juste querelle,

Elle
veut le sauver, l’autre qui n’est pas las

Viole en
poursuivant l’asyle de ses bras.

Adonc se
perd le laict, le suc de sa poictrine ;

Puis,
aux derniers abois de sa proche ruine,

Elle
dit : « Vous avez, fêlons, ensanglanté,

Le sein
qui vous nourrit et qui vous a porté ;

Or vivez
de venin, sanglante geniture,

Je n’ai
plus que du sang pour vostre nourriture. »

Quand esperdu je voi les honteuses pitiez

Et d’un
corps divisé les funebres moitiez,

Quand je
voi s’apprester la tragedie horrible

Du
meurtrier de soi-mesme, aux autres invincible,

Je pense
encores voir un monstrueux geant,

Qui va
de braves mots les hauts cieux outrageant,

Superbe,
florissant, si brave qu’il ne treuve

Nul qui
de sa valeur entreprenne la preuve ;

Mais
lors qu’il ne peut rien rencontrer au dehors

Qui de
ses bras nerveux endure les efforts,

Son
corps est combatu, à soi-mesme contraire

Le sang
pur ha le moins, le flegme et la colere

Rendent
le sang non sang ; le peuple abat ses loix,

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9789999999670

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Informations

Titre Les Tragiques
Auteur
Editeur NumiLog
Date de publication 15 janvier 2009
Catégorie Poésie
Langue FR
Date de livraison Immédiat (à partir de la date de publication)

Droits numériques

Ean EPUB 9789999999670
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9999999357
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