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Les braises de la liberté

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Coop Breizh | | Fiche technique
6,99 €
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Résumé

Extrait

Pêr, c’était à la Pentecôte dernière.

Après la grand-messe dans la chapelle du Niver, sur le placître, une jeune enfant vendait des mouchoirs présentés sur une grande cotonnade noire. Des mouchoirs multicolores : des bleus, des rouges, des blancs, des roses, des verts tendres, des orange flammé. Katell tenait sa petite Mari par la main, petite lutine blonde au regard malin et qui savait ce qu’elle voulait du haut de ses quatre ans.

— S’il te plaît, maman, le mouchoir rouge !

Depuis combien de temps les observait-il ? Il s’approcha, prit le mouchoir rouge, le déposa sur la menotte de Mari. La petite suivit son geste des yeux et leva un regard ébahi !

— Oh ! fit Katell.

— J’irai vous voir dimanche matin. Restez garder la ferme, lui dit-il.

Il paya rapidement et s’éloigna dans la foule. Son grand chapeau se fondit parmi coiffes et bonnets.

Ça n’avait duré qu’un instant, un regard, ces quelques mots. Une onde de douceur l’envahit : retrouver à nouveau un homme, une épaule où appuyer tout doucement la tête. Le mouchoir rouge donné à sa petite Mari, c’est à elle qu’il l’avait donné.

Autour, la fête allait bon train. Au boulltenn comme au birinig, les hommes rivalisaient d’adresse. Plus loin, le tonneau de cidre mis en perce coulait à flots : de bolée en chopine, il ne durerait guère. C’était jour de « pardon ».

Plus tard, gros bras et vrais athlètes s’affronteraient en joute de lutte ou de tir à la corde. Le son de la bombarde, sourd et lourd, se posa sur le brouhaha. Le biniou égrena ses notes claires au rythme du pied. Perché sur une énorme bonde, les sonneurs scandaient la gavotte qui se formait en longues farandoles.

Katell regardait cette foule joyeuse. On l’interpella. Elle répondit d’un geste de la main. Mari voulait l’entraîner dans la danse mais ici plus rien ne l’intéressait. Sur le chemin du retour, en fouettant son cheval, la petite près d’elle babillait…

Chemin faisant, elle se remémorait le dimanche précédent, à Langolen ; Anna Briand, de Koad Koenn, lui avait parlé de son cousin venu s’installer depuis quelques mois à Kêrjos à Landudal, une des trèves1 de Brieg.

— Il a pris le costume du pays C’hlazik, il a donc l’intention de rester à Kêrjos. Il a fait des études, d’abord au petit séminaire de Plougernevel, puis au collège des jésuites de Kemper où se trouve encore son frère Yann. C’est son oncle, recteur à Plonevez ar Fao, qui leur paye ces études. C’est une très bonne cure qui lui permet d’établir ses neveux. Les parents sont morts… Katell, si je t’en parle, c’est que tu n’es plus une fillette. Tu as vingt-quatre ans. Il en a vingt-cinq. Il lui faut une femme. Sois au Niver dimanche prochain. Tu l’y verras.

Katell avait hoché la tête sans rien dire…

— C’est donc lui ! se dit-elle.

Elle claqua le fouet et un sourire effleura ses lèvres.

L’averse les arrosa lorsqu’elles traversèrent le bois de Trohanet avant d’arriver à Kêr C’Hellou. Cette semaine-là, les jours s’éternisèrent pour Katell. Enfin, le samedi soir arriva. D’un air très détaché mais où perçait, malgré elle, une excitation mal contenue, elle annonça à la maisonnée qu’elle se rendrait à la basse messe et reviendrait pour garder la ferme. Tous les autres iraient à la grand-messe. Il y avait chaque dimanche un tour organisé, immuable. Elle bousculait l’ordre établi dans ce tour de garde, sans explication ! Que se passait-il ?

On la regarda, un peu perplexe, car ce n’était pas dans son habitude, mais personne ne pipa mot…

Il arriva vers neuf heures sur sa jument baie à la crinière noire.

— C’est bien ici, Kêr C’Hellou, et vous êtes Katell Jacq ? dit-il en mettant pied à terre.

Elle hésita, puis répondit, mal assurée.

Le temps était doux et juin éclaboussait de lumière le vert des champs et des bois. La longue course avait fouetté son visage. Très grand, élancé, il respirait la vitalité. Sous le coton de sa chemise, le muscle se devinait ferme. Un nez busqué, des yeux droits et noirs, les cheveux d’un blond roux. Il portait fière allure. Il avait passé la corde du licol dans un des anneaux accrochés au mur.

Katell s’était ressaisie :

— Voulez-vous rentrer prendre une bolée de cidre ? lui dit-elle.

— Non, dit-il, venez plutôt me montrer vos bêtes.

Dans la lande près du bois, ils jetèrent un rapide coup d’œil au troupeau.

— Vos bêtes sont en bon état, dit-il, et ils revinrent vers Kêr C’Hellou.

Dans la grange, il referma les battants et doucement la prit dans ses bras. Ses baisers caressèrent ses lèvres, son visage, son cou. Il humait sa peau, ses cheveux blonds, plongeait ses yeux dans ses yeux bleus.

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9782843466991

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Informations

Titre Les braises de la liberté
Auteur
Editeur Coop Breizh
Date de publication 1 décembre 2010
Catégorie Romans et nouvelles
Langue FR
Date de livraison Immédiat (à partir de la date de publication)

Droits numériques

Ean EPUB 9782843466991
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782843464713
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