La contribution de la Belgique à l'aventure spatiale européenne

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Extrait CHAPITRE PREMIER AUX ORIGINES DE LA PARTICIPATION BELGE À L’EFFORT SPATIAL EUROPÉEN I. L’ARRIÈRE-PLAN L’espace, champ de manoeuvres de la guerre froide Au lendemain de la guerre 1940-1945, et pour près d’un demi-siècle, le monde se divise en « deux blocs ennemis en position d’affrontement politique, idéologique et militaire ». Les États-Unis et l’Union soviétique mettent en place un puissant effort d’armement. Les propagandes s’affrontent. L’un des enjeux de la guerre froide est le développement de missiles à longue portée pouvant véhiculer la bombe atomique. La course aux fusées militaires va lancer la compétition spatiale. Dès 1945, les deux principaux vainqueurs de l’Allemagne nazie entreprennent d’exploiter les résultats obtenus par les ingénieurs allemands de Peenemünde. C’est dans ce port de la Baltique qu’une équipe dirigée par Werner von Braun a mis au point la plus grande et la plus puissante fusée de l’époque, la V2. À l’issue des combats, les Américains mettent la main sur Werner von Braun, ses meilleurs collaborateurs, ainsi que sur des dizaines de fusées V2 pratiquement complètes. Arrivés les seconds, les Soviétiques s’emparent de techniciens, de fusées incomplètes et d’équipements fragmentaires. A priori, les États-Unis semblent favorisés. Dans le désert de White Sands au Nouveau Mexique, l’équipe de Werner von Braun poursuit le perfectionnement de la fusée allemande en la dotant d’étages propulsés. Pour les autorités américaines, il n’est pas particulièrement urgent de soutenir le développement de lanceurs lourds capables de placer des charges en orbite ou de véhiculer des ogives sur de longues distances. Il faudra attendre 1954 pour qu’elles s’en préoccupent réellement. Précisons que les Américains détiennent alors le monopole de l’arme atomique et que leurs bombardiers, disposés tout autour de l’Union soviétique, sont parfaitement adaptés à leur transport. Les Soviétiques par contre sont particulièrement pressés de se doter de puissants missiles car ils ne disposent d’aucun moyen pour porter des coups directs sur le territoire américain. Une équipe placée sous la responsabilité de l’ingénieur russo-ukrainien Serguey Korolev entreprend la mise au point d’un missile capable de transporter une bombe nucléaire jusque sur le territoire ennemi. Le problème stratégique va ensuite évoluer avec l’apparition des bombes thermonucléaires7, dont les premières sont particulièrement lourdes et encombrantes. Pour pouvoir transporter les bombes H, de nouvelles études sont entamées sur des lanceurs à moyenne et longue portée : les IRBMs (intermediate-range ballistic missiles) et les ICBMs (intercontinental ballistic missiles). Vers 1952, Korolev et Glushko commencent la conception d’une fusée IRBM R-5 dont la portée est de 1 200 km. En parallèle, le Kremlin soutient le développement de missiles balistiques intercontinentaux. La fusée R-7 voit ainsi le jour. C’est elle qui, le 4 octobre 1957, place sur orbite Spoutnik 1, le premier satellite artificiel de la Terre. Le monde occidental est stupéfait. Un mois plus tard, un deuxième Spoutnik réalise l’exploit d’envoyer dans l’espace la chienne Laïka. Avec sa charge de 500 kg, Spoutnik 2 démontre que l’URSS est désormais capable d’atteindre les États-Unis avec une charge nucléaire. La tension monte de l’autre côté de l’océan.

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    9782701025667

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