Lester young

À propos

« Le génie de Lester Young tient pour une large part à son lyrisme - paradoxal, puisqu'il traduit une sorte d'exubérance désespérée ou de mélancolie euphorique, comme si la nostalgie pouvait être constructive et le passéisme futuriste. Mais il relève aussi de son aptitude à conjuguer l'excitation (voire la frénésie) et l'indolence (voire l'assoupissement), au point qu'il devient impossible de les distinguer. Il aura détenu, plus qu'aucun autre jazzman en ce siècle, le secret de la volubilité paresseuse et de l'abandon pugnace. Avec la simplicité la plus grande, dans la transparence la plus absolue, il aura su faire de son art une énigme, donnant corps à la chimère qui hante comme un spectre toute l'entreprise poétique depuis Rimbaud. » C'est cette énigme qu'explore et éclaire Alain Gerber, en évoquant, à partir de nombreux enregistrements, la destinée artistique d'un des plus grands saxophonistes ténors de la musique afro-américaine avec Coleman Hawkins, Sonny Rollins, Stan Getz et John Coltrane. L'artiste dans la et dans sa société apparaît ici : l'enfant qui reçoit de son père, musicien lui-même, un enseignement strict et se produit sur scène avant l'âge de douze ans, le réfractaire qui tâte de la prison militaire, et celui dont une crise cardiaque causée par l'abus d'alcool interrompt la vie, dans sa cinquantième année. Beaucoup de ses partenaires apparaissent dans cet ouvrage : Count Basie, avec lequel il joue à de nombreuses reprises, Billie Holiday à qui le lient une admiration et une amitié exceptionnelles, et Coleman Hawkins, prédécesseur, rival révéré au saxophone ténor. À partir de sa fascination raisonnée pour le seul être qui, depuis Tchekhov, « a donné tant de bonheur à ses semblables en leur inspirant tant de mélancolie », l'érudition musicale et la finesse du talent littéraire d'Alain Gerber lui font réussir une gageure : s'approcher au plus près de la définition du style en musique. Producteur à France Culture et France Musiques, spécialiste reconnu du jazz, Alain Gerber a écrit bien des chroniques sur ce sujet et une trentaine d'ouvrages qui lui ont valu de nombreuses récompenses littéraires. Son dernier roman, On dirait qu'on serait..., paraît simultanément chez Fayard.

Rayons : Arts et spectacles > Musique

  • EAN

    9782213641553

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    298 Pages

  • Action copier/coller

    Non

  • Action imprimer

    Non

  • Partage

    Dans le cadre de la copie privée

  • Nb Partage

    6 appareils

  • Poids

    727 Ko

  • Distributeur

    Numilog

  • Support principal

    ebook (ePub)

Alain Gerber

Né en 1943 à Belfort, Alain Gerber s'est illustré depuis près de 40 ans dans deux domaines : critique de jazz, animant entre 1971 et 2008 des émissions très écoutées sur France Musique et France Culture, et écrivain, auteur d'une cinquantaine de livres, tour à tour romans et essais sur le jazz.ÿIl a connu de grands succès de librairie avec ses romans publiés entre 1975 et 1991 chez Robert Laffont et obtenu des prix littéraires prestigieux : Prix du roman populiste en 1980 pour Une sorte de bleu, Prix Goncourt de la nouvelle en 1984 pour Les Jours de vin et de roses, Prix Interallié en 1989 pour Le Verger du diable chez Grasset.ÿIl continue à publier de 1991 à nous jours aux Éditions du Rocher, chez Fayard puis De Fallois, des romans subtils et en demi-teintes appréciés des connaisseurs. En 2013, il publie Une Année sabbatique qui, pour lui, s'est prolongée jusqu'aujourd'hui. Lassé du microcosme parisien et des intrigues de l'édition, Gerber arrête de publier, tout en continuant à écrire. Douze de ses manuscrits sont ainsi inédits.ÿSouvenirs d'une invisible fait partie de ces manuscrits inédits, que l'auteur nous a confiés à la fois pour la qualité du texte et de l'histoire, qui évoque la vie à Belfort sur un demi- siècle (1900-1950).

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